II. — Œdème pulmonaire et cardiopathies artérielles
On n’avait pas vu les rapports existant entre l'œdème aigu du poumon et les affections aortiques ou les cardiopathies artérielles, et cette relation n’est que vaguement exprimée par Andral : « Dans les affections organiques du cœur, plus que dans tout autre cas, les petites bronches viennent à exhaler en très grande quantité un liquide incolore, mucososéreux qui, s’accumulant dans les voies aériennes, produit pendant la Aie un surcroît de dyspnée et les deux variétés de râles bronchiques humides ». Pour lui, cet œdème à siège plutôt bronchique que pulmonaire, n'était autre chose qu'une « forme de sécrétion de la membrane muqueuse des bronches ».
Un malade dont j’ai publié l’observation dès 1879, était atteint d’aortite subaiguë d’origine goutteuse avec crises angineuses, et il a fini par succomber à plusieurs accès de violente dyspnée, coïncidant avec des poussées subites de congestion ou plutôt d’œdème pulmonaire, caractérisées par des râles crépitants fins, nombreux, mobiles, par une sputation séro-sanguinolente, écumeuse et très abondante (2).
Tel était le premier exemple d’un œdème aigu du poumon survenant par le fait d'une aortite, et d’autres observations dont le nombre augmente chaque jour — tant il est vrai
(1) Dieülapov, Clin. méd. de V Hôtel-Dieu. 1897. — I-Ionnokat, Processus histologique de l'oedème pulmonaire d’origine cardiaque. Thèse de Lyon, 1887. — A. Luné, De la congestion pulmonaire urémique. Thèse de Bordeaux, 1887. — B. Fouineau, De l’œdème du poumon. Thèse de Paris, 1898. — G. Chemehy, OEdème aigu du poumon et sa pathogénie en particulier. Thèse de Paris, 1908.
(2) 11. Hüchabd, Angine de poitrine cardiaque et pulmonaire avec paralysie consécutive du pneumogastrique (Union médicale, 1879).
FORMES CLINIQUES
qu’en médecine on trouve souvent ce que l'on cherche attentivement — m’ont démontré que c’est là, que c’est surtout dans les rapports unissant les affections aortiques et périaortiques avec la production de l'œdème pulmonaire aigu, que réside l’intérêt du problème clinique, au double point de vue de la pathogénie et des indications thérapeutiques. Mais, comme dans les cardiopathies artérielles, la maladie est au cœur et le danger au rein, ainsi que je ne cesse de le répéter, il en résulte (pie le facteur rénal n’est pas sans jouer un rôle important dans la production de ce phénomène clinique.