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arguments cliniques et physiologiques. Nous avions, au début de ce travail, l’honneur d’être l’interne du Professeur agrégé Okinczyc, dans son Service de nombreuses gastrectomies pour ulcère étaient pratiquées ; tous les opérés étaient abondamment réhydratés par voie sous-cutanée et rectale, très précoce. ment aussi ils avaient l’autorisation de boire. Les
suites opératoires étaient très nettement et très constamment plus simples que celles d'intervention, plus
rapides et plus faciles, où cette réhydratation était moins systématiquement poursuivie.
La lecture des physiologistes nous avait aussi appris que chez les animaux déshydratés, l’hypochlorurie, l’hyperazotémie, l’augmentation de l’azote résiduel étaient la règle, seule l’hypochlorémie manquait pour que se trouvent réunis tous les signes de la Maladie post-opératoire.
L'étude du métabolisme normal de l’eau, la grandeur des échanges aqueux d’un organisme sain ne pouvaient que confirmer l’idée qu’au cours de la période post-opératoire les perturbations apportées dans le métabolisme de l’eau sont précoces, intenses et prolongées (à cause, souvent, d’une thérapeutique inadéquate des suites opératoires). Les troubles observés ne se mesurent pas en centigrammes ou en milligrammes mais en litres. C’est dire leur importance et
leur intensité.
die post-opératoire ? Il est pourtant classique dans les Hôpitaux de Paris de ne leur donner qu’une infusion de tilleul (non sucrée) les premiers jours ; ni glucose ni chlorure de sodium n'entre alors en jeu.
Métabolisme de l'eau.
L'homme absorbe quotidiennement 2 à 3 litres d’eau, provenant de l’eau de boisson et de l’eau des aliments. 11 se forme en outre dans l’organisme par oxydation environ 500 gr. d’eau par jour.
L’élimination de l'eau atteint des chiffres voisins, 1.200 à 1.300 cmc. sont éliminés par les urines, 600 à 700 cmc. par la peau, 300 à {oo cmc. par les poumons, 100 cmc. environ par les fèces.
Les échanges aqueux sont donc considérables, ils ne se produisent d’ailleurs pas sans oscillations importantes, à des périodes de rétention succèdent des périodes d'élimination exagérée. L'organisme normal élimine cependant une quantité d’eau approxi-
mativement égale à celle de l'eau ingérée.
Dans l'organisme, l’eau se trouve sous trois états :
19 L'eau de conslilulion, qui fait partie intégrante des éléments cellulaires ;
20 L'eau lacunaire, c’est l’eau de réserve des interstices cellulaires, des espaces interorganiques et des cavités séreuser.
39 l’eau de circulation, entrant dans la constitution
du sang et de la lyÿmphe.
RAA TEE C’est aux dépens de l’eau lacunaire et de l’eau de
circulation que se fera la déshydratation post-opératoire.
Il existe continuellement des mouvements de va-etvient entre l’eau du sang et l’eau des tissus; de
multiples facteurs règlent ces échanges :
10 la pression hydrostalique ;
29 l’équilibre minéral. Wibaz à montré comment chez certains sujets le chlorure de sodium attirait , . + l’eau. Pour L. Bzum, c’est l’ion Na et non l'ion Cl qui retiendrait l’eau. D’autres ions, l'ion Ca par exemple, détermineraient un reflux de l’eau des tissus vers l’eau de circulation (1) ;
3° la pression osmotique des protéines mise en évidence par STARLING ;
4° l’équilibre acide-base ; Fisner a montré expérimentalement que l’augmentation d’acidité des tissus augmente leur capacité d’hydratation ;
59 le cœfficient lipocylique. La cholestérine est hydro-
(1) Barr et Tascniro ont étudié l'effet des injections et des ingestions d’eau, de sérum physiologique et de solutions hypertoniques sur l’hydratation du muscle, grand réservoir d’eau de l'organisme.
