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I. — Immunité de quelques pays

On proclame qu’il n’existe pas de climat réellement curateur de la phtisie. Cela est exact. Cependant on ne peut nier que les climats de la Côte d’azur et du Golfe de Gascogne, ceux de nos Alpes et des Pyrénées soient plus favorables, plus vivifiants que l’aride Silésie ou la froide Forêt Noire où quelques sanatoria ont été établis (1).

Quant aux sanatoria d'altitude, ils ont en apparence leur

(1) H. Huc.hard, Journal des praticiens, 1807.

TUBERCULOSE ET CURES CLIMATIQUES

raison d’être, depuis qu’il a été démontré par Jourdanet, dès 1861, que sur les hauts plateaux du Mexique et sur celui d’Anahuac en particulier la phtisie est inconnue, que la même remarque a été faite par Guilbert en 1862 pour les Cordillères des Andes, puis pour les hautes régions de 1 Abyssinie, du Tliibet et de l’IIimalaya. De même aux États-Unis, dans les régions au-dessus de 1 700 à 2 300 mètres, la mortalité par la phtisie est de 2,82 à 10 p. 100 décès, tandis qu’elle est de 20 à 25 pour les régions basses. Enfin les expériences bactériologiques ont établi l’absence presque complète de germes pathogènes au-dessus de 1 200 mètres. A ce compte, la station de Davos (1 558 mètres) et celle de Leysin (1 450 mètres) plus proche de la France, sont recommandées, surtout parce qu’elles sont protégées contre le vent, l’ennemi du tuberculeux, par la montagne et les forêts de sapins.

Il faut parler de cette immunité des lieux qui a tout d'abord soulevé un enthousiasme irréfléchi, depuis qu’en 1867, Marchai (de Calvi) prononçait ces paroles: « S’il existait de par le monde un pays où il n’y eut pas de phtisie pulmonaire, c’est là que l’on devrait envoyer les phtisiques, eux et leur lignée ». Déjà, en 1875, un auteur anglais avait judicieusement protesté contre cette idée, bonne en apparence, mais fausse en réalité. «Car, dit Théodore Williams, si l’on examine les localités connues pour la rareté de la phtisie, on trouve un tel contraste dans les conditions atmosphériques, qu’il est évident que l’immunité dont elles jouissent ne peut être attribuée à l’influence seule du climat, mais aux particularités de la vie au grand air, à la nourriture, aux habitudes des populations. Quelle identité peut-il exister entre le climat variable de l’Islande et les froids steppes de la Tartarie se trouvant à 100 pieds au-dessous du niveau de la mer, et les liants plateaux des Andes à 8000 et 10000 pieds au-dessus de la mer, et la brûlante présidence de Madras? Donc, nous ne pouvons suivre cette voie pour le choix d’un climat; car, ce ne serait

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