‹ Maladies chirurgicales du pénisChapitre 9 sur 80 · CORPS CAVERNEUX · texte numérisé non relu

CORPS CAVERNEUX

Les corps caverneux sont deux organes similaires, juxtaposés, constitués par du tissu érectile ; ils forment en quelque sorte la charpente de la verge : c'est en effet à leur gonflement qu'est dû en grande partie le développement que présente la verge dans l'érection. Ils s'étendent de la tubérosité ischiatique, où prennent attache leurs racines, jusqu'à la base du gland dans lequel ils s'enfoncent. Séparés à leur

• PflELDICIAIHBS.

fNÎgine. les corp^caveminix suhr^it la branche axîcendante dp risehion josqn'an nivean de la «ymphy^e pubienne, où ils se réantoâent à rorètfare ponr former La verge. Les corps caverneax présentent assex Taspect des deux canons d'an pistolet à deox coaps : ils sont assez sensblâoient aplatis de baat en 1ms ; de leor jaxtapostkm résultent deux depn?»ons parallèles et en quelque sorte adossées, destinées à recevoir, Tone. la supérieure, les prinripanT vaisseaiix da pénis : l'antre, Tarèthre. Leur volume diminue un peu à leur extrémité antérieure, sans cependant être fuaforme comme leur raeme. Ken qu'indépendants pendant une partie de leur trajet et séparés par une cloison fibreuse dès qu'ils se trouvent accolés, les corps caverneux communiquent cependant entre esx assez largement par pluseurs oav^tnres percées dans cette cloison, surtout en avant.

Structure des et^rps caverneux. — Les corps caverneux sont constitués par un tissu composé d*une multituck de trabéeules fibreuses, se croisant en tous sens et se fixant à la tunique fibreuse qui sert d>nveloppe aux corps caverneux et fournit leur cloison. Ce tissu, appelé jpoa^ieiu: à cause de son aspect, est un mélange de fibres celluleuses, de fibres élastiques et de fibres musculaires lisses. L'utilité physiologique de leor association se comprend aisément : les cellnleuses et les élastiques permettent au corps caverneux de se laisser distendre et lui font reprendre son volume primitif; les fibres lisses sont destinées à relâcher ou resserrer les parois des petits vaisseaux qui s y trouvent en si grand nombre. Nous reviendrons plus tard sur ces derniers.

URSTHRE ET OLAIII).

Divisions. — L'urèthre a été divisé en plusieurs portions, suivant les divers tissus ou régions avec lesquels il est en rapport» Ainsi , on distingue une portion spongieuse^ qui 9*étend du méat au cul-de-sac du bulbe; une portion musculeuse ou membraneuse, qui va du bulbe au sommet de la pro-

CONSIDÉRATIONB ANATOMIQOES SUR LE PÂNIS. S

state, et une portion prostatique ^ qui fait suite à la précédente et atteint le col de la vessie. On a proposé de ne diviser Turèthre qu*en deux parties, Tune pénienne et l'autre périnéale. Toutes ces divisions sont aussi rationnelles les unes que les autres : toutefois la première nous semblerait préférable, parce qu'elle est plus chirurgicale qu'anatomique.

Etendue, — Quelle est l'étendue de l'urèthre ? Les auteurs, anatomistes et chirurgiens, sont fort peu d'accord sur cette question, et leurs divergences tiennent uniquement à la variété des procédés employés pour cette mensuration. Nous ne pouvons ici entrer dans les détails, ni discuter les procédés et leurs résultats. De l'étude comparée des documents sur cette question, ainsi que de nos propres recherches, nous pouvons déduire les données suivantes : dans l'état de flaccidité du pénis, l'urèthre a une longueur moyenne de 14 à i6 centimètres ; dans l'érection, il peut acquérir de 20 à 22 centimètres. Les mêmes variations se présentent pour déterminer la longueur relative de chacune des trois portions énumérées plus haut. Toutefois on admet généralement que la portion spongieuse occupe les trois quarts de la longueur totale de l'urèthre, et que la portion prostatique a une longueur double et quelquefois triple de celle de la région membraneuse. 11 est à peine besoin d'ajouter que, le tissu de l'urèthre étant très-extensible, les tractions que Ton exerce sur la verge suffisent pour modifier notablement les dimensions que nous avons indiquées.

