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IX. — Vésiculite ou spermato-cystite

I/'inflammation des vésicules séminales au cours de la blennorrhagie est plus fréquente qu'on est disposé à le croire. Elle constitue une complication sérieuse, délicate à traiter et parfois difficile à guérir.

Elle peut être unie ou bilatérale.

I^es causes qui la provoquent sont assez mal connues. Une des plus fréquentes, d'après M. le D^ lyuys, est le coït, continué au début de la blennorrhagie.

Les premiers symptômes qui permettent de dépister l'existence d'une vésiculite comprennent des phénomènes subjectifs et des troubles fonctionnels :

Symptômes i° Phénomènes subjectifs : Au cours d'une blennorrhagie,

souvent déjà très réduite, les malades ressentent une douleur vague dans le périnée, au bas- ventre ou à la région lombaire. Ces douleurs s'exagèrent pendant la défécation et irradient le long de l'urèthre et dans les testicules. Elles prennent quelquefois le caractère de véritables coHques, qui peuvent faire croire à une appendicite, ou à la lithiase rénale. Elles affectent encore, dans certains cas, la forme de crampes, qui partant de la profondeur du canal, se prolongent le long du pénis ou vers l'anus.

20 Troubles fonctionnels : Ils consistent en érections et surtout en pollutions douloureuses.

Souvent le sang est mêlé au sperme, dont la couleur devient rouillée et même noirâtre, lorsque le Hquide hématique est excrété en abondance.

Il peut exister en même temps des phénomènes de cystite, c'est-à-dire des mictions très fréquentes et de la poUakiurie.

Mais, en réahté, les véritables symptômes de la vésiculite blennorrhagique reposent sur les signes physiques, c'est-àdire l'état des urines et les résultats de la palpation.

CHKZ r/ HOMME

Si l'on fait uriner le malade dans plusieurs verres, on constate que l'urine est très trouble et habituellement riche en phosphates, ce dont on peut s'assurer en chauffant un tube à expérience et en voyant le Hquide s'éclaircir rapidement.

Quoiqu'il en soit, le véritable critérium diagnostique est fourni par la palpation.

Pour la facihter, le malade incline le tronc en avant et appuie les deux mains sur une chaise, en face du médecin.

Celui-ci, en introduisant l'index dans le rectum, reconnaît d'abord et déUmite exactement les lobes de la prostate, puis, au-dessus d'eux, il découvre les deux vésicules séminales, qui, à l'état normal, ne sont ni sensibles pour le malade, ni perceptibles au toucher. Mais viennent-elles à être enflammées, on sent une sailHe allongée, s'étendant obliquement de dedans en dehors, au-dessus d'une des cornes de la prostate.

Cet examen doit être fait avec la plus grande douceur. Car le palper digital est toujours très douloureux et expose même le malade à une syncope. Il n'est pas rare non plus d'observer des accès de fièvre violents, dus à des manœuvres tant soit peu brusques.

D'ailleurs, qu'il s'agisse de souffrances provoquées ou non, l'état général est plutôt mauvais. Le faciès est pâle, l'appétit perdu et le patient éprouve une sensation de fatigue générale.

La durée de la vésiculite blennorrhagique est toujours longue. Il faut bien compter deux mois au moins dans les cas les plus favorables.

Le pronostic doit être réser\'é. Sans doute, cette complication est le plus souvent bénigne, mais il n'en est pas toujours ainsi.

La phlegmasie peut aboutir à un abcès et celui-ci s'ouvrir soit dans l'urèthre, la vessie et le rectum, soit dans la cavité péritonéale, où il est capable de provoquer une péritonite mortelle.

La vésiculite gonococcique, quand elle se prolonge, détermine parfois d'autres accidents, dont il importe d'être prévenu. On assiste par exemple, de temps en temps, à des crises, ressemblant trait pour trait à de véritables coliques néphrétiques, dues soit à une pyéHte par propagation, soit

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à une compression de l'uretère par la tuméfaction de la vésicule ou des parties adjacentes.

Complications II y a lieu de s'occuper également des complications qui fréquemment s'ajoutent à la vésiculite. Il n'est pas rare en effet de constater soit une déférentite, soit une épididjonite. La déférentite en particulier est susceptible de provoquer des phénomènes d'irritation du côté du péritoine. On observe alors des hoquets, des nausées, des vomissements et un état fébrile pouvant faire croire à l'existence d'une appendicite. En pareille occurrence, il ne faut pas oublier d'explorer le canal déférent, que l'on trouvera transformé en un cylindre dur, sensible, faisant saillie à l'orifice du canal inguinal.

Traitement Le traitement de la vésiculite blennorrhagique diffère suivant que celle-ci est aiguë ou chronique.

Dans les cas aigus, il faut prescrire le repos au lit, de grands bains tous les deux jours ou des bains de siège quotidiens ; chaque jour également, un lavage uréthro-vésical avec une solution faible de permanganate, matin et soir; enfin une irrigation rectale très chaude, c'est-à-dire à 40° au moins.

Le massage des vésicules séminales doit être interdit, non pas seulement à cause des douleurs qu'il provoque et des accès fébriles dont il peut être la cause, mais en raison des dangers d'une infection sanguine générale.

C'est au contraire le traitement par excellence de la vésicu-^ lite chronique quand les phénomènes aigus ont cédé et qu'il ne persiste plus que les signes physiques. On commence par introduire dans la vessie une solution faible de permanganate, puis on comprime la glande pendant 2 à 3 minutes avec l'index. Le malade urine ensuite et le liquide, en s'écoulant, entraîne le pus chassé de la glande par le massage.

Cette opération doit être continuée jusqu'à ce que l'induration et la douleur aient complètement disparu, l'urine enfin ne doit plus charrier de débris purulents.

Pour éviter le désagrément de l'introduction du doigt dans le rectum, Feleki a imaginé un instrument masseur, qui aurait l'avantage de le remplacer. Tel n'est pas notre avis. Aucun appareil ne peut remplir l'office des manœuvres

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digitales, qui seules règlent le degré de force à donner à la compression glandulaire et permettent d'apprécier exactement les transformations curatives.

Il y a des cas, néanmoins, où le massage méthodique ne parvient pas à désobstruer les canaux éjaculateurs et à procurer la guérison.

C'est alors que sont tentées diverses opérations chirurgicales, telles que : la vésiculotomie, la vésiculectomie, la vasotomie, le cathétérisme des canaux éjaculateurs.

Je me borne ici à indiquer ces interventions spéciales. Il s'agit, en effet, de procédés très délicats, ne pouvant être essayés que par des chirurgiens tout à fait exercés et n'entrant pas, par conséquent, dans les moyens de la pratique courante.

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