NÉVRALGIE
LOMBO- ABDOMINALE
C'est également la constatation des signes physiques, qui permet d'écarter l'hypothèse de névralgie lombo-abdominale. J'ajoute qu'un examen attentif du siège de la douleur fournit déjà un indice précieux.
Dans la névralgie lombo-abdominale, l'hyperalgésie siège surtout dans la paroi abdominale, où une pression superficielle suffit pour la réveiller. Dans la salpingo-ovarite au contraire, il faut une pression plus énergique pour la faire naître.
3° MÉTRiTE Y a-t-il lieu de poser le diagnostic différentiel de la phlegmasie tubo-ovarienne et de la métrite?
A vrai dire, cette recherche n'aurait d'autre but que d'indiquer, ou non, la coïncidence des deux affections. En pratique, on peut dire que cette coïncidence est pour ainsi dire constante, avec prédominance, du côté de l'utérus ou des annexes.
Quoiqu'il en soit, lorsque la matrice est atteinte, le toucher vaginal révèle un col, augmenté de volume, altéré dans sa consistance, plus ouvert et donnant au doigt la sensation de velours, lorsqu'il est ulcéré. Quand on presse ses lèvres ou leurs commissures, surtout si celles-ci sont déchirées, on provoque parfois une douleur très vive, que l'on réveille également en faisant basculer le museau de tanche et en imprimant ainsi un mouvement de ballottement à la matrice.
L'examen au spéculum confirme les résultats du toucher. En découvrant la portion vaginale de l'utérus, on constate qu'elle est plus grosse et modifiée dans sa forme. Chez les nullipares, au lieu d'être conique, comme elle doit l'être, elle est cyHndrique et chez les femmes, qui ont eu des enfants, elle apparaît renflée en massue ou présentant, s'il y a des déchirures, les configurations les plus diverses. La couleur varie du rouge vif au rouge violacé. Par l'orifice s'écoule
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un mucus visqueux, soit franchement purulent, soit panaché de stries punilentes et de filaments sanguinolents.
Les caractères de la sécrétion deviennent encore plus nets, lorsqu'on presse doucement le col avec les valves du spéculum. A ces caractères s'ajoutent souvent des pertes de substance, qui occupent la surface extérieure cen'icale . Tantôt, elles sont superficielles et consistent en simples érosions ; tantôt au contraire, elles entament profondément la muqueuse et réalisent de véritables ulcérations, souvent couvertes de saillies granuleuses.
Les salpingo-ovarites kj'stiques que l'épanchement soit séreux, purulent ou hématique et les périsalpingites seront reconnues au volume considérable et à la configuration arrondie des tumeurs.
Mais presque toujours, dans les cas de ce genre, le diagnostic est fort embarrassant. La production morbide peut être prise pour un kyste de l'ovaire au début, un kyste intra-ligamentaire, une grossesse tubaire, un corps fibreux de l'utérus et il faut l'interv^ention d'un spécialiste avdsé, pour éviter des erreurs, qui néanmoins peuvent encore se produire.
Salpingoovarites kystiques et péris.alpingites
Le traitement de la salpingo-ovarite varie, suivant que l'état est aigu ou chronique et les moyens qu'on lui impose relèvent, soit de la médecine, soit de la chirurgie.
Nous n'indiquerons ici que les moyens médicaux, les seuls qui soient à la portée de tous les praticiens. On ne s'adressera au chirurgien gynécologue que si ces moyens échouent ; car il s'agit d'opérations délicates, qui trouvent surtout leur indication dans les collections enk3'stées, dont la chirurgie seule est en mesure de libérer les malades.
Traitement de la salpingoovarite.
1° Traitement médical de la salpingo-ovarite catarrhaXc i» État aioc aiguë.
Ce traitement, on peut le dire, se confond avec celui de la métrite. Repos absolu ; matin et soir, une irrigation vaginale d'un à deux litres de guimauve et pavot. Le bock doit être placé à 50 centimètres environ au-dessus du plan du
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lit ; grands bains tièdes prolongés : un tous les deux jours, de 3 /4 d'heure environ ; purgatifs légers, soit i /4 ou i /2 verre d'eau de Rubinat alternant avec le bain.
Si l'état est très aigu, on y joindra, avec avantage, l'application de 10 sangsues dans chaque aine. Les lavements laudanisés ou chloralés trouveront ici également leur emploi : 15 à 20 gouttes de laudanum ou 2 à 3 grammes de chloral hydraté, le soir pour favoriser le sommeil.
Sous l'influence de ces moyens, l'amélioration se produit en général assez rapidement et l'on peut espérer, au bout d'une quinzaine de jours, la restitution ad integrum.
Malheureusement, je le répète, les rechutes et le passage à la chronicité ne sont que trop fréquents. Contre cette double éventualité, la médecine n'est pas cependant complètement désarmée.
2° ÉTAT 2^ Traitemenl de la salpingo-ovarite chronique.
CHRONIQUE A l'instar du précédent, ce traitement ne consiste qu'en moyens externes, que l'on applique, soit isolément, soit simultanément à la peau, au vagin et au rectum.
Sur l'abdomen trois topiques trouvent ici leur emploi :
1° Les enveloppements à l'aide de compresses, trempées dans les eaux-mères de Biarritz ou de SaHes de Béarn et recouvertes d'un taffetas gommé, afin de maintenir leur humidité. Ces enveloppements, plutôt tièdes, seront tenus en permanence et renouvelés matin et soir.
20 Les petits vésicatoires, posés successivement au niveau de la région douloureuse.
Chacun de ces révulsifs aura le diamètre d'une pièce de 5 francs en argent. Jusqu'à dessiccation, on en saupoudrera chaque jour la surface avec un centigramme de chlorhydrate de morphine.
Dès que le premier sera sec, on passera à un second et ainsi de suite, tant que les douleurs persisteront.
30 Les pointes de feu, également loco-dolenti.
Elles seront renouvelées chaque semaine. Leur effet est le même que celui des petits ^vésicatoires.
Il sera toujours avantageux de joindre à ces diverses médications une grande irrigation vaginale, matin et soir* d'eau boriquée chaude.
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Après l'irrigation du soir, la malade introduira elle-même, jusqu'au fond du vagin, un ovule composé de glycérine et de tanin, en prenant le soin de le maintenir à l'aide d'un linge semblable à celui qui contient les règles.
Un lavement chaud quotidien ne pourra aussi qu'être favorable.
Si les douleurs sont vives, on l'additionnera d'un gramme d'antipyrine ou de 15 à 20 gouttes de laudanum.
En cas de ténesme rectal, des suppositoires ainsi formulés procureront un réel soulagement :
Poudre d'opium brut 0 gr. 10
Extrait de belladone 0 gr. 01
Beurre de cacao 3 gr.
Enfin si la fortune de la malade permet une saison aux eaux, on lui conseillera les sources très riches en chlorure de sodium, telles que : Salies de Béam et Biarritz, SaHes du Salât, Salins du Jura, Salins-Moutiers.
On a encore prôné contre la salpingo-ovarite le massage et l'électricité. Mais ces moyens ne sont pas exempts de dangers, surtout s'il existe des collections enkystées, susceptibles de se rompre dans le péritoine.
Quant aux procédés chirurgicaux : curetage de l'utérus, oophoro-salpingotomie, résection partielle de la trompe ou de l'ovaire, castration utéro-ovarienne, ils réclament une maîtrise opératoire et ne doivent être employés qu'après l'échec de tous les autres moyens.