INTERNES
SU1XT.\NTES
l68 COMPUCATIONS DE tA BI^ENNORRHAGIE
nature, apprend au médecin que cet état existait, bien avant l'atteinte vulvo-vaginale.
e) Eczéma Eczéma du pourtour de l'anus. — Sa note prédominante est un prurit, souvent intolérable, se produisant surtout la nuit et entravant le sommeil. Il en résulte un épaississement des plis radiés, une rougeur vive, des excoriations, des rhagades et un suintement plus ou moins abondant. Mais, dans ces cas, il s'agit de sujets foncièrement arthritiques ; la pénétration de l'index dans le rectum est aisée et le prurit, aussi bien que les lésions, ont précédé, plus ou moins longtemps, la Blennorrhagie vaginale.
d) Chancres Chancre syphilitique et chan-cres simples du pourtour de Vanus. — I^e chancre huntérien se présente sous la forme d'une ulcération siégeant au niveau de l'orifice et s'enfonçant plus ou moins dans l'anus.
Mais cette ulcération est unique, presque indolente ; elle manque de bords ; le fond en est rouge et luisant et elle suinte à peine. Je ne parle pas de l'induration de sa base presque impossible à percevoir dans cette région. Mais j'insiste sur l'adénite inguinale, qui en est la compagne fidèle.
Il serait plus facile de confondre les ulcérations d'une Blennorrhagie ano-rectale intense avec des chancrelles du pourtour de l'anus. Cependant si l'on y prête attention, la confusion est impossible. I^a chancrelle est constituée, non par une exulcération, mais par une ulcération véritable, taillée à pic, à bords décollés, à fond irréguUer et sanieux, s'inoculant de proche en proche, si l'on n'a soin d'isoler les lésions.
On doit toujours penser, surtout chez les femmes de mauvaise vie, à la coïncidence possible d'une double infection, blennorrhagique et chancreuse, réalisée simultanément.
e) Cancer Cancer ano rectal. — Il est presque superflu d'exposer
les signes distinctifs du cancer et de la Blennorrhagie anorectale.
L'âge seul serait déjà une précieuse indication, la dégénérescence épitnéliomateuse, étant bien rare avant 40 ans. Les
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atteintes vénériennes prédominent au contraire dans la jeunesse.
Dans le cancer, le liquide qui s'échappe par l'anus possède des caractères spéciaux. Il est sanieux, souvent mélangé de sang et même de matière néoplasique. Il exhale en outre une odeur d'une fétidité spéciale.
Enfin, si l'on introduit le doigt dans le rectum, on sent une série d'inégaUtés, les unes dures, les autres friables, que l'on ne découvre jamais dans la Blennorrhagie, quand la malade a le courage de supporter la pénétration du doigt.
Le Traitement de la Blennorrhagie ano-rectale est simple, Traitement
lorsque l'infection est hmitée à l'anus et à l'entrée du de la
rectum ; plus compliqué, lorsque le virus a pénétré pro- Blennorrhagie
fondement. ano-rectale.
Si l'anus et l'extrémité adjacente du rectum sont seuls atteints, on doit prescrire :
i» Des lavages antiseptiques chauds, au moins deux fois par jour : soit avec une solution de sublimé ou de permanganate dépotasse à i/iooo^, soit avec une solution de chlorure de zinc à i/ioo^.
2° Après le lavage, on introduit dans Tanus une mèche de mousseUne, enduite de vaseUne iodoformée à i/ioe. Puis on poudre la région avec l'oxyde de zinc ou le tanin. Le tout est maintenu par un bandage en T.
30 On faciUtera les garde-robes, à l'aide d'un laxatif léger : tous les matins par exemple, une cuillerée à café d'huile de ricin, mélangée à la même quantité de sirop de Hmon.
40 Au moment d'aller à la selle, la malade, après avoir retiré le pansement, enduira l'anus de vaseline stérilisée ou de pommade boriquée à 1/10®. L'opération terminée, la pommade sera enlevée avec un Unge fin ; la partie malade lavée à l'eau chaude et le pansement replacé.
5° S'il y a des excoriations rebelles, on les cautérisera légèrement avec le crayon de nitrate d'argent.
6° En cas de ténesme violent, on substituera à la mèche
un suppositoire à la cocaïne ou à l'extrait de belladone.