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Hypersécrétion des glandes de Cowper

A l'état normal, les glandes de Cowper sécrètent un liquide clair, visqueux et filant, analogue à du blanc d'oeuf. Ce mucus se produit pendant l'érection. lyorsqu'il n'y a pas d'éjaculation et que la verge revient à l'état naturel, on le voit s'écouler en gouttelettes limpides et filantes.

Mais assez souvent, à la suite d'une blennorrhagie, la sécrétion devient plus abondante, moins visqueuse et se produit à la moindre excitation génésique. Il suffit de presser la verge d'arrière en avant, pour donner issue à plusieurs grosses gouttes. Mais le liquide peut aussi s'échapper spontanément et humecter la chemise, qu'il colle au gland, lorsqu'il se dessèche.

Ce léger trouble dure un temps variable. Néanmoins, dans quelques cas, il peut se prolonger indéfiniment.

Ne comportant nulle conséquence fâcheuse, il ne mérite

aucun traitement. Le seul qui pourrait être indiqué serait une aide morale, destinée à rassurer et à détromper un malade, tenté d'attribuer à la persistance d'un suintement blennorrhagique cette h>'persécrétion bénigne.

La prostatorrhée est Técoulement par Turèthre du liquide 2. Prostade la glande, en dehors des conditions normales, c'est-à- torrhée. dire de Téjaculation.

Est-il exact de considérer ce flux comme une suite de la blennorrhagie ? Sans doute, cette conclusion semble s'imposer dans les cas où Ton ne découvre plus trace d'écoulement uréthral. Mais le fait est exceptionnel ; on peut dire que dans la règle, la prostatorrhée est liée à une uréthrite postérieure mal éteinte. Néanmoins, nous devons en parler, puisqu'elle peut isolément se produire.

L'écoulement se montre au méat, à Toccasion de la défécation, surtout si l'expulsion du bol fécal nécessite des efforts.

Il est constitué par un liquide blanchâtre ou blanc grisâtre, présentant la consistance du lait et une réaction alcaline. "^

Les taches que la prostatorrhée dépose sur la chemise des malades ont un grand diamètre. Leurs bords sont irréguliers et festonnés, tandis que celles qui proviennent des glandes de Cowper forment des gouttelettes beaucoup plus fines. Ces caractères différentiels, indiqués par le professeur Gu3'on, aident à dépister le siège des glandes atteintes.

Le temps que persiste la prostatorrhée est impossible à fixer. Mais ce que l'on peut affirmer, c'est que cet accident est sans importance. Il est d'autant plus nécessaire d'en instruire les malades, que beaucoup d'entre eux se préoccupent outre mesure et inclinent vers la neurasthénie.

Si l'on avait aft'aire à un esprit calme, ajoutant foi sans réservée à la parole du médecin, il n'y aurait lieu d'appliquer aucune thérapeutique. Mais tel n'est pas le cas dans la pratique habituelle. Sans doute, la première règle est de remon- ' ter le moral du patient. Ivà ne doit pas cependant se liorner l'action médicale. Un traitement s'impose, joint à l'affirmation suggestive de son efficacité. Ce traitement sera à la fois externe et interne.

SUITES DE I.A BI^ENNORRHACrlE

Traitement On recommandera expressément au malade de tenir le ventre libre, puisque la prostatorrhée ne se produit guère que par les efforts de la défécation.

Si le sujet est très nerveux, Thydro thérapie rendra service sous forme de lotions ou de douches progressivement refroidies.

Enfin il faudra remonter Torganisme par Tarsenic, les ferrugineux, le quinquina et, si la situation de fortune le permet, conseiller la vie au grand air, les distractions et les voyages.

3. Sperma- lya spermatorrhée est la perte du sperme, se produisant torrhée. en' dehors du coït.

On ne doit pas la confondre avec les pollutions nocturnes, qui se produisent involontairement chez les sujets continents, à intervalles variables. I^a spermatorrhée n'existe réellement que dans les cas où les pertes, devenant fréquentes, ne s'expliquent plus par la surcharge des vésicules séminales, surtout si les sujets ne s'abstiennent pas de rapports sexuels.

Avant d'admettre que les pertes anormales de sperme constituent une des séquelles de la blennorrhagie, on doit rechercher minutieusement si celle-ci est complètement éteinte, tant est fréquente la spermatorrhée qui l'accompagne.

Il sera non moins important d'élaguer les causes nombreuses, susceptibles de provoquer l'évacuation intempestive des vésicules séminales.

