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II. — ALOPÉCIES DE CAUSE GÉNÉRALE

Les faits que nous venons d’examiner concernant les dystrichies congénitales, les agénésies pilaires et les pelades vraies nous conduisent à l’étude des alopécies résultant de causes générales et qui par quelque point de leur symptomatique peuvent prêter à confusion avec la calvitie vraie.

Les alopécies de cause générale et accidentelle peuvent relever de plusieurs causes.

Elles suivent ordinairement à distance les grandes pyrexies : fièvres éruptives, fièvre typhoïde, influenza, et d’une façon générale les infections graves, de même certaines grandes infections ordinairement apyrétiques comme la syphilis. On les voit suivre enfin certaines intoxications dont le type est l’intoxication par les sels de thallium; nous les envisagerons par ordre de fréquence et d’importance clinique.

1. Alopécies toxi-infectieuses. — Qu’il s’agisse de maladies apyrétiques comme la syphilis ordinairement, ou de maladies chroniques à pyrexies lentes et à hecticité comme la tuberculose, ou de pyrexies vraies comme les fièvres éruptives, le mécanisme toxi-infecticux n’en fait pas de doute. La papille

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CALVITIE

pilaire est un des organes de la peau les plus sensibles aux infections. Sous l'influence des toxines microbiennes en circulation, la fonction pilaire de la papille est ralentie. Suit une atrophie pilaire proportionnelle progressive qui fait le poil effilé en aiguille. La papille s’efface et disparaît, le poil tombe.

Le mécanisme anatomique des alopécies de ce type est d'ailleurs identique à celui qui détermine la chute d’un cheveu dans l’alopécie séborrhéique (calvitie) et que nous avons étudiée plus haut. L’un des phénomènes les plus remarquables en ceci au point de vue de la physiologie générale et de la physiologie de la papille pilaire en particulier, c’est la lenteur avec laquelle agissent ces intoxications microbiennes. Sauf la scarlatine et l’érysipèle, dont on connaît la réaction cutanée locale intense et dont la dépilation accompagne la desquamation caractéristique et peut commencer presque aussitôt la fièvre éteinte, toutes les autres ne débutent que trois mois exactement après leur cause infectieuse.

C’est trois mois après l'apparition de la rougeole, de la fièvre typhoïde, de l’influenza, de la fièvre puerpérale que l’alopécie toxi-infectieuse surviendra.

Ce fait s’accorde avec ce que l’on sait de la lenteur de diffusion de la plupart des toxines microbiennes dont la fixation sur les cellules organiques est progressive. Il n'y a aucun rapport entre la toxicité d'une toxine microbienne et la rapidité de sa diffusion, les expériences classiques maintenant faites avec la toxine tétanique l’ont surabondamment affirmé.

L'alopécie de la syphilis elle-même, l'une des plus remarquables est encore beaucoup plus tardive, son époque normale échoit environ cinq à six mois après l’apparition du chancre, mais on peut la voir retarder de deux et trois mois davantage. On peut dire que l’alopécie syphilitique peut se présenter au cours de toute la première année de la maladie.

Il est nécessaire de savoir tout cela pour le diagnostic différentiel d’une alopécie infectieuse quelconque. Il faut pouvoir indiquer au malade l’époque approximative à laquelle il doit rechercher la date de l'infection causale.

Sans doute le plus souvent il la connaîtra et en aura gardé

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