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THÉRAPEUTIQUE DE LA CALVITIE

11 est infiniment difficile et délicat de donner plus précisément que je ne l’ai fait les règles et indications du traitement de la calvitie, parce que les cas à prévoir sont en soi différents, souvent complexes, et que le mode de leur complication diffère quelquefois.

La calvitie, peut-on dire, a cinq ou six modalités cliniques types, anneaux principaux d'une même chaîne, et ces anneaux principaux sont reliés entre eux par beaucoup de chaînons intercalaires.

Le traitement d’une calvitie varie d’abord avec Yâge du patient , car nous savons, en règle générale, qu’une calvitie est d’évolution d’autant plus aiguë qu’elle commence à un âge moins avancé.

Le traitement d’une calvitie varie en outre avec Yâge qu'a la maladie elle-même quand son traitement est commencé. Il va de soi que plus son champ d’évolution sera considérable, plus le traitement sera complexe, plus il devra durer longtemps. Certains traitements brutaux ne peuvent être appliqués suide trop larges surfaces.

Suivant l'âge de la maladie, ses localisations aussi seront diverses, et aussi le chiffre, le degré des dégâts déjà accomplis. Toutes choses auxquelles le traitement devra évidemment être proportionnel. A lui seul le flux séborrhéique , son intensité, dicteront en grande partie la thérapeutique; quel que soit le chiffre de la dépilation quotidienne, le traitement devra varier de forme (c’est un résultat de pratique clinique qui me le fait dire) avec l’apparence extérieure de l'infection séborrhéique et ne pourra être le même dans les cas où le flux huileux est abondant, et dans les cas où la lésion séborrhéique est si peu visible qu'elle doit être recherchée par expression de la peau.

FO RM ULAIRE PRATIQUE.

Enfin, la calvitie est compliquée tantôt d’acné pilaire, tantôt et plus souvent de pityriasis gras diffus, tantôt de pityriasis marginés et figurés, toutes choses auxquelles le traitement devra s'accommoder, car on ne peut faire un traitement séparé des pityriasis divers et de la séborrhée qu’ils recouvrent.

De même il faut avoir égard à ces cas nombreux où le malade présente de la séborrhée des sourcils, du front, du nez, du menton, du corps entier. On ne peut obliger un malade à passer tout son temps à sa toilette médicale: dans beaucoup de cas on est amené à simplifier à l’extrême un traitement qui, plus complet, entraînerait pour le patient une perte de temps trop considérable.

Tels sont les principaux facteurs qui font varier infiniment les traitements à proposer à des patients différents, atteints à la vérité d'une maladie identique au fond, mais très variable en sa forme individuelle.

Je résumerai un peu grossièrement la conduite à suivre en chacun des cas les plus fréquents et les plus ordinaires, m’en remettant au tact dermatologique du médecin, pour faire varier, dans la mesure que chaque cas donné lui indiquera, les formules et les prescriptions que je ne présente ici, je le répète, qu’à titre d'exemple.

1° Début de calvitie accompagnant un pityriasis. — Le

malade est un jeune homme qui commence une calvitie déjà nettement dessinée. Sa calvitie s'accuse au milieu d'un pityriasis sec encore abondant. — La première indication est de détruire le pityriasis. On ne peut le faire parfaitement qu'en agissant avec des pommades.

On peut conseiller la suivante :

Huile de cade vraie Beurre de cacao . .

Axonge benzoïnée .

Sulfure de mercure Ichtyol

Si le pityriasis est sec sur la tempe et la nuque, psoriasiforme, adhérent, et à lamelles micacées, on pourra ajouter utilement à la précédente pommade 10 centigrammes d acide

10 grammes.

I gramme.

50 centigrammes.

THERAPEUTIQUE.

chrysophanique ou encore X à XV gouttes de teinture d’iode. Si le pityriasis est gras, onctueux, l’acide chrysophanique est moins indiqué que le soufre dont la dose sera proportionnée au degré tic stéatisalion des squames : 50 centigrammes à 1 gramme. Une telle pommade, qu’on pourra parfumer de toute essence, doit toujours être appliquée le soir, et savonnée le matin. L’application doit être faite invariablement à contrepoil et par massage aussi dur que la tête pourra le supporter sans endolorissement.