Direction, — Il en est de la direction comme de l'étendue : le désaccord entre les auteurs tient aussi à la façon dont on étudie l'urèthre, à l'inclinaison du bassin, etc. Tout le monde cependant admettra dans l'urèthre une portion mobile et une portion fixe, cette dernière s'étendant de l'angle du pénis, situé au niveau du ligament suspenseur, jusqu'à la vessie. La portion mobile étant à peu près rectiligne, on comprend qu'en l'élevant sufflsanmient^ on puisse arriver à la mettre en continuité de direction avec la portion fixe. Toutefois ces deux parties ne peuvent former une ligne rectiligne bien ré-

• FRÉLIMIlfAIBES.

gnlière, attendu que la partie postérieure de l'urèthre décrit une courbe très-sensible dont la concavité regarde en haut et un peu en avant. Somme toute, on peut, sans adopter complètement Topinion d^Amussat, reconnaître que Turèthre, quoique rectiligne d'abord et curviligne ensuite, est susceptible de prendre une direction à peu^près tout à fait rectiligne, et cela se constate tous les jours par la facilité avec laquelle le canal admet et garde sans inconvénient des sondes droites rigides, sans qu'il soit besoin de Taider ea tirant à soi la verge, manœuvre qui ne paraît pas avoir pour effet de diminuer notablement la courbure de la portion périnéale.

Calibre. — Le canal de Turèthre présente un calibre trèsirrégulier, ou plutôt une série de coarctations et de dilatations, se succédant les unes aux autres. Ainsi, en conunençant par Textrémité libre du canal, nous trouvons :

1* Un rétrécissement au méat ;

2* Une dilatation au niveau du gland, à laquelle on a donné le nom de fo$$e naviculaire;

3® Une partie rétrécie entre le gland et le bulbe ;

4* Une deuxième dilatation au niveau du bulbe , désignée sous le nom de cul-de-iac du bulbe;

5® Un rétrécissement au niveau de la portion membra^ neuse ;

6® Une autre dilatation à la région prostatique ;

7* Une dernière partie rétrécie, qiii n*est autre que le col de la vessie.

Chez la grande majorité des sujets, les choses se passent ainsi. Toutefois il est important de noter que la région prostatique et la région du col vésical sont, au point de vue du calibre, un peu en raison inverse de Tâge, c*est-à-dire que plus on avance en âge et plus le calibre de la région prostatique l'emporte sur celui de la région du col vésical ; le contraire a lieu chez les jeunes sujets, sur lesquels cette dernière peut être plus large que l'autre. Quoi qull en soit, la portion la plus rétrécie du canal chez la plupart des individus, c'est

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la région membraneuse, de même que la région prostatique est généralement la plus large. Du reste, de même que nous avons vu Turèthre 8*étendre considérablement par la traction, de même son calibre est susceptible aussi de se dilater proportionnellement dans ses diverses régions, sauf au niveau du méat, lequel est tcès-peu extensible. C'est au niveau de Tunion de la portion spongieuse avec la portion membraneuse que se trouve le collet du bulbe^ formé par une bride musculofibreuse; au-dessous du collet existe une légère dépression ou cul'desac du bulbe, contre lequel vient très-souvent buter le bec de la sonde, et qui par ce fait se trouve assez fréquemment le point de départ de déchirures et de fausses routes»

Structure de Curèthre. — Dans sa portion spongieuse, Turèthre est enveloppé du corps spongieux, qui forme sa charpente, et dans lequel il est en quelque sorte creusé, mais de manière que la couche supérieure du tissu spongieux soit beaucoup moins épaisse que la couche inférieure. Le corps spongieux de Turèthre est terminé à ses deux extrémités par un renflement, dont Tun, le postérieur ou bulbe, est situé au-dessous du canal, tandis que le renflement antérieur ou gland se trouve au-dessus ; ce qui explique pourquoi Taxe du pénis n'est pas complètement parallèle à celui du canal uréthral.

