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DIVISION CONOÉNITALB DU PRÉPUCE

raît probablement à cette réunion complète. En conséquence il faut se borner à réunir les bords dans la moitié de leur étendue, celle qui correspond à la couronne du gland. Encore, avant de procéder à cette opération, faut-ii toujours s'assurer que le prépuce conserve assez de largeur pour ne pas gêner le gland et pour glisser sur lui avec facilité.

J.-L. Petit rapporte qu'il a pratiqué une fois cette opération, mais il ne dit pas quel en a été le résultat.

Un jeune homme qui avait subi l'opération du phimosis et dont le gland se trouvait ainsi découvert, était incommodé par les frottements de sa chemise contre cette partie et contre les lèvres de la fente du prépuce. Il consulta Fabrice d'Aquapendente sur les moyens de recouvrir le gland et de le mettre à l'abri des frottements. Ce chirurgien lui conseilla l'opération dont il vient d'être parlé. Fabrice ne dit pas si elle fut exécutée.

Bertrandi assure qu'un chirurgien de Paris, ayant pratiqué cette opération, vit les points de suture déchirés par l'effet d'un priapisme qui survint chez le malade.

Les inconvénients qui résultent de la fente du prépuce sont tels et le succès de l'opération par laquelle on chercherait à y remédier est si incertain, que Boyer conseille, dans le cas où cette disposition vicieuse du prépuce rendrait le coït difficile et douloureux, d'enlever, de chaque côté, un lambeau triangulaire du prépuce.

Je ne puis que rapporter l'opinion d'anciens chirurgiens, n'ayant jamais eu moi-même l'occasion d'observer pareils faits, et par conséquent, de pratiquer cette opération. Toutefois, je crois, comme Boyer, qu'il vaut mieux enlever de chaque côté une portion du prépuce, plutôt que d'en tenter la réunion. C'est d'ailleurs afTaire à la sagacité chirurgicale de l'observateur, pour choisir l'une ou l'autre de ces méthodes.

552 ANOMALIES DU PÊKIS.

STMPHTSIS.

Sous ce nom, on désigne l'adhérence congénitak An ^tt^ avec le gland. Cette affection est d'observation fort ancienne. Dionis Tavait observée. Il a même conseillé, pour la détruire, d'introduire une petite feuille de myrthe un peu tranchante entre le prépuce et le gland a en prencmt garde de ne ^ percer le prépuce, qui est mince et qui ne se réparerait p aisément », au lieu de disséquer avec le bistouri. Cette opération est pénible et douloureuse, et il faut avoir soin ^&* sant le pansement, de séparer les deux surfaces saignantes avec un linge enduit de cérat.

La conduite à tenir, dans ce cas, est d'ailleurs différaite selon que les adhérences sont générales ou peirtielles, dur» ou peu résistantes.

Lorsque le prépuce ne tient au gland que par quelqoa brides, ce qu'on reconnaît aisément a l'aide d'un stylet qu'on passe entre ces deux parties, on doit commeneer par indâer le prépuce dans le point où il n'y a pas d'adhérences. Cette première incision facilite beaucoup le reste de l'opératioii, surtout lorsque Tincision peut être faite au voisinage de U partie supérieure et, à plus forte raison, dans ce dernier point lui-même.

Mais lorsque l'adhérence est générale, on est réduit, dit Boyer, « à pincer la peau du prépuce de manière à lui faire faire un pli transversal qu'on coupe dans le milieu, en approchant le plus possible de la surface du gland. » Ici l'opérateur ne saurait apporter trop de précaution, puisque son instrument doit diviser une membrane mince, unie au gland, et éviter cet organe lui-même. On rend cette peirtie de l'opération un- peu moins difficile en tirant en sens contraire les deux bords de la plaie ; on soulève par ce moyen la membrane qui adhère au gland. Cette tension, tandis que le gland e^t dans un état de flaccidité, permet à Toeil du chirurgien de

SYMPHY81S. &5t

mieux distinguer Tun et l'autre, en même temps qu*eile en facilite la division. On reconnaît que la membrane interne du prépuce a été coupée dans toute son épaisseur, à son écartement plus facile dans cet endroit que dans ceux où elle n'a pas été entamée. Cette incision iachevée, il s'agit de séparer les adhérences, ce qui peut offrir plus ou moins de difficulté. Ces adhérences sont quelquefois très-làches; il suffit alors d'exercer sur elles une légère traction pour ramener le prépuce derrière le gland ; « on dépouille celui-ci comme une anguille », suivant l'expression de J.-L. Petit. Cette séparation est plus douloureuse que difficile.