11 est entendu qu’un tel massage jette bas immédiatement la foule des cheveux morts que le patient a souvent respectés depuis des mois avec d’autant plus de précautions qu’ils devenaient plus caducs. Il faut dans ces cas s’adresser à la bonne volonté du malade, en lui montrant l’absurdité d’une telle pratique, l'impossibilité où se trouve toute thérapeutique de recoller des cheveux morts; lui apprendre que quand un cheveu tombe il est séparé de sa racine depuis six semaines, et qu’il est aussi fou d'espérer le maintenir en place que d'espérer recoller un membre coupé.

Le médecin doit apprendre au malade à se masser luimême, car un massage insuffisant ne donnera pas à moitié près les mêmes résultats. Le patient doit faire son massage assis, le' coude sur une table, se servir du pouce comme instrument de massage. Le bras et le pouce restent immobiles, c’est la tête qui vient se masser sur le pouce, en s’appuyant sur lui aussi lentement et aussi durement que possible. Très peu de pommade est nécessaire. Gros comme une noisette suffit pour la tête entière, à condition que le massage en fasse bien la répartition. Le malade doit savoir que la quantité excessive de pommade appliquée est inutile et rend le traitement plus désagréable qu’il ne l’est par lui-même. La pommade que le massage a exactement appliquée sur la peau et dans les orifices pilaires est seule active. Le massage ne peut donc pas être trop dur. Si l’on gante le pouce masseur d'un doigtier de caoutchouc, l’opération est plus facile et le résultat du massage meilleur.

Quand une tête présente un pityriasis très abondant, un nettoyage préalable est nécessaire. Le peigne fin y su 1 1 il . C es!

FOR M U LA IR E R RATIQU E

un instrument ordinairement détestable, car il ensemence sur une tête entière un pityriasis localisé. Mais quand son application est suivie d'une application médicamenteuse comme celle-ci, il peut être recommandé.

Bien veiller encore à une erreur de technique très souvent faite. Ce qui tourmente le patient, c’est la chute de ses cheveux bien plus que les pellicules ; les cheveux ne tombent que du vertex, alors il néglige les applications de la pommade en ce qui concerne toute autre région. C’est une erreur préjudiciable. Ainsi et par elle le malade se trouve réserver sur les parties latérales et postérieures de la tête de la graine de pityriasis qui gênera considérablement le traitement ultérieur de

sa calvitie.

Telles sont les règles qui doivent présider à un premier traitement de séborrhée accompagnée de pityriasis, ou pour mieux dire au traitement du pityriasis avant de procéder à celui de la calvitie proprement dite.

Le malade dort après son application de pommade. Le matin venu, il nettoie le cuir chevelu par savonnage. Ce savonnage est assez difficile et doit être minutieux, car le massage de la veille a fait adhérer la pommade à l’épiderme sur lequel elle forme une vraie laque. Ce savonnage ne peut être bien fait qu’à l’éponge savonneuse. Rien ne remplace l’éponge. Elle doit être savonnée copieusement et c’est avec elle que le savonnage de la tête est pratiqué, une ou deux fois. Chaque savonnage exige trois à quatre minutes ; l’eau chaude est préférable, elle aide à la saponification des graisses médicamenteuses qu’il faut émulsionner par le savonnage.

La question des savons médicamenteux, souvent agitée par les patients et les médecins, est vraiment presque négligeable. Un savon même fortement médicamenteux, et ils le sont très peu d’ordinaire, pourrait agir si on le laissait longuement en contact avec la peau. Mais on le rince aussitôt. Comment espérer une action quelconque des médicaments qu’il contient !

Le rinçage fait, la tête est séchée à la serviette. En vérité, tout le traitement actif d’un pityriasis sur-séborrhéique peut en être tenu à ce qui précède. Mais il est souvent utile et presque toujours agréable au patient d’ajouter à la lonnule de

THERAPEUTIQUE.

la pommade celle d'une lotion alcoolique. Faite à la brosse après le séchage, elle achève de sécher plus vite le cuir chevelu et on peut lui ajouter tels médicaments qui soient utiles.

L'acide salicyliquc (0,50 pour 100), l’acide tartrique (1 pour 100), le bichlorure d’hydrargyre (0,10 pour 100), le salol (0,80 pour 100), et même l’acide ehrysophanique (0,05 pour 100) sont de ceux-là. L’acide ehrysophanique particulièrement.

