‹ Maladie osseuse de PagetChapitre 36 sur 39 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. La maladie osseuse de Paget, considérée longtemps comme une rareté pathologique, semble plus fréquente actuellement parce qu'elle est plus facile à dépister, l'attention étant attirée vers elle; elle paraitrait sans doute encore moins rare si l’on ne méconnaissait pas souvent les cas incomplets, les formes atypiques ou frustes peut-être les plus nombreux.

IL. Parmi les causes prédisposantes de cette affection, seules l’âge, l’hérédité et la diathèse neuro-arthritique méritent une légère considéralion.

IT. Les douleurs précoces ou tardives sont les seuls symptômes subjectifs appartenant en propre à la maladie.

IV. Les symptômes objectifs consistent exclusivement dans les hypertrophies et les déformations osseuses qui donnent aux malades l'attitude qui leur est spéciale.

V. La plupart des os, sinon tous, peuvent être touchés, et la caractéristique de leur état pathologique est l’ostéite.

VI. La maladie peut présenter une forme fruste qui peut se borner à sa localisation sur un très petit nombre d'os, et même sur un seul.

VIL Sa pathogénie n’est pas encore établie, et parmi

les hypothèses qu’elle a suggérées, deux semblent se partager actuellement le monde médical :

1° L’hérédo-syphilis tardive.

2° La trophonévrose.

VIIL L’hérédo-syphilis tardive défendue par MM. les professeurs Lannelongue et Fournier, est la théorie qui rallie, à l'heure actuelle, le plus grand nombre de partisans. Elle est toutefois difficile à démontrer, et cette démonstration dépend :

1° Du hasard qui pourra mettre un jour en évidence un cas typique possédant tous les titres de naturalisation exigés par M. Fournier.

2° De l'observation clinique en dépistant les syphiloses dont sont susceptibles tous les organes, et en contrôlant les effets du traitement spécifique.

IX. La trophonévrose n’est pas défendue à outrance comme sa concurrente l’hérédo-syphilis, mais bon nombre de cliniciens très autorisés la croient possible et même probable, en se basant sur des lésions nerveuses dûment constatées. Pour l’établir, il faudrait un plus grand nombre de faits, et rechercher d’une façon systématique dans toutes les autopsies de la maladie de Paget, les lésions des nerfs et des centres nerveux, surtout celles de la moelle épinière.

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