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V. — Diagnostic expérimental

Je serai bref sur ce diagnostic décrit aujourd'hui un peu partout et suffisamment connu.

1° On injecte sous la peau ou dans le péritoine d’un cobaye du bouillon ou du sérum physiologique contenant le crachat suspect dilué. Puis, après six à huit semaines environ, l'animal sacrifié doit présenter des lésions tuberculeuses, si l’expectoration est réellement de nature bacillaire.

Trois autres méthodes, d’une durée moins longue, sont encore employées : la sous-cuti- réaction, la cuti-réaction , Voculo-réaction.

2° On injecte sous la peau, surtout pendant la période apyrétique, tous les trois jours, un dixième de milligramme de solution de tuberculine que l’on peut répéter trois ou quatre fois. On prend la température toutes les deux ou trois heures et la réaction fébrile d’au moins un degré, pouvant se manifester cinq heures après, quelquefois seulement au bout de vingtquatre ou trente-six heures, indique l’existence de la tuberculose. En un mot, on constate des signes de réaction générale et locale. Les premiers consistent dans les symptômes suivants: céphalée diffuse, accélération du pouls en rapport avec la température, sensation de fatigue, de courbature générale avec quelques douleurs névralgiques, parfois quelques troubles digestifs. Les seconds sont de deux ordres: du côté du poumon avec exagération de quelques-uns des signes physiques au

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point malade, de la congestion péri-tuberculeuse pouvant se manifester par quelques crachats hémoptoïques; au niveau de la piqûre, léger empâtement avec rougeur.

3° La cuti-réaction, imaginée par von Pirket, consiste dans le dépôt d’une gouttelette de tuberculine diluée sur une scarification cutanée. Au point d’inoculation, on voit se produire une petite papule semblable à la papule vaccinale, d’un rouge clair, puis d’un rouge plus sombre. Ce procédé est beaucoup plus sensible chez les enfants.

4° Voculo-réaction , indiquée par Calmette (de Lille) et Wolf-Eissner (de Berlin), consiste à instiller dans l'angle interne de l’œil une goutte de la solution de tuberculine, en ayant soin de bien s'assurer du bon état de l’œil et des paupières. La réaction inflammatoire et congestive sur la muqueuse oculaire indique la présence de la tuberculose. Mais, il faut être prudent ; car, on a signalé à la suite, des lésions plus ou moins graves de l’appareil oculaire, des kérato-conjonctivites plus ou moins graves. Du reste, la méthode de tuberculinisation présente des contre-indications formelles dans les cas suivants : élévation de la température, hémoptysie récente, néphrite et tuberculose rénale, menaces de méningite, lésions viscérales multiples, convalescence de maladies infectieuses.

5° Le séro-diagnostic , à la condition qu’il soit pratiqué chez des sujets indemnes de fièvre typhoïde ou de traitement mercuriel, donne des résultats exacts, surtout au début. Mais, si son résultat est positif et permet d’affirmer l'existence de la tuberculose, on ne peut conclure toujours à son absence lorsque le résultat est négatif, et il faut alors recourir à d’autres moyens d’exploration.

0° L’épreuve de Yiodure de potassium , qui déterminerait parfois quelques poussées congestives au sommet, est absolument infidèle, et doit être abandonnée. Il n’en serait pas de même de celle des injections de sérum artificiel qui détermineraient une élévation de température, surtout chez les enfants tuberculeux, d'après lïutinel et Lesage, Sirot (de Beaune), etc. Ici encore, les résultats sont douteux.

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