Un tel traitement pourrait avoir raison en quelques jours d’un pityriasis même invétéré. On aura utilité à le faire continuer tous les soirs pendant plusieurs semaines. C’est un très utile début de traitement à une séborrhée du cuir chevelu.

Dans le complexus que nous envisageons, plus le pityriasis tient une large place, plus les goudrons et les mercuriaux auront une utilité; plus au contraire la séborrhée prédominera sur le pityriasis, plus le soufre sera utilement incorporé, et à fortes doses, à la préparation précédente.

Lorsque le pityriasis a disparu complètement, ce qui, avec des formules bien dosées, ne peut absolument pas tarder plus de quelques semaines, on peut alors attaquer la séborrhée de front, et avec ses préparations propres et le premier cas que nous avons supposé rentre alors dans le second que nous allons voir.

2° Séborrhée fluente non pelliculaire du vertex [ci ce casse rattachent les cas cle calvitie masculine chez la femme). — Ici, le cas est plus simple, mais non pas malheureusement la médication. Le médicament de fond de ces cas reste le soufre, employé en poudre et appliqué directement, semé sur le cuir chevelu comme de la cendre :

Soufre précipité. . .

Oxyde blanc de zinc.

Talc de Venise . . .

àâ 20 grammes.

ou en lotions soufrées au pinceau. La lotion soufrée de idal demeurant le type premier de toutes autres :

Soufre précipité 15 grammes.

Alcool à 00° 15 —

Eau de roses Q. S. pour faire 100

Agiter.

FORMULAIRE PRATIQUE

En quelques jours un premier résultat momentanément est obtenu, c est la cessation tin (lux séborrhéique. Il permet l’emploi méthodique de médicaments plus actifs.

Les plus actils seraient les alcalins caustiques : soude, potasse, et le savon noir particulièrement, si leur action n’était corrosive sur le cheveu et ne rendait leur emploi impossible, saut sous la forme de savonnages passagers; on leur substitue donc des mordants acides dont l’action sur la peau est moindre mais dont l’action corrosive sur le cheveu est nulle : 1 acide salicylique à fortes doses particulièrement.

O11 peut d’ailleurs l’adjoindre au soufre dans des lotions du type précédent ainsi modifiées :

Acide salicylique. .

Soufre précipité. .

Alcoolat de romarin Alcool à 90° ... .

Q. S. pour faire 100

grammes.

L’action de l'acide salicylique est surtout une action de décapage, il mobilise le cocon séborrhéique dans l'orifice pilaire et permet son évacuation et en rend la pénétration plus facile aux agents médicamenteux.

11 en est de même de la résorcine; malheureusement, à fortes doses, elle rend gluant le liquide auquel on l’incorpore et exige la coupe des cheveux au ras de la tête pour être utilement employée.

À l'acide salicylique, l’acide pyrogallique, chrysophanique peuvent être joints, de même l’hydroquinone, succédané de l'acide pyrogallique. Ils ont, contre le cocon séborrhéique, une action propre et véritable, ils le pénètrent. Malheureusement, comme il est facile d’en faire la preuve, leur pouvoir de pénétration dans le follicule, comme celui de tous les agents médicamenteux, quelles que soient leur nature et leur forme, est insuffisant toujours.

Pourtant leur action est utile : le taux de la chute des cheveux s’abaisse énormément après leur application. Il va sans dire que les doses à employer varient avec la tolérance du tégument traité. En voici une formule qui provoquerait presque à coup sûr une irritation vive sur un tégument normal non

Acide chrysophaniquc

— pyrogallique . .

— salicylique . . .

30 centigrammes.

3 grammes.

Soufre précipité Alcool à 90°. . .

Rapidement les orifices pilaires sont marqués d’un point noir très accusé indiquant la fixation de l’acide pyrogallique sur le cocon séborrhéique, et, sur un cocon exprimé de la peau, le niveau de cette coloration indique la profondeur de pénétration du médicament.

Le savonnage est nécessaire le lendemain de chaque application similaire, et c’est ici que l’éponge savonneuse devient obligatoire, car le savon mêlé à l'acide pyrogallique fait un pyrogallate alcalin noir et les doigts soumis à son action deviennent rapidement fort laids.

