‹ Maladies de cuir cheveluChapitre 61 sur 89 · IX. — LA SÉBORRHÉE, INFECTION SECONDAIRE DE DERMATOSES DIVERSES · texte numérisé non relu

IX. — LA SÉBORRHÉE, INFECTION SECONDAIRE DE DERMATOSES DIVERSES

Parce que l’infection séborrhéique est, en général, la première en date dans les divers complexus dont elle fait partie, l'idée ne vient pas d’abord qu’elle puisse venir secondairement en compliquer d’autres. Pourtant c’est un fait dont nous rencontrons journellement des exemples.

Beaucoup des jeunes gens destinés à la calvitie, avant de présenter l’infection microbacillaire, présentent à foison les cocci des pityriasis, et symptomatiquement de même ils présentent des squames sèches ou grasses avant de remarquer le flux de sébum.

Ainsi, et peut-être dans la majorité des cas, l’infection séborrhéique du vertex survient, comme infection secondaire, au cours d’un pityriasis antérieur. Seulement, très vite, la séborrhée huileuse, par l’intensité de ses symptômes fonctionnels, prend dans ce complexus morbide une part prépondérante, et fait disparaître la maladie première en date, sur laquelle elle s’est d’abord établie.

Il ne faut pas perdre de vue cet exemple. Il est fréquent, il est clair, il est topique. Le phénomène qu’il schématise est, en pathologie cutanée, l’un des plus fréquents qu'on puisse voir, et toujours l'un des moins compris. On devine que dans les ] u’ocessus microbiens épidermiques, qui tous se produisent à ciel ouvert, les infections secondaires soient faciles. On comprend que les infections microbiennes les plus communes

CALVITIE

à la surface de la peau humaine soient précisément celles qui surviennent le plus fréquemment, à titre secondaire, sur d’autres venues avant elles.

Cette notion si simple pourtant n’est pas encore passée dans la doctrine dermatologique et dans l’esprit de tous ses fidèles.

Un complexus clinique, par le fait qu'il se rencontre fréquemment le même, est le plus souvent compris et décrit comme un type dermatologique pur, lors même qu’il résulte invariablement du mélange de deux infections. C’est ce qui est arrivé à la séborrhée grasse « et squameuse » du cuir chevelu, mélange de séborrhée vraie et de pityriasis et qu’on trouve partout décrit comme un type morbide univoque.

Lorsqu’on connaît bien le mécanisme habituel par lequel la séborrhée microbacillaire s’installe et gagne du terrain audessous d’un pityriasis préformé, il est aisé de se rendre compte que la séborrhée huileuse microbacillaire survient fréquemment à titre secondaire dans des processus de cause originellement très différents d’elle.

En étudiant ces divers cas on peut se rendre compte qu'il y a des causes locales qui favorisent cette infection :

1° L’insuffisance de soins locaux, laissant à la surface de la peau des débris épidermiques.

2° Les affections de surface qui, en dépit des soins locaux, réalisent la même stagnation de squames cornées en surface (pityriasis).

5° Les affections dépilantes qui, en faisant tomber des cheveux, laissent leur orifice béant prêt à abriter la colonie microbacillaire si elle survient.

Ainsi voit-on la même infection bacillaire séborrhéique occuper quelques follicules pilaires sur toutes les têtes affectées de pityriasis. De-ci, de-là, sur chacune, on rencontre un follicule isolé, abritant un comédon vrai, parfaitement reconnaissable à l'œil nu.

11 est d’ailleurs remarquable de voir, dans ces cas où 1 infection est secondaire et inactive, le cylindre séborrhéique prendre in silu un développement énorme sans infecter les follicules voisins.

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