I. — Historique
Dès 1819, Laennec consacrait quelques lignes à un œdème pulmonaire aigu qui peut suivre une péripneumonie grave, à un « œdème idiopathique » qui emporterait quelquefois dans une « orthopnée suffocante » les enfants après une rougeole. Mais il ajoute qu’il n’a pas eu l'occasion de vérifier souvent le fait.
C’est Andral (pii, en 1837, a nettement déclaré qu’à côté de l’œdème chronique ou passif du poumon il y a lieu de décrire un œdème aigu ou actif caractérisé par des allures rapides et comparables à celles de l’œdème de la glotte. Il distingue judicieusement deux formes : l’une aiguë , l’autre surtout suraiguë à début brusque avec orthopnée extrême et terminaison presque foudroyante. Déjà, trois ans auparavant, en 1834, en rapportant quatre observations se rattachant à des maladies différentes (bronchite chronique, pneumonie, épanchement pleural, anévrysme du cœur), il disait déjà qu’il s’agit « d’une transsudation mécanique d’une partie du sérum du sang », d’une sorte de mouvement fluxionnaire, inconnu dans son mode de production et sa cause prochaine, mais que « l’on ne saurait confondre avec l’inflammation ». Il ajoutait qu’une prompte asphyxie peut être le résultat de la rapidité avec laquelle le liquide s’accumule dans les voies aériennes (1).
Après Andral, le silence se fait sur celte question pendant de longues années : à part Legendre, qui en 1846 publie un mémoire sur « l’œdème aigu du tissu cellulaire du poumon à la suite de la scarlatine », Devay et Souin de la Savinierre qui dans leurs thèses inaugurales (1855 et 1873) rapportent quelques faits au cours du mal de Briglit.
Il faut arriver jusqu’en 1879 pour trouver quelques observations éparses : l'une d’elles que j’ai publiée à cette époque
(1) Amiral, Annotations à la. 4e édition de Y Auscultation médicale de Laennec, et Clinique médicale, 1834.