E. Melchnikoff, Zool. Anz., 1S80, p
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vaux de De Bary sur VIsaria farinosa, s'est mis à la recherche d'un champignon parasite du hanneton des blés (Anisoplia austriaca) qui faisait alors beaucoup de ravages dans les provinces méridionales de la Russie.
M. Metchnikoff ne tarda pas à trouver des larves atteintes et tuées par divers parasites et principalement par une « muscardine verte » qu'il appela d'abord Entomophthora anisopliœ et ensuite, son attention ayant été attirée par le professeur Gienkov^ski sur la ressembUmce de sa muscardine avec les Isarite, Isaria destructrix.
Peu de temps après, il trouva la même maladie causée par la muscardine verte sur un autre insecte, le Cleomis punctiventris qui ravage les champs de betteraves. ^
M. Metchnikoff est arrivé promptement à cultiver sa muscardine sur des milieux nutritifs artificiels et notamment sur du moût de bière stérilisé et à infecter avec les spores provenant de ces cultures les Anisoplia et les Cleomis, ces derniers à tous les états de leur développement.
Pour obtenir ces spores en grande quantité, M. Cienkowski procédait d'une autre façon : il plaçait les chenilles infectées par le champignon dans des boîtes d'une certaine grandeur, remphes avec de la terre et, à mesure que les chenilles mouraient, il en introduisait de nouvelles. Puis il mélangeait la terre avec les cadavres desséchés et pulvérisés, et de cette façon chaque particule de terre renfermait une grande quantité de spores de muscardine verte (terre de muscardine, poudre de champignons). C'est cette poudre qu'il répandait dans les champs pour infecter les larves des hannetons du blé.
Cienkowski admettait que, pour obtenir un résultat satisfaisant, il faudrait couvrir la terre d'une couche continue de spores. D'après ses calculs et ceux des professeurs De la Rue et Saikewitch, il faudrait environ 90 Htres de spores pures ou le double, soit 180 Htres, de terre muscardinée pour un hectare.
En 1884, M. Krassilstchik, de l'Université d'Odessa, a mis à profit les travaux de Metchnikoff et de Cienkowski pour fonder, avec le concours de quelques propriétaires intéressés, un laboratoire à Sméla, près de Kieff, dans le but de produire en grand des spores de muscardine verte et de les répandre sur les champs envahis par les Cleonus.
Ainsi que l'indique M. Le Moult dems sa communication à l'Académie des sciences de 1890, ce laboratoire a fonctionné pendant 4 mois et a produit 55 kilogr. de spores. Ces spores ont été répandues dans les champs à raison de 8 kilogr. par hectare, elles ont déterminé la destruction des insectes dans la proportion de 55 à 80 p. 100. — Tous les frais de cette opération ne dépasseraient pas 10 fr. à l'hectare.
t Après que l'usine que j'avais construite à Sméla, dit M. Krassilstchik dans une lettre adressée à M. Giard et publiée par M. Le Moult, eut démontré à tous que la production industrielle des parasites végétaux est devenue un fait accompli et que les essais que j'ai faits en plein champ, bien que sur une échelle restreinte, eurent prouvé Faction mortelle du parasite sur le Cleotius, quelques-uns de nos cultivateurs de betteraves se sont résolus à construire une plus grande usine afin de produire assez de spores pour faire un essai sur une vaste échelle. Il s'agissait de poursuivre ces essais pendant deux ans et^ si le résultat en était favorable, on n'aurait qu'à élargir les dimensions de l'usine qui deviendrait alors l'usine définitive. Cette résolution une fois prise, je me suis mis à | l'œuvre. L'usine de Sméla fut fermée; un endroit fut choisi où le Cleonus est toujours en abondance. Le devis de la construction de l'usine que j'ai fait fut adopté et les fonds nécessaires furent accordés par un groupe de dix cultivateurs de betteraves qui voulaient être les fondateurs de l'entreprise. Toute l'affaire semblait alors mise dans la bonne voie et il ne nous restait plus qu'à aborder l'exécution de notre dessein.
(( Mais voilà que tout d'un coup une crise vint éclater sur notre production de sucre provoquée par une surproduction des betteraves.
