SÉBORRHÉE FLUENTE DU VISAGE
La séborrhée fluente du visage est un état chronique qui a ses symptômes avant-coureurs, son apogée, sa décroissance.
Dans ses formes les plus accusées, elle se remarque plus souvent chez les jeunes filles. Et c’est là un fait remarquable : la séborrhée du visage chez la femme s'oppose à la calvitie, maladie mâle. On peut dire que la séborrhée fluente du visage est aux jeunes filles, avec moins de fréquence toutefois, ce que la calvitie du vertex est aux jeunes hommes.
Elle se développe sur l’adolescente immédiatement après l’âge neutre, à l’âge où l’établissement sexuel est constitué, mais non pas la nubilité proprement dite.
Les victimes sont des jeunes filles de douze à quinze ans aux cheveux abondants. Leur peau est trop blanche et trop rose, d'un ton rose lilas caractéristique. Chez elles, au visage, le tégument présente une sorte d’infiltration molle, les joues paraissent gonflées, épaissies, presque œdématiées, et pincées, gardent l’empreinte du doigt.
Le nez est rond et gros, il manque de forme esthétique, de plans et d'arêtes.
La lèvre supérieure est épaissie et proémine sur la lèvre inférieure. L'inférieure est éversée et montre une trop large surface de sa muqueuse rouge.
Le cou lui-même est empâté, trop gras. La palpation y découvre souvent des chapelets de ganglions, dont la grosseur pourrait presque faire penser à la polyadénite des strumeux.
L’ensemble est de ce qu'on appelait autrefois le lymphatisme floride , dissimulant sous des apparences de santé éclatante et un teint frais, une sourde propension aux maladies exsudatives et gourmeuscs. Beaucoup de ces enfants ont eu de l’impétigo jadis.
SÉBORRHÉE.
Vers l'Age dont nous parlons, cl peu à peu, la texture de la peau devient grossière et sa surface luisante.
Cette transformation est visible d’abord autour du nez et couvre un espace elliptique dont le grand axe vertical va du sommet du front au menton et dont le plus petit axe transversal n’a pas 4 centimètres de large. Sur cette surface s’accusent les symptômes séborrhéiques, et l’enduit qui recouvre la peau prend de plus en plus d’épaisseur et de consistance. C'était d'abord comme une mince couche de glycérine, puis l’exsudât est devenu compact et cérumineux.
Ensuite, la surface infectée grandit, elle envahit tout le front avec deux points maxima qui sont latéraux, symétriques, sus-sourciliers. Puis les pommettes et les joues sont prises, le menton et le dessous de la lèvre inférieure, la conque de l’oreille pareillement.
Alors la maladie, vers seize ans, dix-sept ans, a pris son aspect caractéristique. C'est bien vraiment la séborrhée Jluenle, Yacné sébacée fluente de Bielt et Rayer , la sëborrhœa oleosa de Ilebra. Le front, le nez, les joues sont couverts d'un enduit épais qui ressemble à de la cire molle. C'est une couche onctueuse, presque solide, recouvrant un épiderme sain, mais trop rose, et d’autant plus rose que l’exsudât l’a plus longtemps recouvert sans être enlevé.
Avec le doigt, coiffé d'un linge fin, on peut aisément débarrasser le tégument de cette production ; on découvre alors une peau dont tous les pores sébacés sont extraordinairement dilatés.
La peau ressemble à l’écorce d’une orange mandarine; elle est criblée de trous. Chacun de ces orifices n'est pas à fleur de peau, mais en retrait sur elle. Entre chacun de ces pores, la peau fait une saillie légère; à la loupe, on dirait une draperie capitonnée (').
(') En d’autres cas moins nombreux, la peau grosse ne présente pas ses orifices pilaires en retrait mais en saillie, avec une petite acumination rappelant celle de la kératose pilaire. Ce sont des cas presque toujours et très vile compliqués d’acné polymorphe, dont ces saillies acuminées semblent être le loid premier rudiment.
Cette lésion hyperkératosique du sommet du follicule, qui peut ainsi exister dès la phase séborrhéique jluenle, montre ce que nous aurons tant
ÉTUDE SYMPTOMATIQUE GÉNÉRALE.-
Les orifices pilo-sébacés, distendus, sont remplis de la matière jaune, dont l’effusion faisait la croûte grasse enlevée. L’expression de la peau en fai L sourdre à la fois de tous les pores le cylindre gras vermiforme, caractéristique de la maladie.
