DES PREUVES BIOLOGIQUES
— l'étude de la masse du sang; AixawaA la trouve diminuée de 10 à 39 % après les interventions, Derrez de 50 à 60 % parfois, et il note que ces fortes réductions s’observent à la suite des interventions
abdominales, au cours des opérations sur les mem-
AN Ne,
bres elle est nulle ou faible. Coxrapr poursuivant plus loin les recherches peut dire : « La réduction de «la masse du sang est due à la perte de la partie « liquide. »
— le test d’Arnrica et Mac CLures, l'étude en a été faite en 1930 par Anprews et ReusrErkIoLD, elle a montré à ces auteurs que de la huitième à la ving— tième heure la soif des tissus était marquée. Mais on sait qu'il ne faut pas attribuer à ce test une valeur trop absolue; nombreux sont d’ailleurs les auteurs qui n’ont pas constaté ce symptôme.
— la chute de poids des opérés, cette mesure, très rarement pratiquée chez l’adulte, montre en général une chute de poids de 1 kgr. à 1 kgr. 500 dans les quarante-huit heures qui suivent l'intervention, cette chute ne peut être due qu’à une déshydratation. !
Quelles sont les causes de cette déshydratation ?
Cette déshydratation peut être attribuée à trois causes essentielles :
1° l'insuffisance des apports d’eau ;
20 les éliminalions importantes d’eau de l'organisme ;
30 le retrait de la circulation de grosses quanlilés d'eau par les tissus traumalisés et surloul par l'intestin.
L'insuflisance des apports d'eau est éclatante, connue depuis longtemps et malgré tout respectée. Elle est due aux restrictions de la période pré-opératoire, du jour de l'opération et des jours suivants. Dès 1913, Cuauvix et OEconomos étudiaient la composition des urines des opérés et la comparaient à celle des urines d’un sujet normal, non opéré, soumis à la diète, à la purge pré-opératoire et au régime post-opératoire : cette composition était identique. C’est qu’en effet, on est très loin des 2 à 3 litres d’eau ingérés quotidiennement par un organisme normal, c'est-à-dire par un organisme qui n’a point à éliminer les toxines et les toxiques dus à une intervention chirurgicale.
En cinq jours (jour précédant l’opération, jour de
l'opération et trois jours suivants), l'opéré le plus favorisé ne reçoit dans la plupart des cas d’intervention abdominale que des apports d'eau de 4 litres à 4 1. 5oo, alors que chez un sujet en bonne santé, l'absorption de liquide serait de l’ordre de 12 à 15 litres (1).
Les éliminations d’eau de l'organisme pendant la même période restent importantes.
Le jour précédant l'opération, l'élimination des urines, de la sueur, l’évaporation pulmonaire, restent aux chiffres habituels, la purgation encore souvent imposée amène une perte supplémentaire d’eau et de chlorure de sodium.
Le jour de l'opération, les sueurs sous l’anesthésie générale sont abondantes, elles se prolongent pendant toute Ja phase du réveil ; la respiration, l’évaporation par la plaie opératoire entraînent encore des pertes d’eau non négligeables : Fisaer au cours d'expériences sur l’animal a observé une perte de 25 gr. d'eau par heure pour une laparotomie de 18 cm.sur 6 cm. ; les grandes surfaces péritonéales exposées au cours d’une laparotomie de longue durée, donnent donc lieu chez l'homme à des pertes d’eau importantes. L’hémorragie au cours de l'intervention, le suinte-
(1) Notons que parallèlement les ingestions de chlorure de sodium sont nulles ou faibles, constatation qui ne suffit pas à expliquer l’hypochlorémie post-opératoire puisqu'il faut un jeûne chloruré très prolongé pour voir apparaître l’hypochlorémie (GLass); mais il est certain que, l’organisme ne disposant pas de réserves de chlorure de
sodium, une soustraction relativement minime suffit à entraîner l’hypochlorémie.