LA DYSPNÉE DANS LES BRONCHITES INFECTIEUSES
tifs chez les enfants, des potions ou pilules dites expectorantes, ou d'autres ingrédients chez les adultes et les vieillards. On ne voyait que l'obstruction bronchique dans la genèse des accidents, et on ne tenait aucun compte d’un élément plus important, de l'infection ou de l’intoxication. Les cliniciens avaient bien constaté quelques symptômes asphyxiques, facilement, trop facilement explicables par une pneumonie centrale ou latente qui n’arrivait pas à se faire jour, ou encore un état de cyanose qu'ils attribuaient à l’envahissement des bronches capillaires. Ils voyaient bien la dyspnée mécanique par obstruction bronchique [dyspnæa ab aere) ; mais ils méconnaissaient presque toujours la dyspnée toxique par altération du sang [dyspnwa a sanguine ). Or cette dernière est très importante; elle est un élément très sérieux de pronostic dans la pneumonie des adultes ou des vieillards, comme je ne cesse de le démontrer au lit des malades.
Voici une pneumonie lobaire occupant tout un lobe par exemple, et cependant la dyspnée est modérée, en désaccord avec l'étendue et la profondeur des lésions. En voici une autre, caractérisée par des lésions moins étendues et n’intéressant qu’une faible partie du poumon ; et cependant la fièvre est intense, la dyspnée, hors de proportion avec les phénomènes stéthoscopiques, s’accompagne souvent d’une teinte pâle et blafarde du visage. Ici le pronostic est grave parce qu’il s'agit d'une dyspnée toxique , tandis que dans le premier cas (dyspnée mécanique) vous pouvez être beaucoup plus rassurés. Cette action toxique avait été autrefois entrevue dès 1843 par Beau. Il disait que dans certaines formes de catarrhe bronchique chez les enfants, l’exsudât des bronches dégluti par eux était doué de propriétés toxiques et qu’il devenait ainsi une des principales sources d’empoisonnement de l’organisme (1).
(1) Beau, Journal de médecine, 1843.
BRONCHITES INFECTIEUSES; TRAITEMENT