Altérations de la sensibilité
Les troubles de la sensibilité se localisent, soit dans l'urèthre, soit dans le testicule.
Quand ils occupent l'urèthre, ils se manifestent sous les formes les plus variées : titillations, fourmillements, élan- :ements parfois très vifs, à l'occasion des mictions, des érections ou du coït. Mais ces mêmes sensations peuvent aussi, quoique plus rarement, se produire spontanément.
Le plus souvent c'est au méat et dans la région prostatique que rh>'peresthésie se cantonne.
Il est bien entendu, avant de conclure à la névralgie, que le canal doit être examiné avec le plus grand soin. Car aucun effort thérapeutique n'aboutirait, si les troubles de la sensibilité dépendaient d'une uréthrite mal éteinte;
Altérations
de la senslbUlté.
1^ Uréthrale.
236 SUITES DK I.A BI.ENNORRHAGIE
la guérison de celle-ci amènerait au contraire l'extinction de tous les symptômes.
2° Testiculaire Chez d'autres malades, l'hyperesthésie occupe la glande séminale. Bile apparaît à la suite de Torchi-épididymite.
Dans la forme la plus commune, le sujet se plaint d'un simple endolorissement du testicule, qui s'accuse davantage par une station debout un peu prolongée, la marche, la constipation, les efforts.
Il ne faut pas oublier cependant, que, dans quelques cas, la douleur est pongitive, lancinante et procède par accès, parfois assez violents pour amener une rétraction du testicule vers l'anneau, des nausées et des vomissements.
C'est lorsque la névralgie revêt une telle intensité que l'on peut voir, comme dans l'orchi-épididymite vraie, les douleurs retentir sur le plexus lombo-sacré et atteindre les nerfs crural et sciatique.
Le diagnostic de l'hyperesthésie testiculaire repose sur les mêmes considérations que celui de la névralgie uréthrale. Il ne peut être solidement assis, que lorsque le gonflement du testicule et de l'épididyme ont totalement disparu et que l'organe n'est plus sensible au toucher. On ne doit découvrir que le petit noyau dur et insensible, qui siège à la queue de Tépididynie. C'est précisément la dispropor- » tion entre les signes objectifs et les phénomènes doulou-
reux qui permet de se former une opinion exacte.
Rien n'est plus variable que la marche et la durée de ces hyperesthésies uréthrale et testiculaire. lycur évolution est celle des névralgies en général, c'est-à-dire qu'elles peuvent être éphémères, disparaître spontanément ou, au contraire, résister opiniâtrement à la thérapeutique la plus rationnelle et la mieux conduite.
Quoiqu'il en soit, le pronostic est favorable ; la guérison est la règle ; l'échéance seule reste indécise.
Traitement. De quels moyens disposons-nous pour remédier, soit à l'uréthralgie, soit à la névralgie testiculaire.
Nous les trouvons dans une hygiène spéciale et dans une médication tant interne qu'externe.
Il faut s'adresser d'abord à la diététique. Les excitants i- de
doivent être interdits, à savoir : les mets épicés, les subs- l'uréthralgie tances acides, la bière, le Champagne, les boissons alcooliques, le thé et le café. Ces breuvages seront remplacés par des eaux possédant la propriété de diluer les urines, telles que celles d'Evian, de Contrexé ville, de Vittel.
Cette h3-giène suffit assez souvent pour soulager d'abord, puis guérir.
En principe, des rapports sexuels modérés ne seront pas défendus. I\I. le professeur Foumier a remarqué que, dans certains cas, ces rapports, au lieu d'exaspérer les douleurs, contribuent à émousser la sensibilité de l'urèthre. C'est donc une expérience à tenter.
Si, malgré ce régime, les douleurs persistent et rendent au malade la vie insupportable, on s'adressera, sans hésiter, à la médication interne qui, dans l'espèce, sera sédative.
On pourra choisir l'antipyrine, à la dose de i à 2 grammes par jour, ou l'aspirine : un cachet de o gr. 50 au commencement des trois repas de la journée, ou encore le bromure de potassium : 3 à 4 grammes dans les vingt-quatre heures. Si les douleurs ont un caractère intermittent, un sel de quinine est indiqué : le chlorhydrate de préférence : o gr. 50 à 0 gr. 60 par jour, en deux cachets, dont le dernier sera pris six heures avant le retour présumé de la crise.
Il est entendu, qu'avant d'ingérer chacun de ces médicaments, on s'assurera que l'urine du malade est exempte d'albumine. Autrement, il faudrait recourir exclusivement au traitement externe.
Celui-ci comprendra les anesthésiques de la muqueuse Liréthrale.
On injectera par exemple dans le canal 5 centimètres cubes d'une solution de stovaïne à i 0/0, soit o gr. 05 de principe actif. La cocaïne, à la même dose, pourrait aussi être employée. Mais elle est plus toxique que la stovaïne.
Une injection sous-cutanée, dans la région périnéale, de 0 gr. 01 de chlorhydrate de morphine rend égalei^ient des services.
Enfin, on a préconisé avec avantage le massage du canal à l'aide de bougies Béniqué de gros volume.
SUITEÎS DE I.A BI.ENNORRHAGIË
2° NÉVRALGIE TESTICULAIRE
S'il s'agit d'un simple endolorissement du testicule, il suffit d'immobiliser Torgane au moyen d'un suspensoir, muni de sous-cuisses et garni d'une épaisse couche d'ouate. lyC meilleur modèle est le suspensoir Horand, du nom du chirurgien lyonnais qui l'a inventé.
I^a douleur est-elle plus vive, on aura recours aux sédatifs internes précédemment énumérés. On pourra y joindre, le soir en se couchant, un suppositoire, contenant o gr. 02 d'extrait de belladone.
Chez les sujets très nerveux, l'hydrothérapie tiède §'est montrée utile et doit être essayée.
J'ajoute, en terminant, que le médecin aura le devoir de rassurer le malade, en s'efforçant de lui démontrer que ses douleurs, même si elles sont vives, ne tirent nullement à conséquence et ne doivent pas l'empêcher de reprendre sa vie habituelle.
S. — Perturbations fonctionnelles.
A. — Anomalies de sécrétion des glandes génitales.
Ces anomalies portent sur le mode de sécrétion des glandes bulbo-uréthrales, de la prostate et des testicules.