‹ Maladies de l'appareilChapitre 177 sur 194 · CI · texte numérisé non relu

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Il n’en est pas de même de V hy pochlorurie urinaire (inférieure^ I gramme par jour) et surtout de Yachlorurie, lorsqu’elles surviennent en dehors des conditions que je viens de signaler (privation de chlorures dans l’alimentation, régime lacté absolu, maladies aiguës, pneumonie, diarrhées abondantes).

Dans mes leçons sur l’intoxication diabétique (1), j’ai cité une observation de mort rapide chez un diabétique ancien, alors que les urines renfermaient seulement quelques grammes de glucose, et 35 centigrammes de chlorures urinaires en vingt-quatre heures. — Un autre malade, atteint d’une affection bulbaire (tachycardie dite essentielle paroxystique), présente brusquement un abaissement considérable dans l’élimination des chlorures urinaires (65 centigrammes par vingt-quatre heures), et m’appuyant sur ce fait, je dis que la mort est imminente ; celle-ci survient quarante-huit heures après. — Un troisième malade, atteint depuis trois ans environ d’artériosclérose généralisée avec accès angineux, succombe au moment même où une grande amélioration parait établie déjà depuis plusieurs mois. Un jour on trouve moins de 1 gramme de chlorures dans les urines. Le pronostic est déclaré alors fort grave, et la mort survient effectivement dans la nuit meme qui suit la consultation, alors que rien ne faisait présager une terminaison si rapide.

Ce fait du pronostic tiré de l’hypochlorurie urinaire n’est pas suffisamment connu, et cependant, en faisant des recherches à ce sujet, on en trouve la mention très explicite dans l’excellent livre de Méhu (2) :

« Une diminution considérable dans la quantité des sels minéraux, hors de toute proportion avec le poids des matières fixes, est toujours d’un pronostic très fâcheux, [.'absence du chlorure de sodium est ordinairement l'indice (l’une mort prochaine. »

Méhu cite à l’appui les faits suivants : Dans une urine qui

(1) If. Huchari), Journal des praticiens, 1893.

(2) Méhu, Urine normale et pathologique, 1880.

LES URÉMIES ET LEUR TRAITEMENT

laissait ï28Kr,(i de résidu sec par kilogramme, il y avait près de 19 grammes d’urée et seulement ()e',77 de sels minéraux ; ni chlorure de sodium, ni phosphates. Le malade mourut dans les vingt-quatre heures. — Il rappelle encore que, chez plusieurs malades atteints d'affections organiques du foie, il n’a pas trouvé de chlorure de sodium dans l’urine desderniers moments de la vie, bien qu’il y eût encore une quantité notable des autres sels.

Voilà des faits importants au double point de vue du pronostic et de l’indication thérapeutique. Leur interprétation esl assez difficile. 11 serait indispensable en pareil cas de connaître exactement, avec le chiffre des chlorures éliminés par les urines, celui des chlorures rejetés par les selles et enfin la quantité ingérée dans les vingt-quatre heures.

L’étude d’observations assez récentes dans lesquelles le bilan des chlorures a été établi pendant de longues périodes (1) peut apporter ici quelque lumière. Les cas dont nous venons de parler peuvent être expliqués, soit par une rétention absolue des chlorures, soit par l’impuissance de l’organisme à les assimiler. De toute façon, le pronostic est grave, car l’immobilisation ou l’absence de ces chlorures équivaut à une inhibition des échanges, à l’immobilisation de la vie cellulaire.

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