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ALCOOLISME

eupertrès sérieusement de cette question en France. Mais, il est un fléau grand pourvoyeur de la tuberculose, l’alcoolisme, dont on pourrait, sinon supprimer, au moins atténuer les funestes effets. Ces deux questions se tiennent — l’insalubrité du logement, l'abus de l’alcool, — puisqu'on plus de son action directe, le logement insalubre a une action indirecte et prédisposante sur l’alcoolisme, vérité traduite dans ces beaux vers des Ouvriers du poète Manuel :

Mais, ce sont les taudis et les foyers sans flamme,

Les bouges sans soleil pour le corps et pour l’âme,

Kt les réduits infects, pleins de navrants secrets,

Qui font rester le pauvre au fond des cabarets !

Pour combattre avec succès l’alcoolisme, il ne suffirait que d'un trait de plume limitant le nombre des cabarets et exigeant sévèrement l'autorisation préalable pour en fonder de nouveaux. Il faudrait se mettre résolument à l’œuvre et forcer la main qui tracera ce trait de plume libérateur.

Depuis la loi de 1880, qui a débarrassé le métier de cabaretier de toutes les entraves, que dire qui ne soit connu? L’existence de 5UO 00U débits de boissons en France; en Bretagne où la tuberculose, comme on le sait, sévit avec une grande intensité, l’existence, dans une petite localité de 850 habitants, de 52 estaminets (1 pour 5 électeurs) ; la fameuse loi sur l’ivresse n’étant pas appliquée et du reste incapable, comme toute pénalité, d'arrêter le flot montant de l’alcoolisme ; la suppression des droits d'octroi sur les boissons hygiéniques ayant remplacé seulement par l’alcoolisation par le vin frelaté et souvent suralcoolisé l'alcoolisation par l’eau-de-vie; les capitulations successives devant la toute-puissance de Sa Majesté l’alcool, etc. Tandis qu’en Suède et en Norvège, la terre classique de l'alcoolisme jusqu’en 1855 où la consommation annuelle par tète d’habitant était en alcool absolu de 231itres, on est arrivé, pardes mesures énergiques, à combattre le fléau de telle sorte qu’en 1880 le nombre des estaminets tomba, dans certaines localités, à un seul pour 13000 habitants.

Pendant (pie nous laissons s’aggraver chez nous le fléau

PROPHYLAXIE DE LA TUBERCULOSE

alcoolique, ce lléau qui peuple les hôpitaux de malades et de tuberculeux, les prisons de malfaiteurs et les asiles de nombreux aliénés, nous voyons qu’en Belgique on défend la vente de l’absinthe, et qu’en Turquie — qui l’eût cru? — le sultan interdit la consommation des boissons alcooliques dans tous les établissements publics. En France, les Congrès succèdent aux Congrès, et dans celui de 1903, qu'est-il advenu de ce vœu émis à l'unanimité ?

« Que la loi limite le nombre des débits de boissons; qu elle interdise l'annexion d’un débit accessoire à un établissement commercial et aux débits de tabac. »

Pourquoi l’État n’a-t-il rien fait ? C’est bien simple. Il n’a rien fait, parce qu’il est entravé par des obstacles d’ordre électoral ; et c'est ainsi qu’en Angleterre, lord Roseberry, conscient du danger, a prononcé cette phrase célèbre : « Si l’État ne se hâte pas de devenir le maître du commerce des liqueurs, le commerce des liqueurs deviendra le maître de l’État. » Parole menaçante et prophétique, puisqu’on a vu lin jour les brasseurs, les distillateurs, les débitants de boissons de la Grande-Bretagne, tous naturellement syndiqués, se ruer dans une lutte furibonde et folle pour obtenir la majorité à la Chambre des communes, et puisqu’en France on a pu contempler une « illustre cité » de 110 000 habitants avec 2 050 estaminets, et un Conseil municipal composé de 29 cabaretiers sur 30 membres!

On dit partout que la tuberculose est une maladie sociale, qu'il faut la combattre sans trêve ni repos, et on a raison. 11 y a aussi des maladies morales qu'on doit savoir regarder en face pour les plus sûrement vaincre; mais, il ne faut pas se payer de mots, en parlant toujours de « solidarité » qui, aux yeux de tant de personnes, crée des droits au lieu d’inspirer les devoirs.

A propos de la prophylaxie de la tuberculose qui est fille de l’alcoolisme, si les médecins ne savent pas prendre hardiment l'initiative (pie nous demandons contre les cabarets où le

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