« Dans ces conditions, et vu la disposition des esprits, aucune raison ne se présentait de déclarer la guerre au Cleonus, »
En résumé, les travaux et les expériences des savants russes ont montré qu'il est possible de trouver sur les insectes qui envahissent en grand nombre les champs cultivés, des champignons parasites qui les détruisent et que ces champignons peuvent être cultivés sur des milieux nutritifs artificiels et, pour ainsi dire, fabriqués industriellement.
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Maladies contagieuses : « Sporotrichum globuliferum », (( Empusa aphidis » et « Micrococcus insectorum ».
Leur application à la destruction du « Chinch bug » (Blissus leucoplerus, Say, punaise des blés) aux États-Unis d'Amérique,
Le Chinch bug a été signalé pour la première fois en Amérique en 1781 dans la Caroline du Nord. Depuis, à mesure que s'étendaient les terres cultivées, cet insecte s'est répandu dans tous les autres États, en ravageant les céréales et quelques légumineuses.
En 1850, William le Baron écrivait dans le Prairie Farmer : « il est peu probable qu'on trouvera jamais un moyen préventif ou destructif pour arrêter la dévastation causée par ces insectes. » Eneft'et, aucun des moyens chimiques ou mécaniques employés jusqu'à ces derniers temps n'a donné de résultats appréciables.
En 1891 , le gouvernement de l'État de Kansas a chargé M. T. H. Snow, professeur à l'Université de Lawrence, d'installer, auprès de cette université et de diriger une station expérimentale ayant pour but « de propager les maladies contagieuses ou infectieuses qui sont supposées pouvoir détruire les Chinch bugs ». Cette station a été installée en mars 1891 ; enavril 1892, M. Snow^ publia son premier report, un travail admirable de précision, dans lequel il refait l'historique des études antérieures des maladies contagieuses des insectes aux États-Unis, décrit en détail ses méthodes de recherches et la manière de procéder pour répandre la contagion dans les champs, et enfin, indique les résultats obtenus en appuyant ses conclusion^ par plusieurs centaines de rapports envoyés par les cultivateurs qui ont appli(iué les procédés préconisés par lui.
Une carte de l'État de Kansas indiquant les points et les régions traitées et les résultats obtenus complète ce travail remarquable à tous les points de vue.
Suivant les notices bibliographiques contenues dans l'ouvrage de
1. F. H. Snow, Report of the Exp. Stat. of Kansas. Lawrence, 1892 et t893.
M. Snow', la première observation d'une épidémie bien caractérisée parmi les Chinch bugs a été faite par M. Henry Shimer en 1865. (Proceedings of the Acad. of hatn. se. of Philadelphia, vol. XIX, 1867, p. 75-80.)
16 juillet 1865. — Dans les parties basses et humides des champs, on trouve un grand nombre de larves mourantes sans cause apparente.
22 juillet. — Grand nombre de jeunes insectes morts, la maladie s'étend des terrains bas sur les collines.
28 juillet. — On trouve partout des insectes mourants et morts à tous les stades de leur développement.
8 août. — La plupart des Chinch bugs (stade imago) détruits. L'extension de la maladie est plus rapide que celle du choléra asiatique parmi les hommes. Il reste un insecte vivant sur mille de ceux qui étaient encore vivants et bien portants en juin.
13 septembre. — Trouvé, après une journée de recherches, seulement deux larves et quelques imago vivants dans toute la région précédemment envahie par les Chinch bugs.
En 1866, au printemps, il a été impossible de trouver un seul insecte vivant; pendant les récoltes, on a trouvé en tout quelques spécimens dans les localités précédemment envahies.
M. Shimer n'a pas pu déterminer les causes de cette épidémie, il dit en terminant : « Les maladies contagieuses sont les agents de destruclion de beaucoup les plus importants et les plus actifs dans la lutte contre les animaux nuisibles. »
D'autres épidémies ont été signalées depuis par plusieurs naturalistes américains, sur plusieurs espèces d'insectes.
M. Cyrus Thomas {U. St. Dep. ofinterior, Bulletin de l'année 1879) signale une destruction des mouches domestiques en 1849 par une épidémie due à un champignon ; en 1872 il a observé une épidémie parmi les criquets dans les Étals de Minnesota, Dakota et lowa ; en 1877 une destruction complète de la larve des Caloptenus sprelus.
M. S. A. Fortes^ St. ent. de l'Illinois, a cherché le premier à connaître les causes et les agents actifs de ces épidémies.
Aidé dans la détermination des microbes trouvés par M. T. J. Bur-