Conditions Or toute l'étiologie peut se rattacher à deux chefs. ÉTioLOGiQUEs Ou la spcrmatorrhéc dépend d'une irritation, soit directe, soit voisine de l'appareil uro-génital ou elle relève d'une lésion du système nerveux.

Dans la première catégorie, nous trouvons les excès vénériens, l'onanisme, certaines affections de l'anus et du rectum : hémorrhoïdes, fissure anale, présence d'oxyures.

I^a seconde comprend les maladies du cervelet : tumeurs ou ramollissement, les affections de la moelle et en particulier le tabès.

SUITES DE LA liLEXNORRHAGIE 24 1

La spermatorrhée d'origine gonococcique ne pourra donc être admise, qu'après avoir éliminé ces facteurs multiples et avoir constaté que toute blennorrhagie antérieure était complètement éteinte.

Cliniquement, comment se présentent les pertes sémi- caractkres nales ? cliniques

Au début, d'abord nocturnes, elles deviennent plus tard diurnes.

Quand elles ne surviennent que la nuit, elles se distinguent des pollutions, que j'appellerai physiologiques, par les caractères suivants : tandis que celles-ci n'ont lieu qu'à l'occasion d'un rêve lascif, provoquant des érections, qui aboutissent aux spasmes de l'éjaculation avec sensation de jouissance, les pertes, indices de spermatorrhée, se produisent sans rêve, sans érection et sans plaisir. Elles se répètent plusieurs fois par semaine et même plusieurs fois par nuit. Quand le sujet se réveille, il éprouve une sorte de malaise, de lassitude, que n'entraînent jamais les pollutions compensatrices.

Dans la plupart des cas, la spermatorrhée se borne aux pertes nocturnes. ]\Iais quand l'état s'aggrave, les spermatozoïdes s'échappent avec l'urine ou le liquide prostatique dans les efïorts de défécation.

On peut même voir, à la limite extrême, l'écoulement spermatique, provoqué par l'excitation la plus minime. Je me rappelle un garçon coiffeur, dont la chemise se mouillait sans érection préalable, chaque fois qu'il avait l'occasion de coiffer une femme.

Sans doute, il est difficile d'affirmer l'existence d'une dl\gn-ostic spermatorrhée, tant que l'on n'est pas en mesure de cons- de la spermatater le corps du délit. La chose est aisée, si l'on a. à sa disposition, un microscope avec un oculaire et un objectif appropriés.

Il suffit d'étaler sur une lame une parcelle du liquide excrété, de laisser sécher à l'air, de fixer en recouvrant la préparation d'un mélange à parties égales d'alcool et d'éther, de sécher à nouveau, d'ajouter une goutte d'eau et de couvrir d'une lamelle.

TORRHi E

Mais que de médecins ne possèdent pas pareil outillage. Eh bien ! lorsque Turine charrie des spermatozoïdes, il est possible cependant, par un examen attentif, sinon d'affirmer, au moins de soupçonner fortement leur présence.

Au début de la miction, on voit rouler au fond du vase de petites granulations semi-transparentes, ressemblant à des grains de semoule. Ce précipité a lieu avant tout refroidissement des urines ; ce qui permet de le distinguer des dépôts, formés par les sels urinaires.

Plus tard, Turine ne laisse plus déposer ces granulations. Mais elle contient un nuage épais, homogène, blanchâtre, parsemé de petits points brillants, qui gagnent les couches supérieures du liquide. Ces points brillants ne seraient autre chose que de petits cristaux appelés cristaux de Bottcher, dus à la combinaison de T acide phosphorique, fourni par le sperme, avec une base organique, contenue dans le liquide prostatique. Fiirbringer a beaucoup insisté sur leur valeur séméiologique ; il les considère comme pathognomoniques de la spermatorrhée.

Conséquences DE LA Spermatorrhée

Quelles sont les conséquences des pertes séminales, en d'autres termes, quel en est le pronostic ?

Lorsqu'il s'agit seulement de pertes nocturnes, que le sujet est raisonnable et la thérapeutique habilement dirigée, la guérison est assez rapide.

Mais si le liquide séminal s'écoule aussi le jour, l'organisme se trouve gravement atteint. Les malades présentent d'abord des troubles digestifs. La nutrition devenant insuffisante, ils ne tardent pas à maigrir et à subir les effets d'une débilitation profonde. Ce qui prédomine, ce sont les signes d'une anémie poussée à l'extrême. Le moindre effort musculaire entraîne une fatigue énorme. A peine le patient a-t-il fait quelques pas, qu'il accuse des palpitations de cœur et de l'oppression. Souvent même, il est pris d'une petite toux sèche, qui porte à penser à une lésion pulmonaire inexistante.

