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I. — TRAITEMENT GÉNÉRAL DE LA SÉBORRHÉE

La séborrhée est une maladie microbienne, mais elle ne survient que dans des conditions d’âge et de santé générale particulières.

L’ensemble des conditions étiologiques que nous connaissons, comme ayant part en la genèse de la séborrhée et de la calvitie, indique que dans un certain nombre de séborrhées locales le traitement général ne saurait être négligé.

Quand bien même dans l’avenir on devrait démontrer que certains facteurs étiologiques, auxquels nous attribuons pour le moment une part contributive dans l’état séborrhéique, devraient être dans l'avenir mis hors de cause, on ne peut trouver déplacé de la part d'un médecin de s'occuper de l'état général de ses patients, même quand leur état général n'a point de part dans la maladie locale pour laquelle ils sont venus le consulter :

1° Le rôle de la sexualité, dans l’apparition et l'exagération du flux séborrhéique, est évident. De là à penser que les fonctions génitales ou leurs perturbations peuvent avoir dans la marche d’une séborrhée un rôle important, il n’y a qu'un pas. Beaucoup n’admettent pas d’acné sans lésions génitales au moins fonctionnelles chez la femme. Il y a, je crois, une exagération manifeste en cette opinion. Mais on voit des acnés polymorphes liées à la grossesse. Les efflorescences acnéiques du visage des nourrices sont d’une observation fréquente, de même les paroxysmes acnéiques menstruels.

Régulariser ce qui est irrégulier, provoquer à temps fixe des règles retardantes, arrêter les flux menstruels trop prolongés, s’assurer qu’il n’existe ni métrite cervicale, ni lésions des organes génitaux profonds appelant un traitement particulier, tout cela est indiqué dans les cas fréquents d’acné poly-

TRAITEMENT GÉNÉRAL DE LA SÉBORRHÉE

morphe chez les jeunes femmes qui ont ce qu'on pourrait appeler « un passé utérin ».

Chez l'homme, chez qui l'influence de l'organe en développement est plus manifeste encore, l'influence des maladies génitales est moins évidente. On a retrouvé dans des cas de séborrhées chroniques, en des cas exceptionnels, un écoulement urétral ancien, une orchite gonococcique à répétition, une halanoposthite chronique, une congestion prostatique et hémorroïdaire. Cela n'est ici qu’à mentionner. Je n’insiste pas sur la continence absolue et les troubles acnéiques et congestifs qu’on lui attribue. Ce chapitre n’est pas exclusivement du domaine médical et les conseils sur ce point doivent être réservés d'autant plus que les effets profonds de l’absolue continence nous sont, faute d’observations suivies, moins nets et moins connus.

Plusieurs états diathésiques généraux, dont la nature exacte nous est encore imprécise, peuvent coexister avec des séborrhées locales ou généralisées. L’état général connu par exemple sous le nom de lymphatisme floride préexiste souvent chez les adolescents à la séborrhée fluente du visage.

Il ne faudrait pas exagérer l'importance de cet état dans la séborrhée fluente, car il n’existe pas toujours au-dessous d'elle et, d’autre part, un traitement local bien dirigé la guérit sans traitement général quelconque. Pourtant le médecin doit connaître la bouffissure générale, l’albuminurie passagère et légère (chloro-brightisme), la poly-micro-adénite dont le « lymphatisme » s’accompagne parfois, et ne pas hésiter à conseiller les traitements salins, chlorurés sodiques, iodés, iodurés, qui, de temps immémorial, nous sont connus comme agissant utilement sur cet état. Qu’on le considère comme on voudra, en son essence, qu’on le croie une imprégnation tuberculeuse déjà constituée mais symptomatiquement larvaire, ou qu’on ne voie en lui qu’un état de propension aux tuberculoses à venir, peu importe; ces deux idées se rencontrent en ce point que toutes deux admettent la tuberculose comme menaçante. Cela suffit pour que le médecin conseille utilement aux malades des saisons salines, maritimes ou thermales, dont 1 effet utile est apprécié universellement.

THERAPEUTIQUE.

