OBSERVATION VI
(Prise à l'hôpital Saint-Louis et publiée aussi dans le Bulletin de la Société Française de Dermalologie et de Syphiligraphie (avril 190%), par MM. Du CasreL et SEMPER.)
Me Maria V..., âgée de 49 ans, est entrée salle Gilbert pour des douleurs dans les membres inférieurs et une ulcération de la jambe droite présentant les caractères d’un uleère variqueux. Cette malade est atteinte de la maladie osseuse de Paget. Elle en présente les déformations squelettiques typiques. Ses jambes en colonnes, sont épaissies, incurvées en dehors et en avant; ses genoux sont arrondis; ses cuisses en arceaux font saillie en dehors et en avant La moitié interne de sa clavicule gauche est épaissie, fortement incurvée, ramassée sur elle-même, surplombant le creux sous-claviculaire.
La colonne vertébrale est droite, infléchie sur le sacrum. Le bassin est élargi.
Le squelette crânien ne paraît pas touché.
Ces lésions ont débuté, il y a quatorze ans, par l'hyperrophie progressive du tibia droit, puis le tibia gauche était atteint il y a cinq ans, enfin la clavicule se prenait à son tour ily a trois ans. Ce travail pathologique est resté silencieux jusque il y a deux ans ; à cette époque les douleurs firent leur apparition.
Faibles en intensité au début : simples picotements, élancements, elles sont devenues depuis deux mois plus intenses, comparables à des morsures de chiens. Spontanées, survenant
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plusieurs fois par jour, on peut les provoquer par la pression au niveau des os malades, ce qui permet de constater en même temps une hyperthermie locale des plus accusée. Depuis quelques jours les fosses temporales sont le siège d'élancements qui persistent la nuit.
On constate au niveau des membres malades un état variqueux avec pigmentation; ces lésions cutanées sont surtout marquées au pourtour de la cicatrice qu'a laissée l’ulcère de la jambe droite. Celui-ci a cédé à quelques pansements humides et au repos.
La démarche de la malade est lourde, oscillante, pénible.
On ne trouve chez elle aucune déformation syphilitique. Les cinq fausses couches que la malade a faites, paraissent sous la dépendance d’une infection puerpérale contemporaine de sa première fausse couche. Trois injections d’huile grise, lui ont été faites et n'ont amené aucune amélioration.
OBsERvATION VIT (inédite.)
(Recueillie à Bicètre dans le service de M. P. Mani.)
Chamard, 66 ans, entre à Bicêtre, dans le service de M. Marie, au mois de mai. Ses antécédents héréditaires sont peu chargés, son père est mort à 79 ans d’apoplexie cérébrale et sa mère à 44 d'une pneumonie.
Un frère aîné n'a vécu que deux ans et demi. Un second frère a succombé à 50 ans à une cause ignorée; les autres sont inconnus. Une sœur est morte en bas âge.
Aucun membre de la famille n’a été atteint d’une affection osseuse.
Les antécédents personnels de Chamard ne présentent rien d’extraordinaire. Il à toujours été d’une complexion chétive, et c’est justement pour faiblesse générale qu’il fut exempté du service militaire.
Il ne fut jamais infecté ni de syphilis ni de blennorrhagie.
Jusqu'à ces dernières années il n’eut à souffrir d'aucune affection aiguë.
Mäis il y a environ dix ans il contracta une bronchite qui, passée à la chronicité, dure encore aujourd’hui; il expectore beaucoup le matin et s’essouffle pour peu de chose; mais jamais il ne fut pris d’hémoptisie.
Il y a deux ans il fut assailli par une attaque de rhumatisme articulaire aigu qui nécessita son admission à l'hôpital.
Depuis lors il porte une affection du cœur. .
La maladie qui fit entrer Chamard à Bicêtre a débuté il ya
AT — bien dix ans. Il raconte avoir ressenti à cette époque de vives douleurs dans les membres inférieurs dans toute leur étendue, sans point articulaire précis. Mais pendant longtemps il ne
fil point la remarque que ses jambes grossissaient ou se coudaient.
Ce n'est qu’à la suite de son rhumatisme articulaire, par conséquent il y a deux ans, qu’il constata que ses membres
inférieurs augmentaient de volume et s'arquaient; il attribue ses déformations à la nécessité où il se trouvait depuis longtemps de rester au lit, couché sans cesse sur son côté gauche.
Si maintenant nous passons à l'examen détaillé de ce malade, nous observons que la tête paraît avoir augmenté de volume ; il n’y à pas toutefois d’asymétrie; le front est bien saillant mais pas d’une façon exagérée.
Les os malaires et les maxillaires ont conservé leur intégrité. Les clavicules bien que fortement coudées ne sont pas
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irrégulières ni hyperostosées.
Le thorax n’est pas bombé. Le sternum semble toutefois saillir en avant surtout à sa partie inférieure. Les côtes n’offrent
rien d’anormal.
Les omoplates paraissent un peu ouvertes en dehors sans