Les lotions du type précédent peuvent, à la vérité, être remplacées par des pommades; sur des cuirs chevelus d’homme, leur application (par massage) est presque aussi rapide et leur effet très analogue. C’est une consécution inattendue de voir une maladie caractérisée par un flux de graisse se trouver fort bien d'une application de corps gras. Voici encore un type de pommade remplaçant la lotion plus haut formulée :

Ilydroquinone 1 gramme.

Acide salicylique 2 grammes.

Soufre précipité 2 —

Résorcine 2 —

Excipient 50 —

Il me semble que les meilleurs topiques doivent presque amener par irritation une exfoliation épidermique. C'est alors que leur effet semble le plus complet. Mais on conçoit qu’en pratique la chose soit, pour chaque cas, un peu périlleuse pour le médecin. Car ces applications, faites hors du cuir chevelu malade et sur la peau saine du même patient, causeraient infailliblement une dermite artificielle, à la vérité de nulle gravité, mais fort désagréable, et le cas n'en est pas rare.

5° La calvitie est constituée partiellement et la séborrhée

FORMULAIRE PRATIQUE

demeure intense dans toute la région décalvée. — Le troisième cas que je propose est le plus difficile de tous, car la part de calvitie déjà faite empêche le médecin de pouvoir utiliser tout médicament qui laisse une coloration visible sur la peau. J’ai vu pourtant des cas où le port d'un postiche permettait au médecin d’agir plus librement, et cela rend le traitement plus aisé à diriger activement.

Alors la thérapeutique se trouve limitée à l’emploi presque exclusif du soufre et de l'acide salicylique ou de la résorcine en pommades, en pâtes ou lotions.

Le plus souvent on est conduit à utiliser d’abord, comme plus actives, les pommades fortes, ensuite les lotions. L’une de celles qui rend le plus de services en l’occasion est celle qui utilise le soufre en dissolution dans le sulfure de carbone et que j’ai formulée plus haut. Dans beaucoup de cas, il existe une disposition bipartite de la maladie. Elle existe comme séborrhée pure au vertex, tandis qu’aux tempes elle demeure sous forme de pityriasis gras sur-séborrhéique. On peut se trouver bien de conseiller un double traitement : un traitement de tempes par une pommade cadique :

Acide salicylique.

Soufre. précipité. .

Huile de cade. . .

Beurre de cacao .

Axonge benzoïnée Cinabre

30 centigrammes.

âà 13 grammes.

1 gramme.

tandis que chaque soir on couvre le vertex d’une couche de la solution de Vidal modifiée :

Teinture de benjoin 10 grammes.

Alcoolat à 90° 100 —

Soufre précipité

Acide salicylique /*

On comprend la complexité et la difficulté de tels traitements. Ils ne sont d’ailleurs que transitoires. Plus ou moins vite, si le traitement est bien prescrit et bien suivi, on arrive tout au moins assez vite à en espacer les applications.

4° Les calvities localisées , comme celle de la cinquantaine, quand elle occupe les triangles fronto-temporaux ou la région

MALADIES SÉBORRHÉIQUES.

THERAPEUTIQUE.

de la tonsure, peuvent être attaquées comme les plus graves. Le plus souvent on se trouvera mieux d’utiliser contre elle les pommades que les lotions.

Elles comportent ordinairement des doses moindres que celles qu’on est conduit à formuler dans les calvities étendues.

Les traitements dont je viens de dqnner quelques exemples, mais dont je ne puis songer à augmenter indéfiniment la liste et à établir les indications particulières, sont des traitements d’attaque.

Ils doivent être conduits de façon à enrayer en peu de jours une alopécie séborrhéique. On peut dire que tout traitement qui en une semaine n’a pas fait baisser des trois quarts le chiffre des cheveux perdus quotidiennement, n’est pas exactement mis au point et doit être révisé.

Car l’action du traitement sur l’arrêt de la chute est quasi instantané, il se produit dès la seconde ou la tierce application.

Le dommage est que ces beaux résultats sont passagers, à moins qu’on ne veuille continuer longuement le traitement actif, pour les maintenir.

