‹ Maladies de cuir cheveluChapitre 33 sur 89 · DEFINITION SYMPTOMATIQUE · texte numérisé non relu

DEFINITION SYMPTOMATIQUE

De toutes les médications expérimentées, j’ai constaté que les pommades sulfureuses, l’alcaloïde du jaborandi, les pétroles avaient une action sur les cheveux , mais pas sur la séborrhée....

Veuillez agréer, etc.

Employé de bancjue.

Ainsi le malade est âgé de trente et un ans. Sa calvitie a commencé il y a douze ans, donc à dix-neuf ans : âge absolu du début des calvities graves.

Elle a commencé par un pityriasis capitis. La majorité des calvities par séborrhée microbacillaire commence par un pityriasis sec sans alopécie; nous aurons lieu de revenir sur ce point.

Au moment où écrit le patient, le pityriasis du début a tout à fait disparu, la région malade a pris les caractères de Y acné sébacée fluente , sans acné ponctuée, sans pustules, sauf une ou deux croùtelles une fois ou l’autre. Le cuir chevelu est huileux incessamment, avec les mèches de cheveux collées de graisse. Il s’ensuit une calvitie du type sénile, mais autour de la région qui se dépouille, ce n’est plus de l’acné huileuse, c’est une crasse grasse (eczéma séborrhéique de Unna, pityriasis gras).

Les phénomènes d’exsudation grasse et sudorale s’exagèrent ensemble sous des influences que le patient a soigneusement observées.

Une plaque peladoïde du menton est survenue au cours de cette séborrhée.

Le malade ne retrouve pas de séborrhée au visage, mais ses sourcils sous lesquels il devrait mentionner de « l’eczéma séborrhéique » squameux, gras, s’éclaircissent. Enfin il tombe des poils de la moustache et de la barbe diffusément.

Pourrions-nous souhaiter d’un médecin une observation plus explicite et plus soigneuse?

Le malade prend garde de nous expliquer lui-même le pourquoi de sa curiosité «à s’observer, c’est qu’il est affligé d’une neurasthénie « incurable ».

Il attache ses angoisses et ses préoccupations deneurasthé-

nique è sa calvitie. Il s'observe par le menu. Rien ne lui échappe, pas même la furonculose acnéique des séborrhées chroniques que certains dermatologistes ont niée, mais (pie le patient a bien soin de mentionner, comme sa peladoïde séborrhéique du menton. Il a tout observé, même l’action des médicaments, dont les meilleurs ont agi sur le cheveu, non pas sur la séborrhée.

Notre malade, comme tout bon neurasthénique, est un coutumier de la littérature médicale. Il emploie les termes médicaux, d’ailleurs très exacts, mais avec une recherche d’autant plus grande : l’alcaloïde du jaborandi, l'otorrhée, le pityriasis, l'acné sébacée fluente, etc..., qu’il n’est pas médecin, mais employé de banque.

Avais-je raison de dire en commençant que c'était une observation modèle? Elle le demeure jusque dans le détail. Un neurologiste y trouverait un aussi parfait sujet d’étude de l’état neurasthénique, de ses phobies, et de la mentalité spéciale dont il s’accompagne.

C’est avec cet ensemble que se présente d'ordinaire à l’observation la maladie que je vais étudier maintenant.

ÉTIOLOGIE GÉNÉRALE DE LA CALVITIE

La calvitie n'est pas une maladie de cause simple et univoque comme la variole et la syphilis, c'est une maladie dont les causes générales et locales sont multiples. Nous étudierons l’un après l’autre les facteurs d’ordre et de valeur différents qui nous semblent avoir part effective à sa genèse et même ceux à qui l'on a prêté gratuitement un rôle causal qu'ils n’ont pas.

ÉTIOLOGIE GÉNÉRALE DE LA CALVITIE

Page 1