Si les adhérences sont plus fermes, si le tissu qui unit le gland au prépuce ne cède que fort peu, on doit, à mesure qu'on tire en sens inverse ces deux parties, diviser avec la pointe du bistouri, les liens celluleux qui les unissent.

Enfin, si les adhérences sont tout à fait dures et qu'elles ne prêtent nullement à la traction exercée sur elles, il est néces-* saire de les diviser, au risque d'entamer le gland.

Voici à cet égard les règles données par Boyer :

(( Si, en divisant les adhérences, on ne peut pas les distinguer nettement des parties qu'elles unissent^ il faut diriger le tranchant du bistouri vers le prépuce plutôt que vers le gland. La blessure de ce dernier provoque une vive douleur et quelquefois nne hémorrhagie, qui cède à l'application de quelques bourdonnets de charpie trempée dans une liqueur astringente, telle qu'une solution de perchlorure de fer, étendu moitié d'eau, ou à une compression légère et méthodique exercée avec le doigt, pendant vingt à trente minutes. On peut, après ce laps de temps, substituer à la compression avec les doigts un petit plumasseau de charpie, que l'on recouvre avec une compresse en croix de Malte, percée au centre pour la sortie de l'urine, et le tout maintenu par une petite bande dont les tours seront assez serrés pour empêcher le sang de couler, n

Pour détruire les adhérences complètes, Dieffenbach conseille le procédé suivant :

prépuce, atteint d^aiileurs de phimosis en même temps, et le gland, une sonde cannelée qui, promenée d'avant en arrière, de droite à gauche et de gauche à droite, a rapidement rompu toutes les adhérences. Des injections quotidiennes, détersives, astringentes, ont empêché la soudure des deux surfaces muqueuses glandaires et préputiales, et maintenu la mobilité du prépuce sur le gland. Ces deux enfants ont été plus tard opérés du phimosis.

Dans un autre cas, plus laborieux et plus délicat, j'ai dû inciser et agrandir l'ouverture très- rétrécie du prépuce, avant de rompre les adhérences glando-préputiales. Le résultat, d'ailleurs, a été on ne peut plus satisfaisant.

Le phimosis est un état particulier du prépuce dans lequel réti*oitesse ou le resserrement de son ouverture ne lui permettent pas d'être ramené en arrière du gland.

Cet état est permanent ou temporaire ; dans le premier cas, il peut résulter de cicatrices vicieuses ou être congénital, et c'est ce qu'on observe le plus fréquemment ; dans le second cas, il est la conséquence d'une altération inflammatoire, curable par conséquent, en même temps que la cause qui Ta produit (1).

Je ne m'occuperai dans ce chapitre que du phimosis per« manent, et plus particulièrement du phimosis congénital.

U peut se présenter sous un très-grand nombre de formes. Et, depuis l'ouverture préputiale, suffisante pour laisser passer, à son travers, le gland, à l'état de flaccidité, jusqu'à presque l'imperforation du prépuce, le phimosis peut présenter tous les degrés dans les dimensions de cette ouverture. Il peut siéger sur un prépuce plus ou moins long, et coiffer un pénis plus ou moins saillant. Bouteiller, de Rouen, a décrit,

(1) Voir rarticle Phimosis inflammatoire, p. 241.

**« AN01fALI£8 DV PÉNIS.

SOUS le nom de phmosù scrotal, une variété fort rare, rm

possible cependant, de phimosis, dans laquelle la verge fc

sait défaut. J'ai déjà parlé de ce cas à propos de IViiffliffà pénis.

