‹ Maladie osseuse de PagetChapitre 24 sur 39 · MON · texte numérisé non relu

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sous forme de crampes, surtout fréquentes la nuit. Puis le malade s'aperçoit que son chapeau devient trop petit. Son chapelier lui fait remarquer que sa conformation à changé. Peu à peu, il prend une attitude voûtée; ses jambes se déforment et s’incurvent en ellipse.

C'est le 25 juin 1903 que nous le voyons pour la première fois. À ce moment, il éprouve une grande difficulté à marcher. Il ne peut se baisser. Il ne peut se tenir debout plus de quelques minutes, et est obligé de s’asseoir pour travailler. Ses genoux restent écartés de 15 à 20 centimètres; ses membres inférieurs sont incurvés en ellipse, et il ne peut réunir les pieds.

Son crâne est le siège d'une hypérostose régulière. La face est un peu modifiée. On constate seulement un peu de prognatisme.

La colonne verlébrale est le siège d'une hyperostose très notable, que l'on apprécie facilement au niveau de la colonne cervicale dont le diamètre frontal est de 10 à 12 centimètres. Seuls les mouvements de flexion et de rotation sont conservés. L'extension est impossible. Les vertèbres dorsales et lombaires sont immobilisées.

La clavicule est régulièrement hyperostosée. Elle à une épaisseur de # centimètres à peu près. Le thorax est globuleux, les espaces intercoslaux sont peu ouverts, en raison de la courbure cyphotique très accentuée de la colonne vertébrale. Les côtes ne semblent pas augmentées de volume. En raison de ces déformations, la respiration est à type supérieur.

L’humérus droit est normal ; l’humérus gauche est le siège d’une hyperostose considérable, surtout dans les deux tiers inférieurs où l’on sent de plus la saillie du cal exubérant conséculif à la fracture que nous avons signalée.

Les avant-bras sont normaux, à part un cal léger du cubitus gauche, de même que celui de l’'humérus. Les mains ne présentent rien de particulier.

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Les membres inférieurs sont plus déformés que les membres supérieurs. Les fémurs sont très augmentés de volume. Leur épaisseur est doublée. Ils sont de plus le siège d'une incurvation marquée à convexité externe. La rotule est normale. Les tibias sont hypérostosés et incurvés dans le même sens que les fémurs. Le tibia droit a en plus une incurvation à convexité antérieure, répondant au type du tibia en fourreau de sabre. Les pieds ne sont le siège d'aucune déformation.

Les dents sont seulement un peu écartées. Les articulations sont normales, sauf celles de la colonne vertébrale.

Enfin on ne trouve à l'examen aucune lésion organique.

Nous instituons alors le traitement spécifique ; notre malade reçoit chaque jour 2 centigrammes de benzoate de mercure en injections et prend 2 grammes d’iodure de potassium.

Nous le voyons le 1° août, après un mois de traitement. Il est déjà très sensiblement amélioré. Il marche mieux, il a moins mal aux reins et il peut joindre les pieds, ce qu'il ne pouvait faire auparavant.

Dès lors on continue les injections quinze jours par mois et l’iodure le reste du temps. .

Au commencement de septembre, l’amélioration est très nette. La station debout est possible même pendant la journée entière. La marche est facile ; la tête a recouvré en partie ses mouvements d'extension; enfin le malade n’est pour ainsi dire plus gêné dans ses occupations.

Depuis, le traitement a été continué régulièrement, mais l'amélioration, qui au début avait été rapide, est devenue lente à se produire bien qu’elle soit appréciable.

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