La longue durée d’un traitement actif et sérieux des séborrhées est le plus grand obstacle que le médecin ait contre lui dans la thérapeutique de la séborrhée du vertex. Les résultats d’une thérapeutique bien conduite sont extrêmement satisfaisants, même avec les seuls moyens dont nous disposons présentement, les agents thérapeutiques nécessaires sont à la vérité d'un emploi désagréable, mais d'un effet excellent, le patient en tolérerait parfaitement l'usage dans la plupart des cas, si sa persévérance n’était pas soumise à trop longue épreuve. En deux mots il tolérerait aisément un traitement de deux mois même difficile. Il ne tolère pas un semblable traitement de six ou huit mois, à plus forte raison dans les cas graves un traitement de quinze et de dix-huit mois. Souvent il s’arrête, et perd rapidement le bénéfice du traitement déjà pratiqué.

Souvent aussi il coupe en trois ou quatre tronçons de deux mois un traitement de six ou huit mois, qui eût été beaucoup plus utilement suivi sans interruption.

FORMULAIRE PRATIQUE

La longue durée du traitement actif d’une calvitie est donc pour le moment présent son plus gros défaut. Il faut que le médecin en prévienne le patient. C’est une sincérité nécessaire. Au patient de reconnaître s’il a la dose de persévérance exigible en la matière.

Beaucoup cessent de se traiter après trois mois, qui mieux avertis et sachant d’avance l’effort à faire, eussent persévéré jusqu’au bout.

La patience est rendue plus difficile par la médiocrité du but qu’on se propose. Dans la calvitie, à l’inverse de ce que dit le proverbe connu, celui qui ne recule pas avance. Le statu qno est le maximum de l’ambition permise. Dans les neuf dixièmes des cas, un rêve plus ambitieux serait déçu.

Arrive pourtant un moment où l’arrêt du llux séborrhéique est obtenu, et la chute quotidienne des cheveux limitée à un minimum de 7 à 10 cheveux.

Alors on peut passer à la deuxième période du traitement, à celle qui est vraiment d’une exécution facile, parce qu'elle ne comporte plus que des frictions alcooliques simples.

Longtemps encore le patient, surtout s’il est jeune, devra surveiller les retours offensifs de la maladie, et se soumettre sans discussion à une reprise du premier traitement pendant une ou deux semaines, mais ces à-coups deviendront de plus en plus rares.

Même à cette période, le chauve en expectative s'il est sage, comprendra la nécessité des frictions simples bi-quotidiennes. Mieux vaut une friction d’alcool pur ou d’eau de Cologne, s’il n’a rien de mieux sous la main.

Je donnerai ici un type de formule, on en pourra varier à l’infini les composants.

Alcool à 90°

Coaltar saponiné

Éther officinal

Eau distillée

Chlorhydrate de pilocarpine

Bichlorure Hg

Acide salicylique

Alcoolat de romarin ....

J’ai d’ailleurs observé que le changement de ces formules

ISO grammes.

50 centigrammes.

15 grammes.

THÉRAPEUTIQUE

est nécessaire. La peau semble s'habituer à une môme lotion indéfiniment continuée. 11 y a utilité à en modifier de temps à autre les composants. Chaque application de formule nouvelle semble redonner au traitement continué une nouvelle valeur.

Ces lotions peuvent être faites à l'ouate hydrophile, il vaut mieux les faire faire à la brosse, soit que l’excitation du brossage ait par elle-même une valeur (affirmée par Jacquet, mais dont je ne suis pas convaincu, car les brossages à sec dans la calvitie n’ont aucune valeur), soit plutôt que la congest ion dermique, que le brossage provoque, augmente avec l’afflux sanguin l’absorption des principes médicamenteux utiles.

On peut prescrire utilement ainsi un brossage énergique de la brosse à tête, précédant la friction médicamenteuse pratiquée avec une brosse à dents demi-dure.

Les résultats de tels traitements sont, est-il besoin de le dire, variables en chaque cas particulier.

Il est d'innombrables cas où l’on préserve sans grande peine de la calvitie un cuir chevelu qui sûrement y était voué.

Il est d’autres malades dont on arrête la maladie au point de son évolution, où elle s’est présentée au médecin.

Il en est d’autres pour lesquels on ne peut que retarder de quelques années l’échéance fatale.

La part qui revient au cas particulier, à son degré, à son âge, au médecin, à son sens clinique, au malade et à sa persévérance, peut modifier trop les résultats obtenus, pour qu'on puisse en tout ceci établir des moyennes. Ce qu'on peut dire, c’est que même dans les cas les plus détestables et ceux dans lesquels un résultat positif et durable est le moins à espérer, il n’y a pas d'exemples que le malade ne bénéficie d'un traitement bien dirigé.