Dans quelques cas, au lieu de pénis, on constate la présence d'une poche liquide plus ou moins considérable, qai n'est autre que l'ampUation préputiale. Par snit^ de lïmpa^ foration du prépuce, l'urine s'est accumulée dans cette caiilÀ au fur et à mesure qu'elle est sortie du canal. Elle a peià peu refoulé le gland en arrière, si bien que, dans quelque circonstances, on a pu croire à l'absence de cet organe. U présence de cette tumeur a même empêché l'évolution normaie des testicules, qui ne sont descendus dans le scrotum qu'après une opération ayant vidé cette poche urinaire. f^'oir obs. LXXXV, p. 283.)

U est, en effet, de la plus haute importance de remédi» promptement à ce vice de conformation, si on ne veut voir se confirmer un phimosis dans les plus mauvaises condition?. La poche ne tarde pas, se distendant toujours, à prendre sur un de ses points une coloration rouge violacée qui témoigae d'une prochaine ulcération et, par suite, de l'évacuation spontanée du liquide qu'elle contient. Mais cette ulcération, de nature gangreneuse, peut se faire sur un point quelconque de la surface du prépuce. C'est alors qu'il devient absolument nécessaire d'intervenir. Mieux vaudrait, sans aucun doute devancer ce moment. Il suffît d'une incision faite avec un bistouri étroit, ou une lancette, dans l'axe du méat supposé pour voir aussitôt cette poche vider son contenu. Celui-ci n'est pas toujours parfaitement limpide ; il y a eu quelquefois des grumeaux rougeâtres, indices d'une altération des sur&ces baignées par l'urine ; on trouve alors le gland parfois ulcéré et saignant. Aussi est-il utile, dans ces cas, de débrider largement pour mettre à du toutes les surfaces atteintes par l'inflammation.

Ce que Ton a constaté pour Timperforation du prépuce peut aussi s'observer lorsque l'ouverture préputiale est assez

étroite pour empêcher la libre sortie de Turine. Quand il reste une petite quantité de ce liquide, soit chez l'enfant, soit chez l'adulte, il s'altère peu à peu, irrite les parties qu'il touche, agit par conséquent ainsi sur les bords de l'ouverture du prépuce, diminue son calibre et l'oblitère même quelquefois. Il faut alors agir comme dans Timperforation complète.

L'accumulation du liquide détermine non-seulement la distension du prépuce, mais agit sur le canal, qui éprouve une dilatation tout à fait semblable à celle que Ton observe audessous de l'obstacle dans les véritables rétrécissements. Vidal (I) rapporte, d'après un journal allemand le fait suivant : « Un jeune homme de vingt ans avait un phimosis congénital tellement prononcé, que la plus petite sonde ne pouvait pénétrer dans la cavité préputiale. L'urine s'accumulait dans le prépuce et le distendait. On fit la circoncision: l'urine sortit par un jet de la grosseur du petit doigt; mais ce jet n'était pas lancé, il tombait, pour ainsi dire, perpendiculairement à l'orifice uréthral. L'urèthre avait dépassé le diamètre du col vésical ; la vessie était très-distendue. »

Lorsque le prépuce est étroit et que l'urine s'écoule difficilement par son orifice, ce liquide laisse déposer quelquefois entre cet organe et le gland une certaine quantité de matière lithique qui peut devenir le point de départ de calculs (voir Corps étrangers du pénis).

Le contact de l'urine, la présence constante de la matière sébacée entre le gland et le prépuce (car le lavage est extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible) entretiennent une irritation constante; de là des suintements purulents, une balano-posthite très-rebelle. Souvent aussi l'irritation du gland provoque des démangeaisons et des excitations qui déterminent des érections parfois très-fréquentes, des pertes séminales, et portent les jeunes sujets à la masturbation.

Je ne fais que signaler en passant la plus grande facilité d'infection vénérienne que crée le phimosis.

Le prépuce, tiraillé et aminci par le coït, peut se déchirer;

(1) TraiU de pathologie fODimu, t. V, p. 278, 2« édit.

&5g ANOMALIES DU PENIS.

de là des douleurs très-vives ; VindurcUion du prépace peuiea être la conséquence si ces lésions viennent à se répéter.

