INTRODUCTION A L’ÉTUDE DES MALADIES SÉBORRHÉIQUES
se multiplieront avec l'âge. Les paysans la connaissent; avec la poésie profonde dont le peuple est dépositaire, ils en feront ces macabres « Heurs de cimetière » qui sont pour le médecin l’annonce des épithéliomas et des cancroïdes de l’âge ultime.
Ainsi comme le soleil règle les saisons, l’âge règle les évolutions morbides à la surface du milieu humain. Ainsi existe une pathologie cutanée de l'enfant, une autre de l’adulte, du vieillard, avec des variantes masculines et féminines pendant la durée de l’âge sexuel.
Combien ces quelques généralités si logiques et si simples éclairent les notions froides, sèches et stériles dont tant de livres médicaux sont remplis.
Le médecin ne trouve pas ces observations dans les lexiques, les manuels et les formulaires où on ne lui apprend que l'alphabet de la science qu'il exercera. Il n’est pas inutile pourtant qu’il existe des livres où ces observations générales soient consignées; et elles sont ici le préambule naturel de l’étude monographique qui va suivre.
La séborrhée, dont nous venons d'esquisser l’histoire, a revêtu bien des noms dans l’histoire dermatologique, comme elle peut cliniquement revêtir bien des formes, et tel est son peu de gravité apparente cependant, que beaucoup d’auteurs qui ont décrit par le menu ses complications, n’ont pas su distinguer ses symptômes propres élémentaires.
On trouverait des auteurs qui ont écrit sur les pityriasis simples du cuir chevelu, sur les eczémas séborrhéiques, sur les alopécies en général et en particulier, sur l’acné comédon, sur l’acné polymorphe et ses innombrables variétés, sans avoir su reconnaître la séborrhée, clef de voûte de tout ce système morbide.
Quand on étudie la dermatologie hors des livres, et sur le malade, on se rend compte aisément que dans une immense quantité de maladies du visage et du cuir chevelu de l’adulte, au-dessous de leurs signes particuliers et de leurs symptômes propres existe le f lux sébacé , et que dans les complexus morbides dont fait partie ce symptôme, c’est le plus souvent lui qui est le premier en date.
SEBORRHEE.
Avanl d'éludier toutes les affections secondaires qui peuvent venir se superposer à la séborrhée, et en altérer plus ou moins les symptômes, n’est-il pas logique d’étudier celle-là d’abord sur laquelle tant d’autres viennent se greffer et de laquelle tant d’autres procèdent.
On doit toujours supposer la lecture de ce qu’on écrit trop aride ou trop longue pour que tout lecteur puisse vous suivre jusqu'au bout dans l’étude d’un sujet complexe, entreprise.
C’est pourquoi il faut commencer par les notions les plus simples et les plus nécessaires, et en marquer les contours principaux d’une façon claire et ineffaçable.
Le médecin qui parmi toutes les maladies du cuir chevelu et du visage ne connaîtrait que celle-là, mais la connaîtrait à merveille, ferait déjà de la thérapeutique excellente.
La connaissant, elle, la première, il serait à même de compléter par son observation journalière et celle des autres son éducation en la matière, en ajoutant dans le cadre simple qu’il aurait d’abord tracé, tout le détail des maladies secondaires moins importantes dont la séborrhée huileuse est le substratum indispensable et le fondement premier nécessaire.
SÉBORRHÉE