La médication soufrée externe donne dans la séborrhée des résultats si excellents que le traitement sulfureux interne ne pouvait pas 11e pas être essayé. J’en suis pour ma part très partisan. Les eaux sulfureuses les plus fortes me paraissent les meilleures. Toutes peuvent être utiles dans le traitement interne des séborrhées meme le plus localisées. Les eaux de Luchon et celles de Ghalles m’ont donné intus et extra des résultats si évidents que je ne crois pas leur effet niable.

Le traitement local par les eaux sulfureuses, utilisable sur place, ne me paraît pas devoir être généralisé. Je 11e crois pas l’effet local des eaux sulfureuses meilleur que celui des préparations soufrées médicamenteuses, au contraire. Mais inversement l'usage interne des eaux sulfureuses me paraît plus aisé et plus recommandable que l’usage des préparations soufrées artificielles. Et pourtant je crois avoir vu de façon très nette l'influence heureuse du soufre métallique pur pris à l’intérieur à fortes doses contre les séborrhées généralisées.

Le soufre, l'iode, le phosphore et l'arsenic à l'intérieur, semblent d’ailleurs, pour toutes raisons, les médicaments internes les plus utiles dans les séborrhées de toutes formes.

On sait les recherches récentes de Bourcet, sur la présence de l’iode dans les phanères. On sait les recherches d'A. Gauthier sur la présence de l'arsenic décelable dans les poils, les ongles et le revêtement cutané épidermique.

Bien que nous ne disposions pas de méthodes pouvant nous avertir des modifications momentanées et individuelles qui peuvent survenir dans le taux métallique des téguments et de ses productions cornées, nous 11e pouvons pas ne pas tenir compte de ces recherches que vient appuyer si bien l'usage déjà vieux de ces médicaments d’usage interne dans une série de dermatoses.

L’arsenic pris à l’intérieur est l'un des médicaments philocornes les plus certains. J’ai vu de mes yeux la pousse abondante de follets lanugineux sur le corps antérieurement glabre d’un jeune homme soumis aux injections cacodyliques à doses massives. Et les hyperkératoses arsenicales sont bien connues de la dermatologie.

Toutes ces notions encore confuses nous permettent de

TRAITEMENT GENERAL DE LA SEBORRHEE

discerner au moins ce que sera dans l’avenir la médication interne des séborrhées.

Les travaux de Joulie nous ont de même averti de l’importance de l’état phosphatique urinaire dans les dermatoses. Sans vouloir faire de l’acide phosphorique une panacée, c’est pourtant un point à retenir, que l’administration de ce médicament à hautes doses est ordinairement bien tolérée, et que dans les asthénies qui accompagnent si souvent les dépilations séborrhéiques il donne de très remarquables résultats.

Nous avons observé trop souvent la concomitance d’un état urinaire hyperacide excessif avec la calvitie des tout jeunes gens, pour ne pas attribuer à l’état général et à l’état gastrique qu’elle suppose une part active dans l’intensité de la séborrhée dépilante qui l’accompagnait. Même en supposant que cette hyperacidité urinaire colossale ne soit dans la séborrhée du scalp qu'une coïncidence fortuite, le médecin peut faire tous ses efforts pour diminuer ce qui est au moins une anomalie.

Un traitement alcalin général bien conduit et la régularisation obtenue d’une digestion gastrique hyperacide m’ont assuré dans plusieurs cas des résultats que le traitement local seul ne m'aurait probablement pas donné.

En somme je n’accorde pas, dans la thérapeutique de la séborrhée et de la calvitie, plus de part au traitement général que je n’accorde dans l’étiologie de la séborrhée une part prépondérante aux conditions générales, au milieu desquelles on voit la maladie survenir.

Bien que la maladie ne prenne naissance que dans des conditions générales précises, sans lesquelles elle ne peut pas s’établir, pourtant je ne puis la considérer en soi que comme une maladie locale. Et la thérapeutique vient elle aussi, comme notre étude étiologique elle-même, vérifier cette proposition. La thérapeutique locale a dans le traitement des séborrhées une part prépondérante. Nous allons étudier maintenant ce qu'elle doit être.

THERAPEUTIQUE.

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