Chez certains malades, Tonverture du prépuce peut bin encore laisser découvrir le gland qui passe comme on tm\ mais, arrêté par la couronne du gland, il ne peut lafraDchir; et si, par un suprême effort, celle-ci se trouve dépassée. V prépuce étrangle la partie supérieure de la verge, et ne peot être ramené en avant ; il y a alors pcu^aphtmotis.

Guersant a été appelé à donner des soins à un jeune hûmne qui, étant affecté d'un phimosis congénital incomplet, eutoi paraphimosis la première nuit de son mariage. Pendait Tcffort énergique et soutenu qu'il fît pour pratiquer lecat, le prépuce gagna Tarrière de la couronne du gland et ne pst ensuite le recouvrir. Guersant essaya d'abord d'obtenir la réduction, mais le paraphimosis ne cédant pas à ses tentatives. il fat obligé d'avoir recours au débridement et de pratiquer ensuite Topération du phimosis.

Dans ses leçons cliniques sur le phimosis, ce chirorgi» avait Thabitude de citer cette observation, €ifin de démontrer la nécessité d'opérer même un phimosis incomplet.

On voit encore survenir l'accident du paraphimosis (Ij ehex les enfants qui, par curiosité ou peu» libertinage, découvrent brusquement le gland ; celui-ci passe à travers le prépuce étroit ; sa forme conique rend ce passage facile ; mab bientôt l'ouverture préputiale embrasse la couronne du gland, et la saillie de cet organe empêche de ramener le prépuw dans sa position normale.

Lagneau (i) a décrit une variété de paraphimosis quH appelle indolent et qui se présenterait avec les caractères soi- ^-anU ; « L'irritation est moindre, le gonflement préputial est pâle, mou, cristallin ; il prend la plus grande intensité su^ tout au-dessous du fllet ; il donne à la verge une forme conioomée en spirale. Cette espèce est rare ; Tétranglement est moins considérable que dans la précédente; on Tobservesur-

(I) Voir rtrtiole Inflammations du pénis»

(î) OkHotmairt d» médecine en 80 volumes, t. XXIII, p. 160.

tout pendant le cours d'une blennorrhagie uréthrale, d*une balanîte. »

Le paraphimosis constitue un accident sérieux ; il est d'autant plus grave que l'inflammation est plus intense ; si l'on ne procède pas à la réduction, il peut avoir des conséquences très-fâcheuses, amener une déformation du pénis, quelquefois assez grande pour gêner l'exercice du coït.

Ces motifs doivent engager le chirurgien à tenter la réduc" tion le plus tôt possible. Pour cela, après avoir enduit le gland d'huile, l'opérateur saisit la verge au-delà de la bride qui forme l'étranglement avec les doigts indicateur et médian de chaque main, les premiers en-dessus, les seconds en dessous de la verge ; il ramène le prépuce en avant, tandis qu'avec les deux pouces il appuie sur les côtés du gland en le refoulant en arrière.

Ce procédé a l'inconvénient d'élargir la base du glandé Aussi Goster conseille-t-il de comprimer d'abord fortement le gland dans la paume de la main pendant cinq, dix ou quinze minutes, puis de ramener avec la main droite le prépuce en avant pendant que les doigts de la main gauche compriment le gland à sa base. Seutin, de Bruxelles, a même inventé une sorte de pince dont les mors formaient deux espèces de cuil* 1ers destinées à emboîter le gland, le comprimer et lui permettre de passer facilement à travers l'ouverture rétrécie du prépuce (1).

Quand le paraphimosis ne cède pas à ces tentatives, on peut, lorsqu'il n'est accompagné d'aucun accident grave, obtenir la réduction à l'aide de la compression. On applique sur le gland, sur le prépuce, sur la verge, une bande étroite, médiocrement serrée ; on renouvelle ce bandage aussi souvent que l'exige la résolution de l'inflltration. Il faut avoir soin de presser avec ses doigts les parties infiltrées, chaque fois qu'on renouvelle le bandage, et de relever la verge sur le ventre. La réduction se fait d'elle-même en l'espace de quelques jours,

(1) Œuvres de Uunter, édit. Richeloi, U II, p. 467.