Le gland, expansion terminale du corps spongieux, ne présente rien de bien particulier à signaler. Le développement qu'il parait avoir extérieurement au niveau de sa base est un peu fictif, attendu que l'extrémité arrondie de chaque corps caverneux pénètre assez avant dans sa substance, ou du moins dépasse très-sensiblement le plan qu'on mènerait par cette base. Le gland est maintenu en connexion avec les corps caverneux au moyen d'un tissu cellulaire très-dense. Des vaisseaux établissent une communication assez large entre ces divers organes. Ajoutons encore que la muqueuse n'offlre point de glandes.

Le bulbe présente cette analogie avec les corps caverneux, qu'il est séparé en doux parties égales par une cloison fibreuse

fonnée par un prolongement de la tunique albuginée qui l'enveloppe.

La structure du tissu spongieux de Turèthre est à peu près la même que celle des corps caverneux. Les différences qu'on signale sont de peu d'importance : ainsi, d'après Frey, son enveloppe serait plus mince, ses capillaires plus étroits et ses trabécules plus délicats.

La portion membraneuse est appelée aussi musculeuse, à cause des muscles importants avec lesquels elle se trouve en rapport. C'est la région la plus étroite du canal ; c'est également le siège le plus fréquent des spasmes de l'urèthre, qui rendent parfois le calhétérisme fort difficile et même momentanément impossible. La portion membraneuse de l'urèthre est en rapport par sa face supérieure avec le muscle de Wilson et le plexus de Santorini ; en bas, avec la couche musculaire qui la sépare de la partie inférieure du rectum, c'est-à-dire avec les muscles bulbo-caverneux, transverse et le sphincter externe de l'anus. C'est dans cette couche musculaire que se trouvent les glandes' bulbo-uréthrales qui occupent l'angle formé par l'union du bulbe avec lé corps de l'urèthre et dont le conduit excréteur, long de 25 à 35 millimètres, s'ouvre dans la portion spongieuse du canal.

Je ne parlerai pas de la portion prostatique de l'urèthre ni de la prostate, organe dont la description ne peut se séparer de celle de la portion correspondante de l'urèthre. L'étude de cet organe et de cette région intéresse spécialement les maladies des voies urinaires, qui n'entrent pas dans le cadre que je me suis tracé et dont je no m'occuperai dans ce livre que tout à fait accidentellement.

Structure générale de la muqueuse. — La muqueuse uréthrale est constituée par deux couches, l'une épithéliale, et l'autre, la plus importante, élastique. Cette dernière se compose d'une quantité considérable de fibres élastiques qui se croisent dans tous les sens, et qui s'unissent avec la couche sous-jacente, formée de faisceaux de fibres lisses longitudinales et offrant une épaisseur d'environ un demi-millimètre. La prédominance

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des fibres élastiques dans la maquease rend compte de sa grande extensibilité en même temps que de son pouvoir ré« tractile.

La muqueuse présente sur toute la longueur de sa face interne un grand nombre d*orifioes dont les plus larges peuvent donner au rebord muqueux qui les entoure Tappcu'ence d*uii repli valvulaire : ces petits pertuis ne sont autre chose que les oriflces excréteurs des petites glandes disséminées dans la couche musculaire sous-muqueuse. Parmi ces glandes, celles de Littre sont les plus connues. Il est utile de se rappeler que ces foramina^ comme les appelait Morgagni, assez larges parfois pour admettre et par conséquent arrêter Textrémité des bougies de fin calibre, se trouvent situés principalement à la paroi supérieure du canal.

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