‹ Maladies blennorragiques des voies génito-urinairesChapitre 35 sur 79 · AIGUË ORDINAIRE · texte numérisé non relu

AIGUË ORDINAIRE

CHEZ L HOMMfi T45

îl faut bien reconnaître que ces diverses méthodes, plus ou moins compliquées, n'ont pas donné de résultats sensiblement supérieurs aux vieux remèdes classiques, qu'il importe de rappeler.

Notons d'abord, qu'il ne peut y avoir, pour combattre répidid\Tnite blennorrhagique, une médication uniforme. Nous avons décrit plusieurs types cliniques. Chacun de ces types réclame des moyens appropriés.

Aussi, au point de vue thérapeutique, distinguerons-nous Tépididymite aiguë ordinaire, la forme suraiguë, la forme subaiguë, l'épididyniite double, enfin les modaUtés qui résultent de l'ectopie testiculaire.

a) Traitement de Vêpididymite aiguë vulgaire. lo

Il peut être résumé de la façon suivante : Épididymite

1° Cesser le traitement dirigé contre la blennorrhagie ;

2° Mettre le malade au lit. dans le repos absolu, en lui recommandant de tenir les bourses relevées, soit à l'aide d'une serviette éponge, massée en forme de coussin et placée entre les cuisses, soit à l'aide d'une planchette de bois échancrée ;

3^ Appliquer sur le scrotum et la région du cordon un large cataplasme de farine de lin bien fraîche et le recouvrir d'un taffetas gommé, pour qu'il garde sa température et son humidité.

Trois cataplasmes dans les 24 heures suffisent : un pour la matinée, un deuxième pour l'après-midi, un troisième pour la nuit.

On a mené dans ces dernières années et on mène encore aujourd'hui une campagne contre ce topique, prétendant qu'il est malpropre et constitue, pour les microbes, un excellent milieu de culture. Ces reproches sont notablement exagérés. Aucun de ces inconvénients n'existe quand la farine est très fraîche et bien contenue par une tarlatane, de façon à empêcher les grains de traverser les mailles et de se coller sur la peau des bourses, qu'ils pourraient irriter en se desséchant. Si d'ailleurs, ce petit inconvénient se produisait, il n'y aurait qu'à en libérer les téguments par un simple lavage d'eau bouillie tiède.

144 COMPWCATIONS DE I,A BI,ENNOi<RHAGIE

J'affirme que ce pansement simple est excellent pour calmer la douleur et réduire la tuméfaction. En moins de 4 à 5 jours, ce double résultat est acquis dans l'immense majorité des cas.

Si l'on tenait absolimient à un topique moins gras et plus propre, on pourrait recourir à l'ouataplasme. Mais celui-ci est moins émollient et moins actif contre les symptômes fondamentaux de la maladie.

4° Faire prendre au patient, tous les deux jours, un grand bain tiède, d'une heure de durée ;

5° Alternativement, un purgatif, à l'aide d'un verre ou d'un demi-verre à bordeaux d'eau de Rubinat ;

6"^ Continuer strictement la diététique prescrite contre la blennorrhagie et ne boire aux repas et entre les repas que du lait ou de la tisane de graines de lin.

Quand peut-on permettre au malade de se lever? Il faut attendre que l'épididyme ne soit plus douloureux, soit à l'occasion d'un effort, tel que la toux, soit à la pression, soit à la marche. Que le patient n'oubHe pas surtout, dès qu'il descendra du lit, d'appliquer un suspensoir, muni de souscuisses et bien garni d'ouate à l'intérieur. Cette ouate exerce une légère compression et tend à favoriser la résolution, restée incomplète, ainsi qu'en témoigne le noyau de la queue de l'épididyme, lorsque le sujet est en état de reprendre la vie ordinaire.

C'est aussi le moment de revenir à la médication interne et il ne faut recourir aux lavages que si celle-ci échoue, après l'avoir tentée, pendant une quinzaine de jours environ.

Toutes ces précautions sont nécessaires, si l'on veut éviter une récidive et des lavages trop précoces pourraient y prédisposer. Or une nouvelle épididymite est d'autant plus à craindre, qu'elle rend encore plus problématique dans l'avenir le fonctionnement de l'organe atteint.

2° l) Traitement de V orchi-épididvmite sur aiguë.

ÉPIDIDYMITE Combattre la douleur est l'indication formelle. Celle-ci peut être causée, soit par la violence de la phlegmasie épididymaire, soit par une vaginaUte concomitante. Aucun remède ne répond mieux à la première sommation

SURAIGUE

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qu'une large application de sangsues le long du cordon, immédiatement au-dessus du testicule et dans la région inguinale. Il ne faut pas craindre d'en poser 15 ou 20 après avoir rasé et bien savonné le tégument. On prendra surtout la précaution d'éviter la portion du scrotum qui répond à la glande séminale. Autrement des infiltrations sanguines et même de petites plaques de gangrène pourraient se produire.

Après la chute des sangsues, le sang sera enlevé à l'aide d'une solution de sublimé à i /20006 et la région recouverte d'un gâteau d'ouate hydrophile aseptique, que l'on comprimera légèrement, si l'écoulement sanguin n'est pas arrêté.

Grâce à cette déplétion abondante, la douleur se calme au bout de quelques heures. Le traitement sera continué par l'appHcation de compresses trempées dans l'eau boriquée tiède et recouvertes d'un taffetas gommé. A la première sensation de sécheresse, elles seront renouvelées.