devant l'opérateur, qui est assis. Celui-ci saisit Je prépuce sur le dos de la verge, avec le pouce et le doigt indicateur de la main gauche, s'il veut faire l'incision sur l'un des côtés du pénis ou du frein, comme Ghopart la conseillé ; il le saisit sur le côté droit s'il veut faire l'incision sur la face antérieure. Il prend le bistouri de la main droite et le tient comme pour couper de dedans en dehors et devant soi ; il l'introduit à plat entre le gland et le prépuce avec l'attention d'appuyer le dos de l'instrument contre ce dernier, afin qu'il ne coupe pas en entrant. Lorsque la pointe est parvenue à la couronne du gland, le chirurgien abandonne le prépuce ; il saisit la verge entre les trois derniers doigts placés en dessous, l'indicateur en dessus^ et avec le pouce il tire la peau vers le pubis, afin de mettre au niveau l'une de l'autre les deux lames du prépuce et de pouvoir les couper dans une étendue égale. 11 porte le pouce derrière l'endroit où l'incision doit commencer, tourne le bistouri de façon que son tranchant regarde le prépuce, incline fortement le manche, en tendant en même temps la peau ; il pousse la pointe du bistouri qui perce le bouton de cire dont elle est recouverte, et la base du prépuce ; ensuite, en baissant la main qui tient l'instrument, et le tirant à soi, il incise le prépuce dans toute sa longueur. Si, malgré la précaution qu'on a prise de tirer la peau en arrière, la membrane interne du prépuce n'est pas incisée dans la même étendue que la peau, on achève de la couper avec des ciseaux ou avec le bistouri dont on garnit de nouveau la pointe d'un bouton de cire, et que l'on porte sous la portion membraneuse qui doit être divisée.

Si l'on se sert du bistouri à gaine de Blandin , lorsque l'extrémité est parvenue à la couronne du gland, on retire la gaine en même temps que l'on tourne le bistouri de façon que son tranchant regarde le prépuce, et l'on termine l'opération comme il vient d'être dit plus haut. Au moment où le prépuce est traversé par la pointe du bistouri, le malade achève lui-même en fuyant ; il suffit de tenir l'instrument ferme et immobile.

DP.MARQUAY. S6

»«t ANOUALIES nu PÉNIS.

Lorsque le prépuce n a pas plus d'étendue qu'il ne pour couvrir le gland, la simple incision de ce repli s mais si la longueur du prépuce est superflue, en se horaiÉ à une simple incision, les deux lèvres restent lâche*. pMdantes, et cette partie difTorme peut gêner dans le coll. D faut alors, après avoir fendu le prépuce, en retrancher, defM« et d'autre, un lambeau triangulaire et faire une espèce df circoncision. Lorsque le filet du gland se prolonge jusqu'à Toriflce de Turèthre, on doit le couper.

Les adhérences du prépuce au gland rendent ropératioii du phimosis beaucoup plus difficile (voyez Symph^fm).

Après cette opération, Boyer conseille de laisser la pliif découverte pendant quelques instants pour lui dernier t temps de se dégorger ; ensuite on applique de la chaiçie sèche sur chacune de ses lèvres, qui doivent être tenues écM^ tées ; on place sur la charpie une compresse percée d'mi trou au milieu pour la sortie de l'urine, et le tout est assujetti avec une petite bande dont les tours seront assez sem» pour empêcher le sang de couler.

Dans certains cas on pourra reeourir avantageusemeit i Tapplleation de deux ou trois serres-fïnes, ou même da points de suture isolés et placés sur les deux lambeaux do prépuce, comme Velpeau lui-même l'avait d'ailleurs conseillé. On favorise ainsi la réunion par première intention, enrafiof temps qu'on prévient tout écoulement de sang.

J'ajouterai enfin que l'incision dorsale, par les ciseaux ne m'a toujours donné que de très-heureux résultats.

£xcmon. — L'excision est surtout indiquée lorsque le prépuce est très-développé et que sa structure est notablement modifiée.

