BRONCHITE SÈCHE
les calmants ou les opiacés; il fallait chercher à la modifier, à transformer une toux sèche en une toux humide.
\ oilà un petit fait pratique qui a son importance; il prouve une fois de plus que l’on abuse de la médication symptomatique et qu’il faut toujours s’élever jusqu’au traitement pathogénique. Ainsi, la notion de la bronchite uricémique démontre que la médication substitutive par les sulfureux n’est pas toujours indiquée au début, et qu’il faut avoir d'abord recours aux agents éliminateurs ou réducteurs de l'acide urique, ainsi qu’à une hygiène et à un régime alimentaire rationnels. Cela vous a été démontré dans mon étude sur le cœur uricémique (1).
Quand il s’agit de combattre l'uricémie, non seulement par le régime alimentaire lacto-végétarien, mais aussi par les médicaments, on croit avoir rempli toutes les indications en favorisant la diurèse par le lait et le laitage, ou encore par la théobromine. Or, celle-ci peut bien éliminer les urates et l'acide urique, mais elle ne les réduit pas, et il est démontré, contrairement à l'opinion commune, que les sels de lithine et la lithine les précipitent. On peut cependant associer le quinate de lithine à la théobromine, d'où le nom de quinobromine que je lui donne (0,25 centigrammes de quinate de lithine et de théobromine ; 2 à 3 cachets par jour). Il est préférable d’associer à l'agent éliminateur (théobromine) l’agent réducteur par excellence (acide thyminique). Sous le nom de thymobromine, je prescris tous les matins, au réveil et au lit avec un verre d’eau, un cachet de 0,30 centigrammes de théobromine et de 0,15 centigrammes d'acide thyminique. La pipérazine et ses sels (sidonal, ou quinate de pipérazine) sont encore de bons réducteurs de l'acide urique et des urates.
(1) Voir le tome I des Consultations médicales : Thérapeutique clinique. Paris, 1909.
Huchard. — Consultations médicales, t. III.