Aux points où siégeait l’exsudât concret, les pores sébacés ont plus d’un millimètre de diamètre. Et cette dilatation est un symptôme régional, plus marqué au centre de la région où l’exsudation grasse était a son comble. A mesure qu’on examine la région sur un point plus distant de ce centre, on trouve ce symptôme moins prononcé, jusqu’à ce que, au voisinage des régions indemnes, l'orifice pilo-sébacé reprenne ses dimensions normales presque nulles et son orifice à peine visible.
L’exsudation séborrhéique qui recouvrait cette peau est un phénomène continu. Après une demi-heure, cette peau savonnée est redevenue luisante ; après une heure, elle semble couverte de cold-cream.
Chez les jeunes filles, les époques peuvent donner à l'effusion sébacée des paroxysmes mensuels plus accusés ; les saisons chaudes accentuent encore le flux sébacé, que l’hiver diminue un peu.
Ainsi se présentent, avec une laideur extrême, des visages jeunes, à l’àge où la plus grande beauté est possible, et qui étaient charmants l’an passé. A ce degré, la séborrhée fluente constitue une maladie d’une ténacité déplorable.
Son évolution est lente de son début à sa fin. On en a remarqué les premiers symptômes à douze ans; elle est parvenue à son maximum deux ans plus tard. Elle durera ainsi cinq et six ans et davantage, en s’atténuant lentement et en changeant le plus souvent d’aspect extérieur, sous l’influence des infections surajoutées.
En ses formes les plus accentuées, et au moment de son plein développement, la séborrhée est pure , rarement déformée ou compliquée. Mais dans les formes moins prononcées,
d’occasions de redire, combien les processus hyperkéralosiques sont fréquemment liés à la séborrhée bien qu’ils n'en fassent pas partie essentielle.
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SEBORRHEE.
ou quand les formes graves s’atténuent spontanément, des complications surviennent très souvent. Ce sont ordinairement, soit 1' 11 ne soit l’autre forme, soit toutes les formes de 1 ' a c n é p o 1 y m o r p h e .
La séborrhée du visage, dont nous venons de décrire les formes les plus marquées, peut se présenter avec un bien moindre développement. 11 en existe des formes localisées à une seule quelconque des mêmes régions qui sont simultanément malades dans les formes graves.
On voit des jeunes gens présenter exclusivement la localisation frontale ou sus-sourcilière de la maladie, ou la localisation aux deux pommettes surajoutée à une congestion bi-malaire permanente (vespertilio). Ce sont des formes qui voisinent avec certains lupus érythémateux.
On voit encore plus souvent la localisation au nez tout entier ou au dos du nez, au lobule, aux ailes du nez, ou au sillon naso-génien. Ce sont ces dernières formes qui sont les plus fréquentes. A ce degré de localisation et avec une intensité faible, elles sont presque communes à tous les adolescents .(séborrhée juvénile) (*).
(‘) La fréquence de la séborrhée juvénile a empêché beaucoup d’auteurs de considérer ses formes bénignes comme vraiment morbides. Certains auteurs aujourd’hui même s’appuient sur le rapport certain du développement génital et du développement séborrhéique pour dénier au microbacille toute valeur causale.
Jacquet dit par exemple (Nature et traitement de la pelade. Ann. de dermat., 1900, p. 944) : « Le fonctionnement des glandes sébacées est extrêmement actif chez le fœtus dès le cinquième ou sixième mois, et coïncide avec une poussée pilaire active entremêlée de chute.
« Dans les derniers temps de la vie intra-utérine, un enduit gras revêt certaines régions (face, partie supérieure du tronc); les pores sébacés, surtout à la face, sont larges et ponctuent de grains blancs le front, le nez, le menton, les lèvres. On peut, par la pression entre les ongles, faire sourdre de chacun de ces orifices un cylindre gras vermiforme. Ce développement semble parallèle à celui de l’appareil génital et surtout de la glande mammaire qui n’est autre chose qu’un conglomérat de glandes sébacées ; chacun connaît la poussée fluxionnaire de ces glandes et la sécrétion lactescente qui l’accompagne chez le nouveau-né.
« Dès la première enfance, l’appareil génital, les mamelles et le système sébacé subissent parallèlement une véritable léthargie, qui cesse aux approches de la puberté; on voit alors survenir l’éveil génital, en même temps qu’une poussée mammaire se traduisant par la mammite pubérienne et par une fluxion séborrhéique avec réapparition fréquente des cylindres vermiformes; c’est une réviviscence de l’évolution embryonnaire, et pour la comprendre il n'est besoin de nul microbe. »
Il y aurait beaucoup à dire sur ce texte remarquable; beaucoup de vérités
ETUDE SYMPTOMATIQUE GENERALE