‹ Maladie Post-Opératoire et DéshydratationChapitre 11 sur 28 · LAON · texte numérisé non relu

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tant du fait du jeûne hydrocarboné imposé à l’opéré, que de l’hyperglycémie constatée dans les suites opératoires et qui réalise, selon l'expression de CHABANIER, et Loso-Oxerr, «un léger état diabétique ».

Critique de la théorie polypeptidique actuellement admise.

La théorie polypeptidique actuellement en faveur nous semble difficile à admettre car elle suppose deux «hypothèses théologiques », ou plus exactement deux postulats très discutables : la toxicité des polypeptides et leur neutralisation par le chlorure de sodium ; de plus cette théorie ne permet pas de comprendre sans l'intervention d’une insuffisance hépatique et d’une insuffisance rénale, inexpliquée et inexplicable d’ailleurs dans cette hypothèse, la rétention des polypeptides dans le sang.

La preuve de la toxicité de polypeptides, nous l’avons en vain cherchée, dans la thèse récente d’un élève de Duvaz (1), thèse faite sur les accidents précoces consécutifs aux brûlures superficielles étendues que Duvar rapporte aux polÿpeptides (2).

Dans cette thèse la toxicité des polypeptides est

affirmée hautement mais sans preuves vraiment con-

(1) Ruprer, Thèse Paris, 1935.

(2) Nous l'avons cherchée en vain aussi dans la thèse de R. Lancon élève de FixssiNGer) consacrée à l'intoxication par les polypeptides

(Thèse Paris, 1934).

vaincantes : « Les polypeptides sont indiscutablement des substances toxiques. » Il en existerait des preuves cliniques et des preuves expérimentales.

Les preuves cliniques ont été apportées par Purcu et Crisroz : « Chez les grands insuffisants rénaux, « l’apparition des accidents graves coïncide avec une «élévation considérable de la polypeptidémie » et plus loin : «L'apparition des grands accidents de l'uré-

« mie coïncide avec une élévation considérable de la

polypeptidémie. »

Les preuves expérimentales sont les suivantes :

10 « Rappelons les classiques expériences de RoGEr « sur la toxicité des sérums des urémiques : 6 à 8 cmc. « de sérum d’urémique tuent un lapin ; cette toxicité « disparaît en chauffant le sérum à 65° pendant une « demi-heure, ce qui prouve qu’elle est due à des « modifications des matières protéiques du sérum. »

20 L’hépaiectomie totale est toujours mortelle et toujours accompagnée d’une hyperpolypeptidémie considérable.

3° R.-G. Payer a pu, grâce à des ligatures de vaisseaux du foie, obtenir des nécrobioses localisées, entraînant la mort en un à quatre jours avec hyper-

polypeptidémie.

Aucun de ces quatre arguments ne peut être tenu pour indiscutable.

La preuve clinique de la toxicité des polypeptides ? Mais hier encore ne disait-on pas que les insuffisants.

rénaux mouraient d’azotémie, car on ne connaissait

pas encore les polypeptides, qui peut nous prouver que ces polypeptides ne sont point comme l’'urée, un témoin peut-être plus fidèle d’une intoxication que nous ne connaissons pas encore. Surtout que les preuves expérimentales sont frêles ! N'y a-t-il vraiment dans un sérum chauffé à 65° pendant une demi-heure que les polypeptides qui soient détruits ? 6 à 8 cm. de sérum ne contiennent, en outre, même à un taux élevé qu’une quantité de polypeptides assez faible et qu'un organisme sain doit être capable de détruire avec aisance, la mort du lapin a peu de chance de leur être imputable en tant que toxique, la mort et sans aucun doute due à un choc protéique.

La mort après hépatectomie est un argument tellement grossier que RuDLer s’excuse presque de l’avoir fourni « mais les désordres sont trop complexes pour «qu'on puisse attribuer les troubles observés et la « mort à l'intoxication polypeptidique seule. » Reste le quatrième argument, nous n’en pouvons tenir compte : il s’agit là en effet, à coup sûr de Maladie post-opératoire particulièrement grave parce que l’expérience lèse du parenchyme hépatique, le rôle de l'hyperpolypeptidémie doit être mis en doute puisque la preuve de son rôle est précisément l’objet de la discussion.

Enfin, même si l’on pouvait considérer comme certaine la toxicité des polypeptides, il faudrait encore admettre que le chlorure de sodium est capable de

les neutraliser. Pour le prouver, il n’existe qu’une

Sa

hypothèse. « Les chlorures sont «appelés » au niveau « des tissus dévitalisés pour y jouer sans doute un « rôle neutralisant vis-à-vis des substances toxiques « libérées par sa brûlure,en particulier les pol ypeptides. « C’est reprendre une hypothèse déjà ancienne de «M. le Professeur Acnarp sur les corps «chloro- « azotés » (Rupcer). Si cette hypothèse déjà ancienne n'a point fait encore sa preuve, c’est que sans doute elle ne peut être autre chose qu’une hypothèse, et c’est peu pour justifier une théorie.

Dernier argument enfin, cette théorie est incapable, sans l'intervention d’une insuffisance hépatique et d’une insuffisance rénale « fonctionnelles », qu'elle ne peut expliquer, de nous faire comprendre pourquoi ces substances azotées s'accumulent dans l'organisme. Croit-on qu’une banale cystostomie apporte beaucoup plus de polypeptides au foie que ne le fait un bon repas carné ? Or l'expérience de tous les jours nous montre que le foie (normal) est capable de supporter parfaitement cet effort de courte durée, alors qu'il serait incapable de détruire la même quantité de polypeptides apportés en quatre

ou cinq jours d’une plaie opératoire !

Nous avons vu précédemment quels arguments cliniques peuvent encore être opposés à la théorie polypeptidique de la Maladie post-opératoire : gravilé chez certains sujets, éleclivilé d’apparilion après certaines interven-

lions.

A la recherche d'une explication valable.

Les théories classiques nous semblant insuffisantes pour expliquer la Maladie post-opératoire, il nous à fallu chercher au milieu des symptômes présentés par les opérés, quels étaient ceux qui pouvaient nous mettre sur la voie d’une hypothèse utile, puis voir tant cliniquement qu’expérimentalement si une telle

hypothèse était soutenable.

Il nous a semblé que deux troubles post-opératoires étaient particulièrement nets dans tous les cas de Maladie post-opératoire, la soif et l’oligurie.

Ces deux signes devaient attirer notre attention sur les troubles du métabolisme de l’eau et nous permettaient de diriger toutes nos recherches dans le sens de la déshydratation (1). D’autres arguments ve-

naient encore nous orienter dans le même sens, des

(1) Nous tenons dès maintenant à signaler une interprétation, à notre avis, erronée des faits cliniques, qui nous a été opposée : en donnant tant de sérum vous donnez beaucoup de sel et c’est ainsi qu'agit votre thérapeutique.

Mais comment fournir de l'eau à un organisme, en dehors de la voie orale inutilisable dans les cas que nous envisageons, tout au moins les premiers jours, sinon sous forme de solutions isotoniques ? Si nous utilisions le sérum glucosé on nous répondrait que c’est le glucose qui agit, si nous injections de l’eau distillée, on accuserait l'hémolyse où tout autre cause : la déshydratation semble trop simple à certains. Comment expliquent-ils alors pourquoi les opérés, non privés d’eau (opérés des membres par exemple), ne font pos de Mala-

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