‹ Maladies chirurgicales du pénisChapitre 19 sur 80 · SS · texte numérisé non relu

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j CORPS ÉTRANGERS. 161

, sur elle, taudis que le doifi^t appliqué sur le périnée comprimait cette * partie dans une direction opposée. Il aiTiva ainsi, au bout do quelques

" instants, à faire saillir au périnée, et de quelques lignes, la pointe de

Il cette aiguille, qui fut saisie avec une pince et complètement extraite.

il; Cette aiguille avait 2 pouces et demi de long; elle était déjà altérée par Turine. Le petit malade fut instantanément débarrassé de ses douleurs et, comme pour Tacupuncture, la petite plaie n'exigea aucun soin particulier (I).

Bien que dans plusieurs observations on appelle ce procédé procédé de Dieffenbach^ ce chirurgien ne doit pas être regardé comme son inventeur. Il fut imaginé par Sue, maître en chirurgie, à Orléans, pour extraire une épingle à cheveux qu'un garçon tonnelier s'était introduite, huit jours auparavant, dans le canal de l'urèthre. Malheureusement, l'épingle n'était pas assez aiguë ni assez résistante ; il fut impossible de la faire traverser au dehors. On dut prendre le parti d'inciser l'urèthre pour la faire sortir.

Obs. LI. — Dans le mois de décembre 1787, un gai'çon tonnelier eut recours à moi pour le débarrasser d'une épingle à cheveux qu'il s'était introduite huit jours auparavant dans le canal de l'urèthre. Je voulus d abord m'assurer de l'endroit du canal où elle répondait, au moyen d'un stylet mousse assez long, et je ne pus y parvenir. Le malade me disait en sentir la pointe vers le périnée ; pour m'en assurer, • j'introduisis l'indicateur droit dans l'anus ; je le dirigeai vers la prostate; je pressai d'arrière en avant, suivant la direction de l'urèthre; et, avec l'indicateur gauche appuyé sur le périnée, je sentis la pointe de l'épingle, que j'aurais fait traverser au dehors si elle eût été assez aiguë et si elle avait offert plus de résistance. Le malade placé sur le bord du Ut, comme dans l'opération de la taille, je priai alors M. Chipault, mou confrère, chirurgien-major de l'hôpital Saint-Charles, d'introduire un cathéter dans la vessie, pendant que je tenais la pointe de l'épingle fixée avec mon doigt, dans la crainte que le bec du cathéter ne la poussât dans la vessie. Lorsque je sentis le bec du cathéter, je le dirigeai avec mon ongle vers la psirtie postérieure de la pointe. Le cathéter parvenu dans la vessie, je retirai mon doigt de l'anus, et, avec un bistouri, je fis une incision de 6 ou 8 hgnes de long, à l'endroit où répondait la pointe ; je ne coupai, dans cette première incision, que la peau et le tissu cellulaire, pour avoir plus de facilité, avec mon doigt, de reconnaître lu

(Ij Casper's Wochenschrifl, 1Ô4Î, n» i.

DEMARQUA Y. H

t6i LÉSIONS PHYSIQUES DV PÉM8.

pointe de répineli* et lu canuelui*» du rnlhéter, où je Ûs ddi- yrd inrUion. Ln pointe se pnsiMita h nu à mou tloiçf et je la r^tini > des pinees ordinaires: ellr avait 3 pouces de lonsr, et elle êtsiîd:M reroiirhêe, dans le militMi, par les efforts ipir» j'aToi» employi^ k tâcher de Ini fain» traverser le canal et éviter rîncision. Democrpansements avec de la charpie râpée, ont conduit cette plaie àricsN tion et les urines n'\ ont passé à travers que durant cinq on si\ j.w^ »

Avant dt'ii vt'iiir à rrWr l'xlrêinilé, on doit esèaver >uo '^ sivr'irM'iil le- deux |)rnc<''(l»''s suivants, qui ont ri^ii^sî pluM*u^ fois.

On rndiiil <lo poix nu dv rire molle un stylet de trousf puis, après avoir fixé If corps étranger pour qu'il nesVnftW^ pas trop avant, on introduil le stylet flans le canal : pre***»: ensuite, avec l'autre main, l'épingle contre la poix, on tâci' de Vy fixer, et on retire le corps étranger avec rinstrumenl Comme exemple, je citerai Tobservalion suivante, rapporté* par Sue :

Od?. IJI. — ln jeune honnne. d'environ quinxe ans, sVfait iitt^. on nn sait par (piel motif, une (^pincrle ordinaire dans le cannl de TiiRthre. Otte»'*pinc:le tiesrendit jnstpi'?i la mcine de laverie, et serait «tr^e dans la vi-ssir s'il n'ertt étô secouru. •< J«» pris une ai^ruille à faiî* des Ims; j'en rendis rt'\trémitô râpeuse, avec le tranchant d'un conleatt. je Tenduisis d'un peu de cette poix dont se servent les cordonnier^: H. fixant, d'une main, IVpinsrle. pour qu'elle n'avançât pas davantac^. j'insérai l'aiguille dans le canal. Pn»ssant ensuite, avec Tauti-e main, répin^le conti*e la poix, je vins à bout de l'y lixer et de la retirer avec i'ai^ille, à la irrando satisfaction du patient et au iri-and étonuemeat des chirurgiens, qui flaiful fout décidés à trancher dans l(* ^if. »•