On conçoit qu'un tel état retentisse sur le système nerveux dès malades et les plonge dans une neurasthénie profonde, encore aggravée par l'impuissance, qui trop souvent est le résultat final des pollutions répétées.

Les moyens dont on dispose pour combattre les pertes séminales diffèrent, suivant que celles-ci dépendent de l'éréthisme sexuel ou au contraire de l'affaiblissement des facultés génésiques.

Traitement

de la

spermatorrhée

Si réréthisme est en cause, on doit s'efforcer d'en prévenir les effets.

Pour atteindre ce but, nous nous adresserons à l'hygiène sexuelle et aux remèdes sédatifs.

L'hygiène consistera à supprimer autant que possible les érections nocturnes. Le médecin recommandera d'uriner avant de se mettre au lit, la distension de la vessie amenant l'augmentation de volume de la verge. Le malade se couchera sur le côté dans un lit un peu dur. S'il peut se réveiller au moment d'une érection, il s'empressera de se lever jusqu'à ce que le pénis soit revenu à l'état naturel.

Les rapports sexuels seront réglementés et subordonnés aux besoins du sujet. Il importe surtout de les accomplir naturellement et par conséquent de se conformer aux recommandations de Diday, que je transcris textuellement : « Il faut, dit-il, proscrire les coïts répétés dans une même séance, les coïts sans conclusions, les coïts dont on suspend volontairement une ou plusieurs fois l'exécution avant de terminer ». Bien entendu, la masturbation, encore plus fréquente qu'on ne le croit, sera sévèrement interdite.

Si ces règles d'hygiène sont insuffisantes , le médecin prescrira les remèdes sédatifs : le bromure de potassium, à la dose de 3 à 4 grammes par jour, le dernier gramme pris en se couchant ; la belladone, vantée par Trousseau : i à 2 pilules d'extrait de o gr. 05 chacune en survcilUant l'état de la vue ; le valérianate d'ammoniaque de Pierlot : 2 cuillerées à café par jour ; le lupulin : 3 à 6 cachets de 0 gr. 50 dans les vingt-quatre heures.

i" Forme

tRÉTHIQUE

Quand au contraire la spermatorrhée est due à une sorte de relâchement des vésicules séminales et des canaux éjaculateurs, c'est aux stimulants du système nerveux et aux toniques généraux qu'il faut recourir.

Voici les moyens à recommander :

L'hydrothérapie d'abord ; son rôle est important. C.

2" Forme astiiùmque

prescrira soit des douches froides en jet, de vingt à soixante secondes, le long du rachis et sur la surface périnéale, soit des bains de siège froids et courts : température i8 à 20°, durée : une à quatre minutes, suivant les conseils de M. le docteur Zimmern.

Si l'on ne peut disposer d'installations hydrothérapiques, on se contentera de simples lotions froides. Il suffira de promener, pendant une minute environ, sur le rachis et le périnée une grosse éponge, trempée dans Teau froide et mieux encore dans Teau de source. On asséchera ensuite les téguments à l'aide d'une bonne friction.

Pour les malades qui disposeront de temps et d'argent, les bains de mer courts produiront un excellent effet.

L'hydrothérapie se montre-t-elle insuffisante, on s'adressera à l'électricité, sous forme d'électricité statique, de courants continus ou faradiques, en plaçant le pôle positif de la pile sur le rachis et en introduisant le pôle négatif dans le rectum, au niveau de la prostate. Blectriser également le périnée.

Sans doute, l'électricité est un moyen excellent. Mais l'application en est délicate et par conséquent peu pratique. Il n'y a guère qu'un spécialiste qui soit en mesure d'en obtenir des effets sérieux.

On secondera la médication externe par des toniques de l'organisme.

Les préparations d'ergot et de fer, la strychnine trouveront ici un heureux emploi.

Voici, à titre d'indications, quelques formules :

Poudre de seigle ergoté o gr. 05

Protoxalate de fer o gr. 10

pour une pilule molle. Bn prendre 2 par jour : une matin et soir.

Sulfate de strychnine : 2 à 3 granules par jour de un milligramme chacun, ou encore :

Sulfate de strychnine o gr. 02

Bau distillée 300 gr.

Une cuillerée à soupe avant les deux principaux repas, soit deux milligrammes par jour de médicament actif. Mais ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que le malade,

atteint de pertes séminales, subit un choc moral, que le médecin doit s'efforcer d'amortir. Or, les consolations et les encouragements qu'il prodiguera, l'assurance d'une guérison dont il ne semblera pas douter, exerceront une influence aussi heureuse que la médication la mieux appropriée.