Un grand nombre de procédés ont été oonseillés. Certaini chirurgiens enlèvent seulement une partie de la face dorsale du prépuce, soit par une incision courbe, soit par une inà* sion en y à sommet supérieur. D'autres enlevant, aveo on bistouri ou des ciseaux, toute la partie du prépuce qu'ili

veulent extirper et qu'ils ont préalablement saisie entre les mors d'une pince. D'autres font deux incisions latérales et excisent les lambeaux avec des ciseaux ; ce dernier procédé convient surtout lorsqu'il existe des adhérences entre le prépuce et le gland. Dans les cas de ce genre, on coupe avec des ciseaux toutes les adhérences qui se montrent, au fur et à mesure qu'on rabat les lambeaux vers la racine de la verge. Voici le procédé le plus employé pour cette opération : On trace sur la peau du prépuce, avec de l'encre, une ligne dans la direction de la couronne du gland ; on saisit avec des pinces toute la portion du prépuce qui est en avant de cette ligne. Hicord se sert de pinces spéciales fort commodes. L'opérateur tire avec les pinces le prépuce en avant, tandis qu'un aide tire en arrière le fourreau de la verge. On traverse de part en part le prépuce avec une aiguille armée d*un fil assez long pour être coupé à sa partie moyenne, c'est à* dire au niveau de la partie qui correspond au gland et pour qu'il puisse ainsi servir à deux points de suture, l'un & droite, l'autre à gauche.

On peut encore employer le moyen suivant : au lieu de traverser le prépuce avec des fils, on arrête la marche des aiguilles au moment où leur pointe est aperçue du côté opposé à leur entrée ; les aiguilles alors croisent la direction de la pince. Tout étant disposé, avec de forts ciseaux à bec de lièvre, ou avec un bistouri, on coupe les fils parallèlement à la pince et en avant d'elle. Immédiatement après l'excision du prépuce, on observe une plaie assez large ; on sait en efTet que la peau est douée d'une propriété trèsgrande (le rétraction et que les téguments de la verge ne sont réunis aux tissus sous-jacents que par du tissu cellulaire extrêmement lÂche. H en résulte que la peau se trouve entratnée vers la racine de la verge, et qu'il existe un large intervalle entre la section de sa membrane muqueuse et celle des téguments. Si donc on abandonnait la plaie dans cet état, la suppuration se prolongerait pendant fort longtemps. Au lieu dVxcisêr la membrane muqueuse afin de diminuer Té-

tendue de la surface saignante, on met en contact le? àm bords de la solution de continuité, en renversant la m«^ brane muqueuse jusqu'à ce que son bord soit rapproché èe[ section faite à la peau.

Après Tablation du prépuce tous les fils sont con^ comme il a été dit plus haut ; puis on procède au rapprocha ment des lèvres de la solution de continuité et on nonechaqi: fiU l'un après Tautre.

Si on laisse les aiguilles en place, après la section, nn vo le corps des aiguilles traversant la cavité préputiale : on tir alors chaque aiguille, de manière à rendre les fils complet? ment libres, et on procède, au fur et à mesure, à la ?utDrf Les fils doivent être retirés vers le quatrième jour : à .v(t ' époque il y a réunion immédiate.

1 Vidal (de Cassis) a proposé de substituer aux fils des ferr^

i fines. Après Topération, un aide, avec de petites pinces à di^

j séquer, saisit la peau et la membrane muqueuse, les affnMit

I sans intermédiaire de tissu cellulaire, et, dans le point où I'

i deux feuillets tégumentaires se touchent, Topérateur appi

' que la serre-fine. Il vaut mieux commencer la réunion «1

côté du frein ; il faut multiplier les serres-fines, Vidal en pli çait de quinze à vingt ; avant de réunir, il faut attendre qt Técoulement de sang soit arrêté, car on a vu la rénnio manquer lorsque Ton s'était trop hâté d appliquer les sem^ fines. Le pansement est des plus simples : la \erse est recoc verte d'une compresse qu'on a soin d'humecter d'eau fraiVI: de temps en temps; vingt-quatre heures après, les serrefines sont enlevées et les parties sont réunies.

