F U R F U RATION DIFFUSE SUR-SEBORRHEIQUE
Très fréquemment, lorsque l’on regarde de près la peau d’un visage séborrhéique, on peut voir que son épiderme corné
(*) Voir p. 154 cl 260.
ACNES.
n'est pas intact, et si l’on place en jour frisant la surface que l'on examine, on voit la peau hérissée d’une multitude de squamules très lines, qui accrochent la lumière; la peau est couverte d'un son ( fur fur ) léger, adhérent à elle.
Et si avec la main on frotte ce visage au-dessus d’un papier ou d’une glace noire, on voit que la friction en fait tomber des poussières plus fines que la sciure de bois la plus ténue.
Ce phénomène chez les séborrhéiques n’est pas exclusif au visage. 11 peut se reproduire en tous lieux. Un phénomène fonctionnel avertit de son existence, c’est la démangeaison, très légère, des régions atteintes.
Par elle-même la séborrhée n’est pas démangeante :
« Tout séborrhéique qui se gratte a la peau pelucheuse. » C’est là un fait constant, que le cuir chevelu montre encore avec plus d’évidence que tout le reste du corps.
Il est à remarquer que cette furfuration ne se produit pas sur les séborrhées assez intenses pour être huileuses. Les séborrhées fluentes du visage n’en montrent ordinairement pas de trace. De même quand le corps d'un séborrhéique rappelle un marbre huilé, aucune furfuration ne s’y retrouve.
Cette furfuration s’observe sur les surfaces séborrhéiques, qui au premier aspect sont demi-sèches, sur lesquelles on est obligé de rechercher l’élément séborrhéique, le filament gras, au moyen de l’expression de la peau entre deux ongles.
Dans ces cas le phénomène s’observe presque toujours, et avec plus d’intensité dans les régions chargées de poils que dans les régions glabres. Ainsi voit-on chez des séborrhéiques dont le visage présente une furfuration à peine perceptible à la loupe, le cuir chevelu et la barbe être remplis de pellicules parfaitement visibles et de même la région présternale fournir à la friction de la main une desquamation fine, abondante.
Ce phénomène de la furfuration sur-séborrhéique est très minime. C’est lui cependant qui donne la clef de beaucoup de phénomènes qui suivent, y compris au moins pour la plupart les formes déjà connues de nous de l’acné polymorphe vulgaire.
Si l'on recueille aseptiquemcnt les squamules de celle furfu ta t ion à peine visible à l’œil nu, qu’on en pratique l'examen microscopique et la culturê, on reconnaît que tontes sont le siège d’une incroyable pullulation d'un microbe étranger à la séborrhée grasse pure. Ce sont des cocci très ténus, dont on obtient la culture grise avec une invariable régularité en partant des squamules lïirfuracées recueillies. Et cette nouvelle infection superposée à la première est, elle aussi, à peu près absolument pure.
Ainsi voit-on, quasi sous ses yeux, se produire le phénomène le plus minime que puisse causer la pullulation susépidermique des hôtes les plus bénins de la peau. Je ne puis démontrer ici ce fait que j’ai étudié ailleurs : que le clivage des cellules cornées de l’épiderme est le trouble le plus minime que provoque le coccus butyricus. C’est lui qui est en cause ici invariablement (’).
Très vite sa pullulation, que la culture permet d’évaluer, est signalée par la furfuration. Très vite l’acné polymorphe vulo-aire lui fait suite; l'une et l’aulre m-êmement microbiennes.
Le staphylocoque à cultures grises, pullulant dans l’épiderme corné fait la squame, — pullulant au-dessous de l’épiderme corné, à l’orifice folliculaire, il fera du pus — il fera, nous le savons, la plupart des modalités de l’acné polymorphe banale. Les unes comme les autres de ces complications s’observent au cours des séborrhées d’intensité moyenne, dans lesquelles l’activité ralentie du flux séborrhéique permet l'intrusion des microbes d’infection seconde.