On peut encore av<iir n «cours au procédé suivant : Après avoir préalablement fait introduire le doigt d*UD aide dans Tanns. afin d'empêcher le corps étranger de pénétrer dans la vessie, on pratique le cathétérisme avec nne sonde d'ai'gent assez volumineuse, et on tAche de passer entre le corps étranger et la paroi supéiieure de Turèthre, qui se contracte violemment sur la sonde ; alors, au moven du doigt indicateur, dans Tanus d'abord, puis à travers U

(t; Journal de médecine, 1788. I. LXXV, p. «7».

•f#énnée, on exerce une forte compression sur la sonde, que f:*on retire peu à peu et lentement, en la laissant chasser, ■Mur ainsi dire, par les contractions uréthrales; le corps étranger suit la sonde et est enlevé en même temps qu'elle. i3*aatres fois, il est seulement assez rapproché du méat urinaire pour pouvoir être saisi avee une pince.

. Om. lui. — Le 22 janvier 4 8 VA, un de mea confrères m'adresse uu jtvne blessé âgé de huit ans, qui, TaTant-veille, avait introduit une épingle, la tête la première, dans le canal de l urètbre. Depuis ce mo- 'ment, il éprouve des douleurs aiguës au périuée et k l'anus; des envies ' fréquentes d'uriner, et des souffrances vives eu urinant. La palpntion la plus exacte faite sur le périnée ne fait rien découvrir ; un doiprt introduit dans Tanus sent, dans l'épaisseur de la prostate, la tête de Tépin^le ; •Ue e^t mobile et la moindre pression la déplace. La compression, transversalement faite sur le périnée, en même temps que sur la tête de Fépingle, selon le procédé de Dieffenbach, ne permet pas de la saisir; elle semble fléchir sous la pression et toutes les tentatives faites pour engager sa pointe dans le tissu sont inutiles.

Après avoir préalablement fait introduire le doigt d'un aide dans Vanus, aûu de comprimer le col de la vessie, et d empêcher que l'épingle ne pénètre dans cet organe, pendant les manœuvres opératoires et les mouvements violents de l'enfant, je pratique le c^ithétérisme avec une sonde d*argent aussi volumineuse que lo pennet le méat urinaire. La tonde pénètre facilement et rencontre le corps étranger dans la région membraneuse, se continuant dans la région prostatique. 11 ne présente pas d'ailleurs un grand obstacle à l'introduction de la sonde, muis les parois du canal de l'urèthre se contractent violemment sur elle. Au moyen du doigt introduit dans l'anus d'alK>rd, et puis à travers le périnée, j'exerce une forte compression sur la sonde, de manière h y coller, en quelque sorte, les parois de l'urèthre, afin d'aider lenrs foutrnelions énergiques. Je retire peu à peu et très- lentement la sonde, en la faisant chasser, pour ainsi dire, par les contractions uréthrales. Je constate que l'épinffle suit la sonde, et, celle-ci enlevée, je la trouve dans la fosse naviculaire, d'où je l'extrais facilement avec une pince. Cette épingle avait 3 centimètres de long: le calibre de la tête était de 2 millimètres: celui du corps de 1 millimètre. Elle était déjà ternie par l'urine, et sa paiote était fort émoussée ( I ).

L'extraction des corps rtrangers parlesdivrrsprocédésdont (1^ Journal df chirurgie, tSK», p. il» (docteur Raynaud, de Montauban).

i«t LËBioMB pamooBs DU rfiNis.

uous venons de parler n'est ordinairement suint vident. Ainsi, bien que la pointe des épingles, < ait traversé le ranal de l'urèthre et la peau, la i peine douloureu.te, l'urine reprend facilement M piqûres ne nécessitent aucun pansement ; deus c'est à pein» si un remarque un point ecchymoi pondant à In piqûre.

il peut se présenter des cas où aucun des pruc ne peut être employa, m^me lorsqu'il s'agit d'ép: guillf introduites dans l'urèthre.

Dans un cns, Gitsseiin était parvenu à faire paroi uréthralc par la pointe d'une épingle et a' chan^teiuenl de direction ; mais, en cheminant da l'épingle fui arrêtée dans la portion spongieuse < des manœ.uvreii antérieures, et cet habilf; chirurgii d'avoir recours à la boutonnière.

Huguier s'est truuvo dans la nécessité de couper lies latérales de l'urèthre pour aller chercher un pi d'alh&lre qui était fixé à 7 ou 8 centimètres au méat urinaire{l).