A cause des piqûres de sangsues, il faut s'abstenir de cataplasmes. Ce topique risquerait d'irriter les parties et de provoquer une nouvelle émission sanguine.

La tunique vaginale n'est à ponctionner que dans le cas où l'épanchement est considérable et augmente sensiblement la douleur.

Voici la technique à suivre :

Il est nécessaire, d'abord, de repérer, par la palpation, la position du testicule. Normalement, la glande est située en arrière, en bas et en dedans. Mais il faut se méfier de l'inversion antérieure et agir en conséquence.

Le siège déterminé, on aseptise la région par un savonnage, suivi d'un lavage au subUméà i 1000^. Puis, prenant un bistouri droit et bien piquant, on ponctionne en un point qui n'expose pas à la blessure du testicule. Pour être bien maître de la profondeur à laquelle doit pénétrer la lame, on saisit l'instrument entre le pouce et le médius à un centimètre de la pointe. Les doigts servent d'arrêt et de la sorte il est impossible de léser la glande séminale.

Quand le Hquide s'est écoulé, la piqûre est recouverte d'une mince couche d'ouate hydrophile, que l'on maintient en la badigeounant de collodiou riciné.

Î46 eOMPUCAÏÎONS DE tA BtlÊNîïOîlRHAOÎÔ

Sous rinfluence de la ponction, la douleur cesse presque immédiatement et le malade peut enfin goûter le repos.

Le reste de la cure consistant en : bains, purgatifs et régime, doit êtr^ le même que précédemment

3© c) Traitement de V orchi-épididymite subaiguè,

ÉPiDiDYMiTE Sans doute, on peut appliquer à cette forme la médication SUBAIGUE de l'épididymite aiguë. IMais il y a des malades que leurs occupations empêchent de garder le lit. Force est donc de recourir à un traitement ambulatoire. Celui-ci est possible à l'aide d'un suspensoir imaginé par Horand, ancien chirurgien de l'Antiquaille de Lyon.

Ce bandage se compose :

1° D'une couche d'ouate ;

2® D'un morceau de toile caoutchoutée, percée d'un trou pour le passage de la verge ;

30 D'une poche en toile de forme triangulaire.

Les angles supérieurs de cette poche sont munis de deux longues brides, qui forment une ceinture. La pointe inférieure porte deux autres brides, servant de sous-cuisses. Les bords latéraux offrent une large échancrure. De chaque extrémité de cette échancrure part un lacet, qui, noué à son congénère, permet de rétrécir plus ou moins l'appareil.

Pour le placer, on relève les bourses sur le pubis; puis on appHque successivement le coton, la toile imperméable et enfin le suspensoir que l'on fixe avec les brides. Il ne reste plus qu'à serrer plus ou moins les lacets latéraux, suivant le volume des parties.

Le suspensoir doit être laissé en place jour et nuit, pendant environ une semaine. Il y a lieu toutefois de le desserrer un peu pendant la nuit.

Son action est immédiatement efficace. Le malade, qui ne pouvait marcher sans douleur, est capable de vaquer à ses occupations, de faire des courses assez longues et même de se tenir à cheval.

Dès que l'épididyme n'est plus douloureux, on supprime le bandage pendant la nuit, mais on le garde le jour. Par la compression qu'il exerce, la sudation qu'il provoque, il favorise la résorption des exsudats»

CHEZ t*KOmTÈ

d) Traitement de V orchi-épididymiU double.

Cette forme ne comporte pas d'indications spéciales. C'est elle cependant qui réclame le plus, en raison de l'étendue du processus inflammatoire, l'application de sangsues larga manu, les bains prolongés, les émollients de toutes sortes et les purgatifs.

4" OP.cm-

ÉPIDIDYJnTE DOUBLE

e) Traitement des modalités dues aux ect optes testiculaires.

En général, ces formes s'accompagnent de phénomènes inflammatoires intenses et lorsque la glande séminale siège dans le canal inguinal ou l'abdomen, on peut voir apparaître des accidents péritonéaux.

Là encore, les sangsues, au niveau ou dans le voisinage de la région malade, seront d'une grande utilité. On les fera suivre de l'application d'une vessie de glace, en prenant la précaution de séparer celle-ci, par une compresse, des téguments atteints. Enfin, l'on se trouvera bien de joindre à la réfrigération les onctions d'onguent napolitain belladone.

Peut-on espérer la résorption complète des infiltrats chroniques qui occupent la queue de l'épididyme et parfois les éléments du cordon?

La réponse est surtout importante, lorsqu'il s'agit d'une épidid3^mite double, sui\ie dans la règle, ai-je déjà dit, de stériUté.

A l'heure actuelle, médecins et chirurgiens s'évertuent à prévenir ce désastre.

MM. de Beurmann, Régnauld et Cottin (Soc. des Hôp. 24 mai 1912 et 23 mai 1913) prétendent, qu'en traitant l'épididymite aiguë par des applications de boues radioactives, ils obtiennent, en quelques semaines, la disparition complète du noyau épididymaire, au point de ne plus reconnaître le siège de la lésion.

Ces louables efforts doivent être continués. Mais leurs observations ne sont pas assez nombreuses pour en tirer des conclusions fermes.

Les chirurgiens, de leur côté, proposent d'anastomoser le renflement supérieur de la tunique albuginée du testicule ou corps d'Hygmore avec le canal déférent. Cette tentative jusqu'ici n'a pas été couronnée de succès. Il faut néan-

50 ECTOPIES TESTICl.'T.AIRES

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moins persévérer, les essais étant jusqu'ici trop restreints pour juger la valeur de la méthode.

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