LA SEBORRHEE, INFECTION SECONDAI RE
profondes et inconnues qui permettent à l'infection microbacillaire de s'y perpétuer, le terrain qu'elle aura conquis accidentellement lui demeurera partiellement acquis.
On se rend compte de la complexité des causes qui peuvent aider au développement d'une infection de ce genre, si l’on se rappelle dans l’étiologie générale de la séborrhée et de la calvitie toutes les causes profondes qui favorisent sa naissance, et si l'on ajoute à ces causes certaines et si mal définies l'influence accidentelle des causes locales et générales intercurrentes que nous venons de mentionner.
En aucun cas le problème étiologique ne se présente plus délicat que dans une certaine forme de pelade en aires rondes chez l'adulte. Je ne ferai que la mentionner ici parce que son étude appartient à la pelade et ferait un hors-d’œuvre ici. On le trouvera étudié ailleurs en tous détails (*) et même résumé plus simplement en des ouvrages déjà parus (2).
Chez l’adulte même non séborrhéique et en l’absence de toute calvitie, à plus forte raison chez le chauve, au cours d'une calvitie commencée, on peut voir survenir des plaques alopéciques ayant au point de vue clinique la symptomatique locale et ensuite l’évolution d’une pelade vraie.
On y trouve la dépilation première, localisée d’emblée à une surface ronde de deux centimètres environ, bordée d'une couronne de cheveux fragiles, massués, morphologiquement peladiques; surface glabre extensive souvent et bientôt suivie de l’apparition de nouvelles plaques alopéciques semblables à la première.
Cette plaque peladique primaire de surface grasse, luisante, dont l'aspect séborrhéique avait été vu et mentionné par quelques auteurs avant la découverte du microbacille séborrhéique, est infectée de microbacilles sur toute la surface qui deviendra glabre, avant que sa dépilation ne survienne (fig. 88).
Et quand cette dépilation se poursuit excentriquement, l’infection microbacillaire la précède excentriquement aussi, et
(D Sabouraud, Contribution à l’élude de la pelade. Annales de dermatologie, 18011.
(2) Sabouraud, art. Pelade. Traité des maladies de l'enfance, t. X’. Grancher, Marfan, Comby.
CALVITIE
l'accompagne. Elle ne disparaît que très peu de temps avant la rénovation du cheveu sur la surface peladique.
Et quand cette rénovation tarde à se produire on peut être sûr de trouver dans la peau malade l’inlection microbacillaire active et permanente.
Et, dans ces cas, il ne s’agit pas d'un cocon fermé isolé, immobile, mais de filaments séborrhéiques allongés, de dimension considérable , non clos et se déversant à la surface de la peau malade comme dans la calvitie la plus active.
Et non seulement ces plaques en voie de déglabration totale présentent tous leurs orifices infectés, mais autour
fj dp é es c es le dp
Fig. 89. — Croûte provoquée par des applications caustiques à la surface d’une région séborrhéique (loche peladique de l’adulte) et ayant englobé et épilé les cocons microbacillaires de la région.
c, croûte. — é, épiderme mortifié dans la croûte. — dp, débris pilaires. — es, cocon séborrhéique. — fj, deux follicules jumeaux ayant emporté leurs cocons séborrhéiques encore inclus dans leur écorce épidermique. — le, lame cornée exfoliée mais conservée intacte au-dessus de la croûte
d’elles, une fois dépassée leur frontière que l’infection envahit excentriquement, on n’en retrouve plus trace au delà.
Au point de vue microbien, dans cette pelade séborrhéique, chaque point se présente comme un foyer local d'infection microbacillaire extensif et d’une activité considérable.
Je ne pousserai pas plus loin ici la discussion étiologique de la pelade qui, je le répète, devra être faite en son lieu. Et je ne parlerai pas de la singulière similitude de lésions anatomiques qu’on trouve en celle pelade entre les lésions folliculaires, pilaires, dermiques, épidermiques et pigmentaires, et les mêmes lésions dans la calvitie.