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la déshydratation, nous pouvons au décours de cette étude clinique affirmer qu'elle entraîne hypochlorémie, azotémie, hyperpolypeptidémie et que sans déshydratation, ces symptômes ne peuvent être rencontrés associés dans un syndrome clinique (1).
En est-il de même au point de vue expérimental ? Telle est la dernière question à laquelle nous devons
répondre.
(1) Trigrs a signalé qu’au cours des cirrhoses le chlore sanguin pouvait être abaissé sans hyperazotémie.
Mais les modifications doivent être inconstantes, dans les dosages que nous avons pu faire pratiquer, malgré des ponctions répétées la chlorémie ne s’est pas modifiée.
Peut-on produire expérimentalement, grâce à la déshydratation, les troubles humoraux de la Maladie post-opératoire.
L'expérimentation permet-elle de confirmer le rôle de la déshydratation dans la Maladie post-opératoire. Pour répondre à cette question, nous rappellerons rapidement les expériences qui nous semblent les plus caractéristiques. Puis nous exposerons quelques
recherches personnelles (1).
La déshydratation expérimentale, réalisée par les procédés les plus divers (privation d’eau, alimentation desséchée, hémorragie, injection de sérum hypertonique...) a été étudiée par de nombreux auteurs.
Dès 1924, GarorEanu et DErEviIcI notent chez les animaux déshydratés une augmentation légère de la cholestérine et surtout une azotémie importante. Hapen et Ork, en 1929, montrent que la déshydra-
(1) En dehors des difficultés que nous avons rencontrées pour nos recherches, nous pensons inutile de refaire éternellement des expériences déjà faites par des expérimentateurs capables et consciencieux.
C’est pour la même raison, que nous n'avons pas publié dans ce travail de nouveaux dosages post-opératoires.
Pr OR E
tation du chien entraîne une augmentation considérable de l'azote uréique du sang, qui passe de 15 mgr. en moyenne à 4o et même 82 mgr., et de l'azote non uréique, qui passe de 30 mgr. à 70-80 mgr. parfois 114 et même 163 mgr.; le chlore sanguin par contre ne bouge plus ou s'élève légèrement. Kerper.-Fronius (1931), en soumettant des chiens au régime de la viande séchée ou du lait sec, observe une augmentation du chlore sanguin et une azotémie considérable, passant de 36 à 126 mgr. %. UNnperuizz et Fisx en 1930 avaient obtenu les mêmes résultats et notaient que l’eau semblait soustraite essentielle ment au tissu cellulaire sous-cutané et aux muscles. MH Puaérizor en 1932, confirme qu’expérimentalement la déshydratation donne une hyperchlorémie, une hyperazotémie et une baisse de la réserve alcaline, elle ajoute d’ailleurs qu’au moment de la réhydratation, il y a chloropénie, hyperazotémie et alcalose.
Parallèlement aux modifications sanguines existent des modifications urinaires, la quantité des urines tombe très rapidement, leur chiffre assez instable, peut tomber à quelques centimètres cubes seulement, en même temps l'élimination des chlorures arrive à un chiffre très bas, il ÿY a hypochlorurie.
En résumé, des expériences de déshydratation entreprises Jusqu'ici, par privation de liquides, on peut déduire, que la déshydratation s'accompagne d’hyperchlorémie ‘ou d’une chlorémie normale, d'hyperazotémie, d’augmentalion de l'azote non uréique, de baisse de la
réserve alcaline, d’oligurie avec hypochlorurie.
ee on
Pour qu'il y ait hypochlorémie (1) il faut qu’à la déshydratation s’ajoute une soustraction de sel (en pratique une soustraction d’eau et de sel) que peu-
vent réaliser expérimentalement la diarrhée, les vomissements.
Mais la déshydratation post-opératoire est bien dif. férente de cette déshydratation expérimentale, il y a non seulement suppression des apports de liquides, ou leur chute à un chiffre dérisoire étant donnés les besoins de l’organisme, mais encore soustraction de liquide par l’hémorragie, le suintement des surfaces cruentées, l'appel d’eau par les tissus traumatisés. D'où l'importance considérable de l'étude expérimen-
tale de l'hydrémie post-opératoire.
A1kAWA, DELREZz en 1934, et ConraDr en 1935 étudiant expérimentalement la Maladie post-opératoire, y constatent une diminution considérable de la masse du sang, la quantité du sang circulant pouvant être réduite de 20 à 60 %,, cette chute est maxima vers le troisième jour, le retour à la normale se fait vers le dixième ou onzième jour. Etudiant l’eau du sang total, du plasma et des globules Conrapr conclut que la réduction de la masse du sang est due à la perte de la partie liquide ; poursuivant ses recherches, il mesure la teneur en eau du foie, des reins, des muscles du foyer opératoire et d’un muscle normal, ainsi que leur teneur en chlore et matières minérales totales : il
(1) Grass a montré qu’en prolongeant la suppression des apports d’eau, l’hypochlorémie apparaissait mais à la phase pré-agonique.
note une déshydratation et une diminution de la teneur en chlore et en matières minérales de tous les organes, sauf des muscles traumatisés où existe une augmentation importante de l’eau et des chlorures (comme l'avaient déjà montré Lecueu, Fey, PALAzzoLi), et des matières minérales. La conclusion de l’auteur est la suivante : « Avant tout, de cette étude se dé- «gage l'existence d'une anhydrémie importante... « Seuls les tissus du foyer opératoire s’enrichissent € par suite de l’exsudat plasmatique habituel. L’exis- «tence de ces modifications focales exsudatives
explique pour une bonne part, les réductions rele-