Ibid, p
? Reports of the Illinois State Entomologist, 1882 à 1892.
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rill, professeur de botanique et de bactériologie à l'université d'IUinois, M. Forbes a publié entre 1882 et 1892 une série de travaux sur cette question. Il a reconnu que les maladies observées chez les Chinch bugs sont causées par trois microbes différents, deux champignons entomophytes : une Entomophtorea (Empusa aphidis), un Botrytis ou Isaria {Sporotrichum globuliferum) et une Bactériacée, le Micrococcus insectorum. Il a reconnu ensuite que ces trois microbes peuvent être cultivés sur des milieux nutritifs artificiels, liquides et solides, et peuvent infester plusieurs espèces d'insectes.
Ayant reçu de M. R. Thaxler une culture de Sp. globuliferum sur gélose prise sur une larve de Copipanolis vernalis, il a réussi à infecter avec les spores provenant de cette culture des Chinch bugs, des imago de Cecropia, des Aphis et d'autres pucerons et des Tentredines.
« Il semble démontré, dit-il, que le Sp. globuliferum est un entomophyte capable d'atteindre beaucoup d'espèces d'insectes vivants, à tous les états de leur développement, que son action commence à se manifester deux jours après l'infection, mais que la formation des spores mûres demande 9 à iO jours. La maturité complète des
spores est nécessaire pour atteindre les insectes vivants L'action
de ce champignon ne devient manifeste que quand son développement et son extension rapides sont favorisés par un ensemble de conditions météorologiques et entomologiques convenables. »
En 1888, le D' Otto Lugger {Bulletin 4 ofihe Univ. of Minnesota Agr. Exp. St.) signale la destruction complète des Chinch bugs qui ont envahi les cultures du champ d'expériences de la station, par une épidémie naturelle due au Micrococcus insectorum et à une Enthomophtorée.
Des spécimens malades et morts de ces maladies ont été envoyés et distribués dans plusieurs fermes du sud du Minnesota ; partout il s'en est suivi une disparition complète des Chinch bugs.
Dans la même année (1888) M. F. M. Webster {Bulletin 22, Div. Eut. U, St. Dep. ofAgr.) a fait une série d'expériences sur les conditions de l'infection des Chinch bugs en plein champ. Il a noté que, par un temps humide et doux, l'épidémie s'est étendue en 18 jours à un quart de mille du point initial.
C'est aussi en 1888 que M. Snow a commencé à s'occuper de cette question.
II a reconnu que les trois maladies des C/iinch bugs qu'il trouvait constamment dans les champs et dans ses cultures de laboratoires étaient dues au Micrococcus msectorum, à une muscardine grise, VEmpusa aphidis, et à une muscardine bîanche considérée par M. Thaxler comme une Isaria, mais qu'il considère plutôt comme un Trichoderma ou un Sporolrichum et qu'il assimila en définitive au Sporotrichim globuliferum Spegazzini.
Après une série d'expériences au laboratoire et dans les champs, poursuivies pendant trois ans, M. Siiow a adopté, pour détruire les Chinch bugs, la méthode suivante :
Après avoir fait ramasser dans un champ précédemment traité 10000 Chinch bugs morts infectés, il s'est procuré ensuite environ 20000 de ces insectes vivants et bien portants qu'il a enfermés dans une grande cage et infectés en y jetant un certain nombre de Chinch bugs muscardinés du lot de 10 000 précédemment ramassés.
Ensuite, il a installé un certain nombre de « vases à infection » dans lesquels il traitait les insectes qui lui étaient adressés par les cultivateurs.
Ayant fait ainsi une provision suffisante d'insectes infectés, il a fait annoncer qu'il tenait à la disposition des cultivateurs intéressés des Chinch bugs infectés pouvant servir à la propagation de l'épidémie dans les champs envahis par ces insectes et en envoyait un certain nombre à tous ceux qui lui en faisaient la demande. Chaque envoi était accompagné d'une note ainsi conçue : « Je vous adresse une petite boîte conlenant quelques Chinch bugs infectés et vous prie de les employer suivant les instructions ci-dessous indiquées et de m'annoncer les résultats que vous aurez obtenus.
« Mettre dans un récipient les insectes envoyés avec 10 ou 20 fois autant de Chinch bugs bien portants et les laisser ensemble pendant 36 à 48 heures. Ensuite jeter les morts et les vivants dans les champs à traiter. Suivre de près et noter soigneusement les résultats appréciables.
