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UN MOT SUR LES CONGESTIONS PRIMITIVES

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question où l’on s'est complu à décrire six ou huit formes absolument différentes de la maladie. Or, selon moi, il y a une congestion primitive avec des modalités diverses, comme dans toute affection. La « fluxion de poitrine catarrhale » de I)upré et Grasset (de Montpellier) est un degré de plus que la congestion pulmonaire. La congestion pleuro-pulinonaire décrite par Potain et son élève Serrand est tout simplement une hyperémie du poumon avec léger épanchement pleura en nappe. La fameuse spléno-pneumonie est encore à démontrer et sa désignation de « maladie de Grancher » est fausse, .à moins que l'on veuille attacher un nom propre aune maladie qui est comme le rendez-vous de beaucoup d'erreurs de diagnostic et dont la preuve anatomique n’a jamais été nettement donnée.

La question est plus simple, et encore une fois, il existe une congestion pulmonaire aiguë, sorte de pneumonie abortive, bien décrite dès 1839 par J. Fournet qu’on ne cite guère et dont on n'a pas lu suffisamment le livre remarquable pour l’époque. Son tort a été de croire que cette congestion active, comme il l’appelle, est le plus souvent un phénomène prémonitoire de la phtisie pulmonaire. En cela, Woillez a été bien mieux inspiré en la décrivant comme une maladie primitive, non comme une maladie secondaire (1).

Elle débute souvent par un frisson ou quelques frissonnements, par une légère douleur de côté sous-mammaire avec température de 38°, 5 à 39° et même 10° parfois. Il y a peu de dyspnée, une expectoration gommeuse, transparente et non adhérente, assez rarement sanguinolente. Les vibrations vocales sont à peine exagérées, la matité peu accusée avec ampliation thoracique très nette, il n’y a pas de bronchophonie. A l’auscultation, respiration légèrement souillante à tonalité un peu basse apparaissant souvent d’emblée sans

(1) Jules Fournet, Recherches cliniques sur l'auscultation et sui la première période de la phtisie pulmonaire. Paris, 183!). — Woillez, Recherches cliniques sur la congestion pulmonaire [Archives de médecine, 1866). Traité clinique des maladies aiguës de l’appareil respiratoire. Paris, 1872.

être précédée parfois de râles crépitants, siégeant surtout a la partie moyenne de la poitrine, très légère égophonie et submatité assez étendue, surtout lorsqu'il y a un peu de liquide en nappe dans la plèvre, d’où l’apparence parfois d'un épanchement pleural abondant, ce qui n’est pas. Avec ce souille, on perçoit souvent, mais non toujours, quelques ronchus crépitants, ou plutôt sous-crépitants, et la toux est souvent nulle ou rare. La durée est plus courte que dans la pneumonie, la fièvre éphémère et la température baisse du troisième au cinquième jour, en même temps que tous les symptômes d'auscultation et de percussion disparaissent.

Dans des cas exceptionnels, la congestion pulmonaire précède la pneumonie, comme Dreyfus-Brisac en a cité un exemple intéressant et comme je l'ai vérifié parfois. Chez un vieillard on ne trouve d’abord qu’une congestion pulmonaire presque insignifiante, et trois jours après, sans point de côté, on constate une pneumonie qui emporte le malade en quelques jours (1).

C’est tout ce qu’il convient de savoir sur cette congestion pulmonaire aiguë et primitive qui n’est souvent qu’une pneumonie abortive. La pneumonie franche s’en distingue par l'évolution plus longue, par des symptômes plus intenses et plus fixes, par une expectoration sanguinolente et caractéristique.

(!) Dreyfus-Brisac, La congestion pulmonaire \ Annales de médecine, 1893).

TRAITEMENT DES PNEUMONIES GRIPPALES

I. Quelques caractères cliniques. — Unicistes et dualistes. Caractères bactériologiques, cliniques, anatomiques. Caractères cliniques inlluencés par l’état grippal.

II. Indications thérapeutiques. — La maladie est au poumon, le danger au cœur. Atteinte au système nerveux. Chez les vieillards, le danger est au rein. Indication thérapeutique visant le l'oie et le rein. Inutilité et dangers des expectorants à outrance, du tartre stibié, de la saignée, des vésicatoires. Utilité de la thérapeutique compensatrice : le cœur, organe compensateur.

III. T hautement. — 1° Danger au cœur et au rein. Utilité de la digitale dès le début; régime lacté pour favoriser la fonction rénale. Quinine contre l’état fébrile et la maladie. Action neutralisante de la digitale sur les toxines du pneumocoque; action leucocytaire de la digitale dans la pneumonie. — 2° Danger au système nerveux. Potion de Todd; injections hypodermiques d’éther, de caféine, d’huile camphrée; injections de sérum antidiphtérique; strychnine ; bains froids ou bains chauds répétés. Dangers des injections salines. — 3° Antisepsie gastro-intestinale, buccale, rhino-pharyngée . Lait contre les insuffisances rénale et hépatique. Alimentation. Effets douteux do l’antisepsie intestinale par les médicaments. Lavages de la bouche et de la gorge, gargarismes fréquents; savonnage des dents. Désinfection du rhino-pharynx.

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