B. — Impuissance.

L'impuissance se relie à la blennorrhagie chronique par Conditions l'intermédiaire de la spermatorrhée qui la précède et y con- étiologiques duit, quand les pertes séminales ont acquis par leur fréquence et leur durée une gravité exceptionnelle.

D'autre part, il faut que l'impuissance, attribuée à une blennorrhagie antérieure et complètement éteinte, ne puisse dépendre d'aucune des causes multiples capables de l'engendrer.

Or, n'oublions pas que cette abolition des facultés génésiques se voit à la suite d'excès vénériens, d'onanisme, d'homosexualité ; qu'on l'obser^-e dans les anomalies génitales; après les affections des voies spermatiques, telles que : rorchi-épidid3^mite et la spermatocystite, dans le diabète et les maladies du s^'stème nerveux : paral3-sie générale et tabès principalement.

C'est donc au médecin d'examiner très attentivement son malade. Une thérapeutique efficace ne peut en effet reposer que sur un diagnostic exact.

Je suppose que par exclusion on arrive à se convaincre que l'impuissance est une séquelle blennorrhagique, comment évoluent les phénomènes morbides ?

L'attention est attirée au début par un véritable éréthisme symptômi sexuel. Les érections deviennent plus fréquentes, plus faciles ETM.\RCHi:. que d'habitude. En un mot, les facultés génésiques semblent exagérées. ]\Iais 1 ejaculation est précipitée et se produit même souvent avant l'introduction du membre viril.

A cette faiblesse irritable, ne tarde pas à succéder une véritable parésie. L'érection est difficile, la verge ne durcit pas complètement. Le sujet n'aboutit à une conclusion qu'après un exercice prolongé et fatigant. Ivufin l'impuissance

SUITES DE I^A BI^ENNORRHAGra

devient complète, par défaut d'érection ou impossibilité d'éjaculation.

Il est possible aussi d'observer, quoique beaucoup plus rarement, à la suite d'une blennorrhagie chronique, un phénomène bizarre. C'est l'abolition absolue des sensations voluptueuses. Castelnau a rapporté l'histoire d'un malade, qui ne se rendait aucun compte du moment où le sperme était lancé hors du canal.

Je ne reviendrai pas sur la dépression morale, causée par de pareils troubles. J'en ai déjà parlé à propos de la spermatorrhée. Ce que je puis ajouter, c'est que l'hypocondrie peut devenir telle, qu'elle mène jusqu'au suicide certains sujets, incapables de réagir contre la tare qui les frappe.

Traitement

DE

L'iaiPUISSANCE

a) Préceptes hygiéniques.

Pour remédier à cette déchéance progressive, le médecin est-il suffisamment armé?

Les moyens ne manquent pas. Mais aucun ne possède une supériorité indiscutable. On est obligé de les varier dans la plupart des cas et ce n'est qu'avec le temps et la persévérance que l'on arrive à une cure définitive.

Quoiqu'il en soit, la thérapeutique dispose de règles hygiéniques, de procédés physiothérapiques et de remèdes internes.

On commencera d'abord par formuler des préceptes d'hygiène, à la fois locale et générale.

L'hygiène locale vise exclusivement le fonctionnement génital, qui doit être surveillé de très près. On recommandera au malade de ne pas essayer, sans raison, ses forces viriles. Il attendra qu'un besoin ou au moins un désir de rapprochement sexuel soit bien réel. Ce n'est qu'en telle condition qu'il pourra tenter l'aventure. Qu'il s'efforce surtout de bannir toute préoccupation de succès ou d'échec. On sait en effet l'influence inhibitrice de l'émotivité psychique. Il doit également s'abstenir de tout moyen artificiel, destiné à provoquer l'érection. S'il n'aboutit pas, qu'il prenne, sans honte ni regret, congé de sa partenaire. Il recommencera un autre jour. Au médecin appartiendra de maintenir son courage et ses espérances, en lui assurant le succès définitif.

A ces conseils d'hygiène génitale se joindront des préceptes d'hygiène générale. Le patient s'abstiendra d'excès alcooliques, de surmenage tant physique que moral. Il aura de longues nuits de sommeil ; s'il est disposé à l'embonpoint, l'exercice sera nécessaire, « Pinguia corpora sunt inapta veneri », avait déjà dit Aristote. Enfin, quand les moyens de fortune le permettent, les distractions honnêtes et les voyages ne peuvent être que favorables.

Rarement, ces instructions suffiront à elles seules. Il faut les seconder par des procédés physiothérapiques.