Procédé de Borelli. — Borelli a fait construire pour l'opér tion du phimosis un petit instrument qui consiste dans uf canule d'un calibre de 5 à 6 millimètres ; à 3 ou 4 millimètre de Textrémité de cette canule, se terminant en cul-de-sac. o voit trois ouvertures régulièrement espacées à sa circonfe rence. Par chacune de ces trois ouvertures, très-petites Ji reste, on fait sortir une petite tige en acier, glissant sur ni

plan oblique et offrant un ressort, de telle sorte (lu'eu sortant elle s'écarte de Taxe de la canule et cet écartement rst d'autant plus grand que la tige sort davantage. Ces trois petites tiges d'acier sont mises en mouvement par une tige centrale qui est fixée à volonté par une vis. L'extrémité des tiges est armée d'un crochet très-aigu.

Si l'on introduit cet instrument fermé dans le prépuce, ou arrive facilement jusque vers le gland. Là on pousse la tige centrale qui fait sortir les trois petits crochets, par lesquels la muqueuse préputiale est saisie et ramenée en avant avec force. Avec de forts ciseaux, Ton excise cette muqueuse et le phimosis est détruit. Suivant Borelli, ce procédé aurait l'avantage important de respecter la peau et de n*exciser qu'une quantité déterminée de muqueuse. 11 est inutile de faire la suture après cette excision ; la cicatrisation s'opère facilement et sans laisser de difformité.

Cet instrument ne serait pas applicable dans le cas où il existe une adhérence entre le prépuce et le gland ; il en serait de même lorsque le phimosis est formé par un tuyau muqueux très-étroit et dans les cas où l'ouverture préputiale ne peut admettre qu'un stylet très-fin.

11 est fort rare que l'opération du phimosis soit suivie d'accidents. L'hémorrhagie, quand elle survient, elle formée par un très-petit vaisseau qu'il suffit de tordre.

Lorsque l'on pratique l'opération du phimosis par excision, il faut bien se rappeler que la peau qui recouvre la verge est douée d'une extrême mobilité et d'une laxité très-grande : il ne faut pas trop l'attirer, car, après la section circulaire, lorsque les téguments auront repris leur situation normale, ils se trouveraient divisés presque à la base de la verge.

^•« ANOMALIES Dl' PÉ.MS.

BRIÈVETÉ DL* FRBllf,

La brièveté du frein est un autre vice de conforaitia qu'on rencontre assez fréquemment. Dans Timmense mijonlf des cas cette anomalie n'a auoun inconvénient. On roitqoeh quefois le frein, plus court et plus large qu'à l'état normal s'étendre jusqu'au méat urinaire ; la verge, dans c^ deraifl cas, est comme bridée ; elle ne peut entrer complètement a érection, et, dans le coït, le méat urinaire est dirigé en lïa<?t en arrière, de sorte que le sperme, au lieu d'être lancé hit rorificc de l'utérus, est dirigé contre les parois du vagin. dot empêchement à la génération et par conséquent nécewitéde couper le filet, comme le dit A. Paré (I ). L'acte de la copulation est douloureux et provoque quelquefois la déchirare du frein ; il survient alors une hémorrhagîe qui s'arrête ordinairement d'elle-même et ne présente aucune gravité.

On remédie à ce vice de conformation par la petite opération suivante :

Le malade étant assis ou couché «ur le bord droit de m lit, le chirurgien se place à sa droite, découvre le gland, le saisit par ses côtés avec le pouce et le doigt indicateur de la main gauche, pendant qu'un aide tend le filet en tirant en bas et an peu en arrière. Le chirurgien enfonce alors dan? ee pU, de droite à gauche, un bistouri étroit, dont le dos efl tourné on arrière ; et, en faisant agir en même temp< linstruraent d^arrière en avant, il coupe toute la partie du frein comprise entre son bord libre et l'endroit où le bistouri a été enfoncé. Il faut avoir soin de raser le gland pour n'y laisser aucune aspérité à la suite de l'opération.

Quelques chirurgiens préfèrent les ciseaux ; mais il est à craindre que le frein ne fuie devant eux : ce qui forcerait à faire l'opération en deux temps ; le bistouri vaut donc mieux.

(I) CEuvres d'A. Paré, édit. Malgaigue, l. Il, p. 460.

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