Et pour peu qu'il apporte au médecin quelque patience, il obtiendra de son traitement un bénéfice partiel mais sérieux et durable. A lui de savoir conserver avec persévérance le bénéfice une fois acquis, et cela est facile.

5° Calvitie constituée, les résultats de son traitement. —

Quoique le médecin en pense généralement, le traitement de la calvitie constituée n’est pas absolument nul. Je ne parle

FORMULAIRE PRATIQUE

pas évidemment des calvities dans lesquelles la sclérose folliculaire est intervenue. La disparition du follicule ne laisse place à aucune espérance même hasardée, mais ce cas est très loin d’être la règle. Il existe un moment où sur le crâne dénudé des chauves quand il a conservé ses follicules, ce qui est la règle, l'infection séborrhéique disparaît peu à peu d’ellemême.

Lu certains cas rares, le scalp se recouvre même d’un duvet nettement plus visible que celui — imperceptible — qu’il avait toujours conservé.

Dans ces conditions, les frictions alcooliques du groupe indéfiniment modifiable, dont je donnais plus haut un.exemple, ont une utilité très fréquemment vérifiable.

Les cas où l’on produit un rétrécissement progressif des surfaces chauves, ne sont pas rares, de même ceux où l'on peut faire reproduire sur le vertex un cimier de duvet court appréciable.

Ceci n’est pas un résultat fréquent, encore moins, est-il certain, le médecin qui se respecte ne doit jamais se risquer à le promettre.

Non seulement, ce résultat est aléatoire mais il est des cas, et ils sont nombreux, où le médecin peut être certain de ne jamais l’obtenir. C’est quand, même en l’absence d'une sclérose folliculaire cicatricielle, le tégument aminci, privé de son grain papillaire normal, a pris le poli du marbre et au toucher et au pli la minceur d’une membrane. Avec les moyens dont nous disposons aujourd’hui, tous ces cas sont intraitables et ne donnent à la thérapeutique qu’un résultat nul.

Encore et même dans ces cas, le médecin peut-il garder un rôle. J’ai dit plus haut la fréquence des pityriasis parasitaires sur les scalps dénudés. Il n’est presque pas de vertex chauves sur lesquels, à l’examen attentif, on ne retrouve de-ci de-là de minimes rougeurs, de petites papules squameuses, l’ébauche d’une circulation rougeâtre de pityriasis sur-séborrhéique.

J’ai dit encore qu’en raison de l’inconvénient visible de ces éruptions et en raison des démangeaisons qui les accompagnent, les chauves sont à peu près condamnés à des soins perpétuels particuliers.

THERAPEUTIQUE.

Il y a dans ccs cas utilité à prescrire l’une des lotions complexes plus haut formulées. Sans cloute ces éruptions ont pour médicament spécifique les goudrons, mais le patient préférera toujours une lotion simple à une pommade malodorante. Dans ces cas le médecin aurait tort de ne pas tenter môme ce qu’il croit impossible et, après avoir nié complètement au patient la possibilité d’une repousse éventuelle, d’user des seuls médicaments qui puissent donner en ce sens quelque résultat.

A une lotion de ce genre

Coaltar saponiné 100 grammes.

Alcool à 90° 200 —

Salol 50 centigrammes.

clans laquelle entrent seulement des topiques utiles contre les pityriasis de la tête des chauves, rien n’empêche de joindre un gramme de nitrate de potasse, ou de nitrate de pilocarpine.

Même quand il arrive que le médecin assiste, avec stupéfaction d’abord, à l'apparence d’une repousse partielle, il a pour devoir de calmer l’enthousiasme de son patient et de l’avertir en toute simplicité que les progrès constatés ne progresseront pas bien longtemps.

Les meilleurs cas que j’ai pu suivre ne m'ont jamais fourni que des résultats qui ne sont pas, hélas! et à loin près, ce que le patient eût pu désirer.

Les résultats qu’on obtient par une pratique attentive et longue sont tels, ils ne sont ni pires ni meilleurs, ils sont cela.

Avant-propos 1

Introduction a l’étude des maladies séborrhéiques 10

SÉBORRHÉE

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