Le plus simple est l'emploi de frictions sèches, le long du rachis et sur le périnée ; on peut se servir de la formule suivante :

Teinture de noix vomique 40 gr.

Ammoniaque 4 gr.

L'hydrothérapie joue un rôle plus important sous forme de douches ou de lotions. L'application en est la même que dans les cas de spermatorrhée.

L'électrisation peut également donner d'excellents résultats. Mais je répéterai ce que j'ai dit à propos des pertes séminales. Il n'y a guère qu'un spécialiste qui puisse en obtenir le rendement maximum.

b) Traitement

physlo-

tbéraplque.

On ne doit pas enfin négliger les remèdes internes. Ils relèvent la tonicité de l'organisme. En voici quelques-uns qui, à juste raison, ont été préconisés :

1° Le phosphore, en granules ou capsules, dosés à un milligramme : 2 à 3 par jour.

C'est un médicament toxique qu'il faut manier avec beaucoup de prudence.

Le phosphure de zinc est préférable, parce que, bien que possédant les mêmes propriétés, il est moins dangereux.

On l'administre sous forme de granules, de 0 gr. 01 chacun : 2 par jour : i, matin et soir.

2^ La noix vomique, eu gouttes ou eu cachets. En gouttes, on emploie la teinture alcoolique : 10 à 20 gouttes par jour : 5 à 10 matin et soir, en augmentant quotidiennement d'une goutte.

c) Remèdes internes.

I^es cachets peuvent être formulés de la façon suivante :

Poudre de noix vomique o gr. 02

Phosphate de magnésie o gr. 25

pour un cachet. En avaler un à chaque repas.

30 La strychnine, qui constitue avec la brucine les deux alcaloïdes, tirés de la noix vomique.

Les doses à prescrire seront les mêmes que pour la spermatorrhée.

40 Un médicament d'introduction récente dans la thérapeutique, la yohimbine, principe actif tiré d'un arbre de rAfrique du Sud, le yohimbehe.

La yohimbine se présente sous forme de cristaux incolores, peu solubles dans Teau froide.

D'après des expériences tentées sur les chiens, elle possède la propriété d'exciter le centre nerveux, qui préside à l'érection, en provoquant rh3rpérémie du pénis.

Elle se prescrit en tablettes de o gr. 005 chacune.

On commence par 3 tablettes par jour, une à chaque repas Progressivement, on peut en porter le nombre à 9 ; mais il ne faut pas le dépasser. Autrement on aurait à craindre une excitation générale, des vertiges, une hypérémie oculaire et des poussées cutanées érythémateuses.

On peut aussi administrer la yohimbine en injections hypodermiques.

Voici la formule à remettre au pharmacien :

Chlorhydrate de yohimbine o gr. 20

Faire dissoudre dans :

Eau distillée 10 gr.

Ajouter :

Chloroforme une goutte.

Cette solution doit être versée dans un flacon de verre jaune.

Elle ne se conserve que trois à quatre semaines.

Au début, une injection quotidienne de un centimètre cube ; puis, lorsque l'effet commence à se produire, une injection tous les deux à trois jours.

La méthode h>'podermique est surtout résen-ée aux cas qui se montrent rebelles.

50 La médication opothérapique, basée sur les recherches de Mattéi et de Brown-Séquard. Bien longtemps avant ces auteurs, on croyait déjà aux propriétés aphrodisiaques des testicules d'animaux. Ceux de taureau, de cerf, de coq étaient les plus employés, ainsi qu'en témoignent les recettes populaires fort anciennes.

Aujourd'hui, la méthode est appliquée scientifiquement, depuis que des travaux récents ont fait connaître la sécrétion interne de l'organe séminal.

On se sert d'extraits orchitiques mis en tablettes ou en cachets, que l'on trouve spécialisés dans le commerce.

Les doses à administrer varient selon la marque que porte le remède. Si l'on se sert des préparations de Carrion, le malade doit prendre i à 2 cachets par jour.

B3da et Delaunay préconisent des pilules encapsulées de G gr. 10 chacune, à la dose quotidienne de 4 à 10.

Il y a encore d'autres marques. Les deux premières sont je crois, les plus répandues.

On a préconisé aussi l'emploi d'extraits testiculaires glycérines en injections h^-podermiques. Il est préférable de ne pas recourir à ce procédé, ces extraits étant difficiles à préparer et surtout difficiles à conserver.

J'ajoute, en terminant, que, quelle que soit la méthode thérapeutique adoptée, elle doit toujours être secondée par les règles hygiéniques précédemment émises.

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