III. — Traitement
La laryngite stridulcuse est composée de deux éléments : une inflammation catarrhale, un spasme du larynx. Il ne s’agit pas d’un simple phénomène mécanique, il faut encore faire intervenir une influence nerveuse, et les troubles laryngés graves peuvent se manifester dans les rougeoles les plus bénignes.
120 LARYNGITE STRIDULEUSE GRAVE; TRAITEMENT
Ce qui constitue le danger dans les cas graves, ce n’est pas l’inflammation qui peut être légère ou intense sans augmenter la gravité, c’cst le spasme. Donc, c’est contre lui qu'il faut lutter.
Traitement médical. — D’abord, avant le traitement chirurgical, un traitement médical hâtif s’impose. Quel est-il ?
Les vomitifs dont on abuse dans ces cas, l’éponge et les fameuses compresses d'eau très chaude sous le menton et au-devant du cou, indiquées par Graves, le traditionnel sinapisme sur les membres inférieurs, les potions à l'éther, l’antipyrine, les enveloppements froids du thorax, sont des moyens infidèles et insuffisants.
Dans la dernière de mes observations, je n’ai pas hésité à prescrire pendant huit jours, chez une fillette de quatre ans et demi, le bromure de potassium à haute dose , à i et même 5 grammes par jour. Sans doute, les auteurs parlent d’une façon un peu banale de cette médication; mais, ce qui importe ici, c'est la dose élevée du médicament qu’il faut d’emblée prescrire, sans crainte d’accidents toxiques, si l'on veut arriver promptement et sûrement à la sédation des réflexes glottiques.
J'ai vu un enfant de vingt et un mois, qui fut pris pendant la nuit d’un accès très sérieux de faux croup, et la guérison rapide a été certainement due au bromure, dont j’ai élevé progressivement la dose jusqu'à 1 gramme et même 1 er,50. Mais il faut bien se rappeler que cette médication doit être suivie pendant cinq à huit jours au moins, l’expérience clinique ayant démontré que les accès de faux croup se répètent pendant plusieurs nuits de suite.
Traitement chirurgical d’urgence. — 11 ne faut y avoir recours qu’à la dernière extrémité, lorsqu'on a épuisé tous les moyens médicaux, lorsque l’asphyxie est menaçante. Alors, comme le dit Trousseau, il devient une nécessité et un devoir. Le traitement chirurgical se compose de deux
TRAITEMENT
moyens : la trachéotomie, etde préférence le tubage àw larynx.
A une époque où le tubage laryngé n'était pas connu, j'ai pratiqué une trachéotomie pour un cas grave de faux croup, et je suis convaincu d'avoir sauvé la vie de l’enfant. Trousseau rapporte, de son côté, que par la trachéotomie Ad. Richard a rendu à sa mère un enfant qui mourait suffoqué par la laryngite striduleuse.
Le tubage est souvent préférable, pour beaucoup de raisons, surtout parce que cette opération expose à moins de dangers, dans une maladie comme la rougeole où les infections secondaires sont nombreuses et sont encore facilitées par l'ouverture béante de la trachée. Cependant, il ne faut pas se dissimuler que, dans certains cas, le tubage est insuffisant parce qu’il peut contribuer, par la présence du corps étranger, à entretenir ou à augmenter encore le spasme laryngé. Dans ces cas graves, peut-être moins rares qu’on le pense, la trachéotomie est plutôt indiquée.
Le plus souvent, je le répète, l’opération peut être évitée par l’emploi hâtif du bromure de potassium à haute dose, c'est-à-dire à dose suffisante pour supprimer le réflexe laryngé. Le bromure de potassium est de beaucoup préférable à tous les autres bromures (de sodium ou d’ammo-
nium).
BRONCHITES INFECTIEUSES; TRAITEMENT
I. Exposé clinique. — 1° Bronchite primitive à pneumocoques. Expectoration spéciale: râles sous- crépitants avec inspirations brèves et inachevées ; bronrhoplégie. Importance prépondérante des troubles fonctionnels. — 2° Bronchites secondaires à pneumocoques dans la pneumonie, la grippe, la diphtérie, la tuberculose. Exemples de bronchite capillaire muco-purulentc et à pneumocoques dans cette dernière maladie; ses conséquences pour le diagnostic et le pronostic. Importance thérapeutique des infections secondaires dans la phtisie. — 3° Bronchite infectieuse des enfants. Début souvent aigu et rapide avec fièvre et prompte apparition des phénomènes respiratoires et asphyxiques. Résultats de l’examen nécroscopique. Variations de la tlore microbienne des infections bronchiques. — 4° Bronchite hémorragique. Variété à l’étude.
II. La dyspnée dans les bronchites infectieuses. — Dyspnée mécanique et dyspnée toxique.
III. Indications thérapeutiques. — 1° Défense de l'appareil respiratoire : a, isolement du malade et antisepsie bucco-pharyngienne; h, antisepsie bronchique. — 2° Balnéation chaude dans les maladies infectieuses. — 3° Inhalations médicamenteuses dans la phtisie pulmonaire; un exemple de guérison. — 4° Inutilité des vomitifs et des expectorants.