Ce fait nit; conduit tout naturellement au proc la dernière ressource du chirurgien pour extrait étranger de l'urèthre : Je veux parler de Vincùion

Il existe un grand nombre d'observations de con de l'urèthre, où ce procédé a été employé. Il en es mis en usage d'emblée, sans que l'on ait cherché > traction du corps étranger par un autre procédé : observations les plus anciennes; mais, dans plu l'incision n'a été qu'une dernière ressource.

On est obligé d'nvoir recours à l'incision lorsqu

rjh. CORPS ÉTRANGERS. 465

^^ Ois. LIV. — Corps étranger introduit dans Furèthre et parvenu ^Imiqu^au périnée ; par Hérail, chirurgien de l'hôpital ro^al de Saint- ^Bjnphorienrle-Chàteau, en Lyonnais. — Le 28 juillet 1785, un homme P^'â^é de Tingt-deux ans, habitant la campagne, Tint me consulter sur un WÊ cas rare et singulier. Il me déclara qu'il avait une fourchette dans la t:c '^^E^ î ^llo ^ut sa manière de s'exprimer.

. Je fus étrangement surpris ; par l'examen de la partie, je fus convaincu, en touchant le corps étranger, déjà parvenu à la raciue de la Terge, que c'était une fourchette, mais de la forme de celles que les '*f paysans ont dans le manche de leur couteau ; elle avait 4 pouces 9 lignes A de long; et la distance de l'une de ses branches à l'autre, vers la pointe qui était très-aiguë, était de 6 lignes. Le manche, qui était de corne, de la figure d'une pyramide renvei*sée, en avait 3. Il y avait deux jours que ce corps étranger était introduit; le membre viril était déjà trèstendu, enflammé; il était triple de sa grosseur naturelle.

Le volume, la figure et les deux pointes aiguës de cet instrument firent pressentir le danger imminent auquel était exposé ce malade. Dans ces circonstances, je ne voulus pas agir avec légèreté; j'appelai M. Gaydan, médecin, MM. Bras père et fils, chirurgiens ; tous reconnurent avec moi l'impossibilité de faire l'extraction de ce corps étranger autrement que par une incision au périnée : ce qui fut exécuté sur le champ. L'opération finie, le malade urina deux heures après, et la cure radicale fut heureusement terminée en six joui*s (1).

Le malade s'est obstiné à soutenir que cela était arrivé en donnant ; que le matin, en s*éveillant, il s'était trouvé le couteau à la main.

Pour pratiquer Tincision du canal de Turèthre, le malade est placé comme pour l'opération de la taille, et un aide relève les bourses, lorsque le corps étranger a pénétré très-profondément. S'il est volumineux et qu'il fasse saillie sous les téguments, on pratique sur son trajet une incision, et, avec des pinces, on en fait Textraction. Mais lorsque le corps étranger a peu de volume, et que Ton craint qu'il ne pénètre dans la vessie, on introduit un doigt dans le rectum et, en pressant sur le col de la vessie, on s'oppose à son passage ; enfin on introduit un cathéter pour servir de guide au bistouri.

S'il s'agissait d'une épingle à enlever et que Ton fût forcé d'en venir à l'incision, on devrait pratiquer celle-ci au niveau

(I) Journal de médecine, 1786, t. LXVl, p. 79.

Ua LÉSIOIia PHTSIOCBS DC rt5l5.

de Is pointi! de l'épingle et a'intéresaer qu li pénétrer dans le canal ponr ériter Im fonnalioa

nrinaire. G'eft par cette incinîon <fue, Cusant «ail df IV-pingle. on l'uttîrerail à soi c-omine l'a fait B« jii^<|u'ii Cl- qu'il fflt possible de lui faire rede«oei jusqu'au mt'Ql, la tètf de l'épinglo en avant : 01 (extrairait complûtciui-nt U- curps l'-tran^r. ains II- doclitur Burf^ucl riiez uti enfant de onze ans. 1.-1 |»iintc (le IV>|iin^le ayant t-tfi saisie «rec uni furti- Irnrtiiiu ri-u-^sit à l'-carti-r i^uffisainaienl l.-s jilfiif ur(''lhrali' pour permettre k* passade de lu tt la l'iiatrisfititin se fit >»iiâ aucun accident, malgré riir<'i-i' il<- I1L piiplrr- du canal (I .

Lorsqu'on a dû recourir à l'inciMon nréthrale. lai-iscr qui^lque Icmps une sonde à demeure jm linMIlnition urineusc 11 n'y a gùnéraiement pas cl la (luÉrisou u lieu daii^i l'espace de six à trente

Kiifin, il est des circunstaucof où la position 1 du corps «^(ran^tpr indiquent au chiniriçien la con< fiour en faire l'exlraclion. Snr un homme de quar s'était introduit un fil de fer plié en deux, l'une {lyunt disparu dans le canal et l'autre ayant traver DiefTenbîicli agramlil ta perforalioti et relira le portion re|diée. La verge fut soi^eusement en\ bandelettes agglutinatives et la plaie guérit au 1» jours (ï).

■;i) Gatrlltdts hôptiaux, i»5t. p. \W.

it) GaielU mtiitmlt, 1143, p. Ui.

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