L'ingestion d’eau pure entraîne chez le chien, une augmentation du taux de l’eau, maxima au bout d’une heure environ.
L’ingestion de solutions hypertoniques entraîne une déshydratation du muscle, d'autant plus rapide que la solution est plus concentrée.
Par voie intraveineuse les solutions isotoniques ou hypotoniques donnent chez le lapin de faibles déshydratations (1/2 à 2 *. ) ou de très légères hydratations (1/2 à 1 %).
Par la même voie, les solutions hypertoniques donnent une déshy-
dratation constante, maxima en trente minutes à une heure et d'autant plus forte que la solution est plus concentrée.
RARE phile, alors que les graisses ne le sont pas. Plus un tissu est riche en cholestérine et pauvre en acides gras plus grande est son imbibition, et, inversement plus un organisme est riche en graisses, plus est faible la proportion d’eau.
60 les glandes endocrines :
le foie joue un rôle considérable mais très difficile à étudier dans le métabolisme de l’eau, le pancréas également ; linjection d’insuline produit une hydrémie importante, le corps thyroïde, l'intestin agirait lui aussi comme une véritable glande endocrine. Cow ayant constaté que l'ingestion d’eau produit une diurèse plus abondante et plus rapide que si l’introduction était faite par voie parentérale, attribue ce fait à ce que l’eau en traversant la paroi intestinale s’y charge de substances diurétiques. Il est d’ailleurs possible d’extraire des muqueuses de l'estomac, du duodénum et du jéjuno-iléon un extrait, dont l'injection chez le chien détermine une diurèse immédiate peu importante, puis une diurèse tardive très abondante et comparable à celle qui résulte de l’ingestion d’une grande quantilé d’eau,
79 Le système nerveux, il existerait un véritable centre de l’eau (Wasserzentrum de Asuer) dont l’existence est prouvée par l’action des anesthésiques qui peuvent arrêter les variations de l’eau des tissus. Ce
centredont la précision est considérable agit par l’in-
TO RE termédiaire des hormones et des actions physicochimiques.
Insistons en terminant sur la nécessité de fournir une quantité suffisante de chlorure de sodium à l’organisme, même très déshydraté, pour lui permettre la fixation de l'eau. HaLpane à montré que chez des mineurs perdant 21. 500 de sueurs par heure, sueurs contenant 2 grammes de chlorure de sodium par litre, l’ingestion d’eau pure ne calme pas la soif et amène des crampes masculaires, signes qui disparaissent si l’on fournit en même temps du sel. Conxeim, en 1912, a insisté sur le fait, qu’il ne pouvait regagner le poids perdu par élimination abondante de sueurs au cours d’une ascension en montagne, que s’il buvait de l’eau contenant suffisamment de sel ; l’eau pure était rapidement éliminée par l'urine et par les
sueurs.
Pour pouvoir affirmer que la déshydratation est bien la cause essentielle, primordiale de la Maladie post-opératoire, il nous a semblé nécessaire mais
suffisant de répondre aux sept questions suivantes :
10 Existe-t-il une déshydratation post-opératoire
20 Quelles sont les causes de cette déshydratation ?
30 La déshydratation peut-elle expliquer les signes humoraux de la Maladie post-opératoire ?
4° Peut-elle expliquer aussi l’électivité de cette maladie et la gravité de certaines formes ?
50 La réhydratation guérit-elle la Maladie post-opératoire et, préventive, empêche-t-elle son apparition?
60 Existe-t-il des syndromes de déshydratation reproduisant les signes cliniques et humoraux de la Maladie post-opératoire ?
7° Peut-on réaliser expérimentalement de tels syndromes ?
Existe-t-1l une déshydratation post-opératoire ?
L'existence d’une déshydratation post-opératoire n'est, semble-t-il, niée par personne, on en peut d’ailleurs fournir un grand nombre de preuves :