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même décrit quelques symptômes avec traitement diurétique, ignorait l'existence des concrétions biliaires, et cependant, d'après Portai, il en aurait parlé dans sa lettre à Déinocrite sur l’elléborisme. Or, dans cette lettre, je n’ai trouvé aucune indication de ce genre, et Hippocrate, dans d’autres parties de ses œuvres, ne fait que mentionner les vives douleurs « que cause la bile jaune quand elle est en mouvement ». On trouve dans (ialien la mention de « pierres intestinales » rendues par l’anus et de provenance inconnue. A la fin du \ve siècle, Beniveni rapporte le fait d’une rupture de la vésicule biliaire avec issue de calculs dans la cavité abdominale.

C’est Fernel (I 407-1558) qui a décrit nettement le premier la lithiase biliaire, cela bien avant Vésale, Fallope, auxquels Frerichs a eu tort d’attribuer la priorité. S’il a vu l’ictère survenir à la suite de ces calculs et s’il n'eu a pas mentionné les autres symptômes, le vieil auteur français a le premier attribué leur production à la stase biliaire. « Leur origine, dit-il, est la bile qui, retenue trop longtemps dans son propre réceptacle, et n’étant ni évacuée à propos, ni renouvelée par l’afflux d’une nouvelle bile, s’endurcit d'une manière étonnante. »

Un siècle plus tard, Glisson décrit une colique hépatique sur lui-même, mais sans en connaître la nature, « le foie ne pouvant en être le siège, parce que les douleurs s’étendent à des endroits trop éloignés de lui ». — Quatre ans plus tard (1058;, Wepfer en signale le phénomène douloureux, prédominant d’après lui à l’épigastre ( juxta carlilaginem ensi forme m). C'est la colique hépatique à forme pseudo-gastralgique que nous décrirons plus tard et que les auteurs (Fr. Hoffmann, Van Swieten, Tacconi, Morton) ont nettement signalée au cours du xvuie siècle. Hoffmann (1731) parle d’une femme qui, pendant trente ans, fut tourmentée par d’atroces « douleurs d’estomac dont la cause échappait aux médecins et chez laquelle on a trouvé une vésicule remplie d’un grand nombre de calculs ».

La notion de la contraction spasmodique des canaux biliaires

LITHIASE BILIAIRE ET COLIQUE HÉPATIQUE

capable de produire l’ictère, même sans calculs, est révélée par Ettmüller (1644-1683), suivi bientôt par Baglivi, qui désigne ce phénomène sous le nom de « crispature » de la vésicule, puis par Morgagni, par Van Swieten, qui conseillait déjà l’emploi de l’opium pour « résoudre les parties contractées par le spasme ». De nos jours, cette idée a été reprise, et les expériences de Laborde et Audigé ont nettement démontré que l’élément douleureux de la colique hépatique réside surtout dans ce spasme (1). Cette notion est définitivement acquise, quoiqu’en Allemagne on ait voulu l’ébranler dernièrement (1899), avec Riedel qui attribue à la colique hépatique une origine inflammatoire, avec Kehr qui voit dans la distension vésiculaire provoquée par une hydrocholécystite aiguë la cause principale des crises douloureuses.

Dans une thèse ancienne et peu connue (1738), Sabatier donne une bonne description clinique de la maladie et ajoute, l'un des premiers, une observation personnelle à un fait de Boucher relatif à une obstruction intestinale par la présence d’un gros calcul biliaire. — Auparavant (1726), Vater avait décrit la « fièvre hépatalgique », qui avait ainsi précédé de cent ans la notion de la névralgie du plexus hépatique d’Andral (1830) et de l’hépatalgie de Beau (1851) comme causes de la colique hépatique.

Dans ses œuvres diverses (1743 et 1790), Jean-Louis Petit signale deux symptômes que l’on devrait rechercher plus souvent, la distension de fa vésicule et la crépitation calculeuse. On constate celle-ci sous la main par la pression de la vésicule, ce qui donne la sensation de choc, de frottement, de collision des calculs entre eux, comme s'il s’agissait d’un bruit de noix. Ce signe n’a été de nouveau retrouvé que beaucoup plus tard, en 1823 par Lisfranc et en 1849 par Martin- Solon, non seulement au moyen de l’exploration digitale, mais aussi par l'auscultation.

Les premières indications sur le traitement chirurgical des

(I) LAnoMiF., Bull, de thérap., 1874. — Arnica:, Thèse de Paris, 1874.

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