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ACNÉ HYPERTROPHIQUE

L'acné congestive surtout en ses formes localisées, aboutit

Fig. 47. — Acné hypertrophique du front.

pf, pli fissuraire entre les masses épiderme-dermiques hyperpiasiées (m/i). Remarquer plusieurs pustules acnéiques disséminées sur les joues.

à l’acné hypertrophique. Celle-ci n’est que l’exagération de la forme précédente. Tout le tégument hypertrophié, mollasse,

SÉBORRHÉE ET ACNÉS CONGESTIVES.

saillant, bosselé est labouré de plis profonds que la turgescence et le relâchement du derme expliquent. Toute la région est le siège d'une congestion passive qu'une compression localisée, poursuivie longtemps, diminue beaucoup.

11 est évident, au seul examen local, que le derme et l’hypoderme sont devenus un véritable tissu spongieux d’angiome diffus.

La localisation de cet état spécial peut être diverse. Nulle part il n’est plus fréquent et plus marqué qu’à T extrémité du nez. En ce siège se trouve quelquefois réalisée l’une des formes les plus étranges de l’acné congestive et hypertrophique : le rhinophyma.

Le rhinophyma. — Tout le monde a rencontré quelque exemple de cette affection indolore, mais d’aspect pitoyable.

Fig. 48. — Acné hypertrophique du nez. — Rhinophyma

C'est une maladie qui date souvent de l’âge moyen mais [qui s'accuse à partir de la cinquantaine. Le nez rouge, tomenteux, de peau épaisse, rugueuse, criblée de protubérances mamclonnaires, prend avec des dimensions énormes les formes les plus grotesques.

Au toucher, le nez atteint d’acné hypertrophique est froid,

ACNÉS.

l’expression fait sourdre de ses pores d’innombrables filaments jaunes, de tous calibres et d’une longueur indéfinie, sortant des pores comme d'une filière.

La surface de la peau est souvent pustuleuse et montre des kystes que l’expression peut vider, remplis de magmas caséeux, de sucs gélatinoïdes. Elle peut d’ailleurs présenter toutes les manifestations de l’acné polymorphe que nous connaissons déjà.

Je m’en voudrais de ne pas rappeler, en parlant de ces nez comiques, l’admirable et lyrique description qu’en fit Rabelais au second livre de Pantagruel, la voici :

« Es aultres, tant croissait le nez qu’il semblait la Hutte d’un alambic; tout diapré, tout estincellé de bubelettes, pullulant, purpuré, à pompettes; tout esmaillé, tout boutonné et brodé de gueules. »

Et Rabelais, malicieusement, ajoute : « De laquelle race peu feurent qui aimassent la ptisane, mais tous furent amateurs de purée septembrale. » Et ceci n’est pas vrai, car tous les affligés de rhinophyma ne sont pas des alcooliques, ni même de gros buveurs. Mais cette tradition s’est perpétuée. Elle n'est pas le moindre sujet d'affliction des malades qui en pâtissent.

En toutes ces formes dont nous venons de parler, l'hyperplasie, l’angiectasie, « l'hypotonie » des tissus marchent de pair avec le développement intense de la séborrhée.

On conçoit que les orifices sébacés subissent une dilatation et un relâchement proportionnel à celui de l’épiderme tout entier. La peau des malades semble donc criblée de coups de grosse épingle. La compression de la peau de l’acné hypertrophique amène l’issue de filaments vermiformes par tous les pores.

On s’aperçoit même de la transformation semi-kystique des glandes sébacées à ce fait que par un même orifice on fait sourdre un filament d’une longueur indéfinie. Ce n est que le magma caséeux d’un kyste sous-jacent, et non plus un filament séborrhéique organisé. C’est une matière pyoïde contenant des cristaux de cholestérine, des bacilles divers et de la graisse ayant subi la transformation butyrique.

COMPLICATIONS DES SÉBORRHÉES CONGESTIVES.

L’aspect filiforme n'est donné ainsi que par l’expression de la matière caséeuse à travers un orifice étroit.

Toujours ces états s'accompagnent d’une dégénérescence sur place des produits gras. La peau ne se défend plus contre l’intrusion de tous les micro-organismes des décompositions grasses.

On trouve ainsi dans ces kystes butyriques deux ou trois espèces de gros bacilles qui liquéfient la gélatine et ne sont jamais des parasites vrais de la peau de l'homme, mais des saprophytes vivant exclusivement de la matière grasse préformée. *

Ainsi trouve-t-on ces kystes déshabités souvent de l’infection microbacillaire. On peut y trouver même des spirilles incultivables.

Tous ces hôtes sont des parasites de second ordre, dont le pouvoir nocif paraît nul.

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