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INTRODUCTION A L'ÉTUDE DES MALADIES SÉBORRHÉIQUES

La séborrhée est une maladie de l’âge sexuel, on peut dire qu’on ne l’observe ni chez l’enfant, ni chez le vieillard.

Elle ne diffère pas en ceci de la plupart des maladies cutanées. Chacune a son âge pour elle critique, avant et après lequel on ne l’observe plus que rarement.

La pathologie dermatique du nourrisson n’est pas celle de l'enfant, et celle-ci non plus celle du vieillard.

Si des soins attentifs ne les en préservent, presque tous les enfants du premier âge présenteront au cuir chevelu ces sortes de croûtes spéciales connues sous le nom de calotte clu nourrisson. Aucun adulte même privé de tous soins d’hygiène ne présentera de lésions semblables.

Après la première enfance, prenons l’enfant à l’école, le voici en proie à toute une série de parasitismes spéciaux qui feront les teignes. Sans doute beaucoup d’enfants les évitent de par leur seule classe sociale, parce qu’ils ne rencontreront jamais les parasites qui en sont la cause. Mais combien d’autres les récoltent et les abriteront pendant des années!

Eh bien, ce parasitisme spécial qui crée les teignes tondantes ne rencontrera plus chez l’adulte un terrain suffisant d’implantation et de développement. Avec la puberté, l’homme y est devenu réfractaire pour le reste de ses jours.

« Pri mus coïtus solvit morbos infantiles », dit brièvement Celsc, avec l’incomparable généralité des mots latins.

Ainsi un phénomène naturel de l’évolution animale, la

LES MALADIES SÉBORRHÉIQUES.

formation sexuelle suffit à modifier les conditions physiologiques du terrain humain assez pour le rendre rigoureusement réfractaire à des infections si brutales et si hautement spécifiques que devant elles, tous les enfants étaient égaux.

Mais en môme temps que la puberté ferme à tout jamais 1ère des maladies infantiles, elle va livrer l'adolescent aux

maladies de l’àge adulte. La première est la séborrhée.

La séborrhée va s’épanouir dans l'adolescence, elle que les enfants ne peuvent jamais présenter, et scs premières complications feront l 'acné juvénile.

La séborrhée s’apaise, avec les progrès de l'âgé; elle efface d'elle-même ses plus notables symptômes. Mais sournoisement elle s'étale et grandit à la surface de régions entières du corps primitivement indemnes au plus fort des symptômes de Y acné juvénile.

La prime jeunesse est passée, c’est la virilité qui s’accuse, la séborrhée huileuse envahit par les tempes le sommet du front, puis du crâne, où la dépilation s'accentuera avec elle. Voilà la calvitie précoce des séborrhéiques installée. Elle se prolongera indéfiniment sur ses victimes choisies, jusqu’à la calvitie définitive hippocratique.

Sur ce terrain séborrhéique, une foule d’efflorescences cutanées se multiplient, ce sont les eczémas parasitaires, les eczémas séborrhéiques de Unna, les formes grasses du psoriasis, les acnés furonculeuses du cou, l’acné nécrotique... que sais-je, toute une tribu d’affections secondaires dérivées de la commune souche ou végétant au-dessus d’elle....

L’enfant était asexué et neutre : garçons et filles se présentaient identiques devant les germes contagieux. La sexualité est venue qui les sépare; désormais si beaucoup d'affections leur restent communes, beaucoup vont prendre dans chaque sexe une forme différenciée. Ainsi l'homme aura le privilège fâcheux de la calvitie que la femme ne connaîtra pas.

Voici la maturité qui s’accuse et la vieillesse qui commence : les affections de souche séborrhéique vont se transformer une dernière fois.

Apparaissent sur les vieux visages les taches séborrhéiques qui seront la verrue plate des vieillards. Elles s'accuseront et,

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