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MANIFESTATIONS GÉNÉRALES

arretés dans leur développement, et les seins sont tellement accrus qu ils semblent appartenir à une femme adulte. L’hypertrophie de ces organes est distincte de la tuberculose mammaire, puisqu'elle consiste dans une augmentation de volume simple, sans néoplasie. Or, lorsque l'on constate chez certains individus ces attributs de féminisme, on peut craindre et il faut chercher la tuberculose.

D’après Leudet qui, en 1885, a appelé l'attention sur ce fait certainement contestable, Y hypertrophie mammaire serait parfois un symptôme de la phtisie confirmée. Cette augmentation de volume, unilatérale, se produisant du côté du poumon atteint, précédée souvent de douleurs intercostales, à développement assez brusque, pouvant apparaître et disparaître rapidement, serait dans certains cas un signe précoce de la maladie (1). Elle n’est pas liée à cet aspect féminin de certains individus prédisposés à la tuberculose, puisqu’elle existe à l’état isolé, et semble être le résultat de troubles trophiques dus à la névrite intercostale, au même titre que l’atrophie des muscles thoraciques. Elle peut être bilatérale, comme j’en ai vu un cas intéressant.

Je vousai parlé de l’arrêt de développement, de l’infantilisme qui peut être parfois le signe indicateur d’une tuberculose. Dans d’autres cas, c’est le contraire qu’on observe. Vous voyez desjeunes gens croître d’une façon démesurée (véritable hommes-peupliers) et devenir ensuite tuberculeux. J’en ai vu qui arrivent ainsi très rapidement à la taille de lm,80, même davantage, et qui un beau jour sont pris d’une hémoptysie. Cette croissance exagérée et rapide chez des individus prédisposés par leurs antécédents, doit tenir votre esprit en éveil sur le développement possible d’une tuberculose.

VIII. — Je ne fais que vous signaler les conformât ions vicieuses du thorax que l'on peut observer chez les individus voués à la tuberculose : l’amoindrissement des diamètres laté-

(1) Allot, Thèse de Paris, 1887.

Huchard. — Consultations médicales, t. lit. 12

ral ou antéro-postérieur, d’où la forme cylindroïdè qu'affecte le thorax tuberculeux au lieu de la forme conoïde qui est normale : la brièveté excessive des trois premières côtes, d'aprcs Frcund ; la diminution de l'espace intermammaire, d’après Gintrac ; la brièveté de la poitrine a la partie supérieure, d’après Ilirtz; d’autres conformations vicieuses du thorax un peu banales, en proéminence (poitrine de poulet) ou avec retrait (poitrine de cordonnier) d'après Scbrôtler. « La phtisie tuberculeuse — disait Cullcn — affecte les personnes qui ont un cou long, une poitrine étroite et des épaules proéminentes. » Ce sont là de

(pie vous trouverez bien exposés dans plusieurs travaux (1).

Je ne m’arrête pas davantage sur les ongles hippocratiques qu'on rencontre dans d'autres maladies, et sur « l’habitus phtisique » que les auteurs anciens, et Arêtée parmi eux, avaient si bien décrits, mais Laennec a remarqué judicieusement <pie la terrible maladie emporte fréquemment .les hommes les plus robustes et les mieux constitués.

En résumé, les signes tirés du faciès, de la constitution tuberculeuse et des conformations vicieuses du thorax ne sont pas toujours exacts, ils n’ont même pas une grande valeur scientifique, et ils peuvent souvent induire en erreur.

N ous savez comment débute une tuberculose vulgaire. Un individu, jusqu'alors en bonne santé, est pris brusquement d'une hémoptysie. C’est là le signal de toute la série des symptômes qui vont se dérouler ensuite. Sans évoquer outre mesure ce spectre rouge de l'hémoptysie au début de la tuberculose, je dois dire qu’un crachement de sang survenant en l'absence de toute lésion cardiaque ou artérielle, ou de toute influence arthritique, est le plus souvent de nature tuberculeuse. Mais ce n'est pas l'hémoptysie qui donne naissance à la phtisie, comme le croyait Morton ( phtisie ha he-

(1) Tnuc, Le tliorax tuberculeux (Lyon médical, 188o). — Reboul, Thèse de Montpellier, 1887. — Yox Sciirütteb, Ilygiùnc des poumons [traduction française, 1 '.*()(»).

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