‹ Maladie Post-Opératoire et DéshydratationChapitre 23 sur 28 · AR · texte numérisé non relu

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« vées au niveau du sang et des autres tissus. » Nous insistons sur l’expression pour une bonne part, elle montre que pour ConrapT, lui-même, l'explication est insuffisante dans un grand nombre de cas, ïl faut pour expliquer la déshydratation et l’hypochlorémie plus que l’apport exsudatif au niveau des tissus. lésés, c’est aussi l'opinion de Lericue, lorsqu'il montre l'absence de troubles humoraux après les grosses interventions sur les membres, le cou, le tronc. Il faut, en effet, faire jouer un rôle primordial à l’accumulation de liquides salés dans l'intestin, c’est d'’ailleurs ce que montrent admirablement des expériences de Haven et de Orr : réalisant la déshydratation d’un chien par sténose expérimentale du cardia, ils obtiennent augmentation de l’urée sanguine et augmentation de l'azote résiduel, mais la chiorémie ne baisse pas comme elle le fait au cours d’une occlu-

sion plus bas située, parce que la sténose du cardia

de PER

ne s'accompagne, ni de vomissement ni d’épanchement liquidien sus-strictural entraînant une déperdition importante de chlorures.

Pour vérifier notre hypothèse, il nous a semblé nécessaire de reproduire expérimentalement tous les facteurs qu’entraîne une intervention chirurgicale : c'est-à-dire le jeûne avec suppression des liquides pendant quarante-huit heures au moins, la soustraction supplémentaire d’eau et de chlorures (qu’attirent les tissus lésés et l’intestin), le tout devant être réalisé sans intervention chirurgicale proprement dite.

Notre technique d’expérimentation est la suivante : nous mettons au jeûne complet avec privation d’eau un animal pendant quarante-huit heures au moins, au bout de ce temps nous réalisons, grâce à une injection intrapéritonéale d’une solution concentrée de glucose ou de lactose, une ascite expérimentale que nous ponctionnons, soustrayant ainsi à l'organisme une quañtité importante d’eau et de sel, douze à vingt-quatre heures plus tard nous dosons l’urée et les chlorures du sang.

Nos expériences ont porté sur des cobayes, mis au jeûne pendant quarante-huit heures, chez lesquels une injection de 20 cmc. de solution concentrée de lactose produisait une ascite de 50 cmc. environ. Nous avons obtenu des hypochlorémies et des hyperazotémies de chiffres assez variables. Ces expériences ne sont d’ailleurs qu’à leur début, le cobaye est en effet un

animal chez lequel la quantité de sang est trop faible

LLLYOORLE

pour des dosages multiples, et nous n’avons pu, par exemple, doser chez eux les polypeptides. Nous espérons pouvoir prochainement expérimenter sur le chien, de façon à suivre chez le même animal les dosages de chlore, d'urée, de polypeptides et de glucose avant et pendant le jeûne, avant et après la soustraction du liquide d'ascite expérimentale.

Il nous semble cependant qu’actuellement grâce au jeûne complet (c’est-à-dire avec suppression des apports liquides) et à une soustraction supplémentaire d’eau et de sel nous ayons réalisé un syndrome

humoral rappelant celui de la Maladie post-opératoire (1).

(1) Au moment où nos expériences étaient en cours nous avons eu connaissance d’un travail de A. WinrTer, qui, réalisant chez le rat par des injections de solutions hypertoniques de glucose des ascites expérimentales, obtint des hypochlorémies importantes, ainsi que des baisses du taux des chlorures dans les principaux viscères (rein,

poumon, foie, cœur) et dans les muscles. L'auteur n’a pas dosé l’urée sanguine.

Traitement de la Maladie post-opératoire.

Si, comme nous le pensons, la déshydratation est la cause essentielle de la Maladie post-opératoire, c'est contre elle que doit être dirigé le traitement et

non contre les symptômes qui l’accompagnent.

Pour éviter la Maladie post-opératoire, il faut que le malade arrive à l’intervention dans un état d’hydratation normale, il faut qu'après l'intervention on lui fournisse une quantité de liquide suffisante pour permettre le fonctionnement du foie et des reins.

Avant l'intervention, on évitera donc tout ce qui peut bouleverser l’hydrémie du sujet, tout ce qui peut amener son organisme à mobiliser ses réserves d’eau, donc pas de purgation, pas de purgation huileuse surtout (Gosser et MEsTREzAT) pas de restriction des boissons, l’organisme a besoin chaque jour de 2 à 3 litres d’eau, il faut les lui fournir, pas de jeûne, le malade peut prendre même la veille d’une intervention abdominale des aliments ne donnant que peu de résidus (confitures, jus de fruits, potages légers). Si l’on doit intervenir sur l'intestin on peut purger le malade quarante-huit heures avant l'opétion, il faut ensuite reconstituer les réserves d’eau et

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