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« Les Chinch bugs doivent commencer à mourir dans les champs 5 jours après la distribution des insectes infectés.
« Je vous prie de me faire parvenir un rapport aussi détaillé que possible sur la façon dont vous avez procédé. Je suis, en effet, très désireux de découvrir la meilleure méthode de propagation de ces maladies. »
En procédant ainsi, M. Snow envoyait aux cultivateurs des lots de Chinch bugs dans lesquels il y avait presque toujours des spécimens atteints respectivement par l'un des trois microbes ci-dessus indiqués; de sorte qu'il y avait dans chaque lot les germes de toutes ces maladies, du Sporotrichum, de VEmpusa et du Micrococcus, et que, c'est la maladie dont le germe trouvait au moment donné les conditions les plus favorables à son développement, qui prenait dans les champs une importance prédominante et s'étendait le plus rapidement.
C'est ainsi, comme il ressort des rapports des cultivateurs, que, depuis le mois d'avril jusque vers la fin de juin, pendant un temps relativement frais et humide, c'est le Sporotrichum qui s'est développé le mieux et a donné les résultats les plus satisfaisants ; tandis qu'en juillet, août et septembre, comme le temps était sec et chaud et par conséquent peu favorable au développement du Sporotrichum, mais par contre très favorable au développement du Micrococcus \ c'est ce dernier qui a provoqué des épidémies de beaucoup les plus meurtrières et à marche beaucoup plus rapide que celles dues aux muscardines.
La muscardine grise (Empusa) n'a été signalée dans les champs que du 20 juin au 1*' août, mais jamais seule, toujours en ç^om^^gnie d\i Sporotrichum et àu Micrococcus.
Chacune de ces maladies et notamment celles causées par \e Sporotrichum et le Micrococcus se manifestent par un ensemble de caractères particuliers qui permettent de faire un diagnostic certain dès le début de l'infection.
Sporotrichum.—L^ maladie causée par la « muscardine blanche » commence à se manifester 2 à 4 jours après l'infection. Les Chinch
1. Voir Schmidt : Die Nonne (Liparia monacha), etc.. Ratibor, 1893.
hiigs encore vivants quittent les plantes sur lesquelles ils vivent et montrent des signes d'inquiétude en courant rapidement et sans but de place en place. Le jour suivant ils deviennent paresseux et cherchent à fuir la lumière et la chaleur en se cachant sous les mottes de terre, sous la paille, ou en se réunissant dans les endroits ombragés et humides. Du 6' au 8» jour on commence à trouver des Chinch bugs comeris de moisissure. Dès ce moment l'épidémie se propage très rapidement.
Micrococcus. — Les Chinch bugs atteints par le Micrococcus se réunissent sur le sol en groupes et s'attachent les uns aux autres de façon à former des grappes plus ou moins volumineuses'. Celte maladie, véritable choléra des insectes, est plus prompte dans ses effets et son extension plus rapide et plus intense que celles causées par les muscardines.
En 1891, 2 000 cultivateurs environ ont eu recours au procédé de M. Snow pour détruire les Chinch bugs. De ces 2 000 cultivateurs, 1 400 lui ont adressé des rapports détaillés, dont 1 071, soit 76.55 p. 100 accusent des résultats complètement satisfaisants, 147, soit 10.51 p. 100, des résultats douteux, et 181, soit 12.94p. 100, des résultats négatifs.
En 1892, on a opéré dans 3500 fermes différentes. Sur ces 3 500 cas M. Snow a reçu 1 732 rapports dont 1 044, soit 67.9 p. 100, accusent des résultats complètement satisfaisants, 120, soit 7.8 p. 100, douteux, et 372, soit 24.3 p. 100, négatifs.
En résumé, M. Snow a obtenu sur 3132 cas contrôlés, 2 115 succès (destruction complète des insectes nuisibles). Des expertises officielles ont permis d'évaluer que les récoltes sauvées de cette façon représentent une valeur de 1 520 675 fr. et que ce résultat a été obtenu au prix d'une dépense totale de 19150 fr., ce qui représente pour chaque cultivateur, en moyenne, une plus-value en récoltes de 745 fr.
Ce sont là des résultats indiscutables; les maladies contagieuses propagées d'une façon rationnelle ont seules eu raison d'un insecte qui ravageait les récoltes des Étals-Unis depuis plus d'un siècle et contre lequel tous les autres moyens employés sont restés impuissants.
t. Voir Schmidt : Die Nonne (Liparia monacha), etc.. Ratibor, 189g.
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