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IMMUNITÉ DE QUELQUES PAYS

qu’en imitant très exactement la manière de vi\ re des habitants de ces pays <jne l'on pourrait éviter le développement de la phtisie chez les sujets prédisposés (1). »

Deux ans plus tard, dans un travail remarquable que l’on ne cite guère et que l’on ne saurait trop méditer, le regretté L. Thaon (de Nice) protestait à son tour en disant que l’on ne guérit pas les tuberculeux en les envoyant sur de hautes montagnes, en les exposant au froid le plus rigoureux, en les promenant sur la neige pendant tout l’hiver. 11 se demandait si, d’après ces principes, on ne viendrait pas à installer quelques sanatoria en Islande, dans les pays des lvirghiz, malgré les épouvantables conditions atmosphériques de ces localités, parla seule raison que ces pays jouissent de l'immunité.

« La vérité réside dans un juste milieu ; il faut soustraire le phtisique au milieu malsain des villes, il faut relever ses forces en lui donnant un air tonique et pur; il faut lui épargner toutes les causes de refroidissement qui provoqueraient infailliblement de nouvelles poussées et lui interdire un climat. trop variable ou trop froid (2). »

L’immunité tuberculeuse chez les Islandais, chez les misérables pêcheurs du Canada, chez nos solides paysans de l’Auvergne, n’est pas absolue. 11 suffit aux premiers de se transporter en Suède et à tous de pénétrer dans nos villes pour payer un lourd tribut à la tuberculose, comme le démontrent les anciennes statistiques de Lagneau (3).

L’immunité pour une maladie n’est donc pas synonyme de curabilité; car l’air pur des montagnes, du reste déjà singulièrement contaminé, n’empêche pas, à lui seul, l’infection de poursuivre son œuvre dans l’organisme déjà sérieusement atteint. Alors, les phtisiques n’ont plus rien à attendre de l’immunité des lieux, d’autant plus qu’elle n’est pas synonyme

(1) G. Théodore Williams, Étude sur les effets des climats chauds dans le traitement de la consomption pulmonaire (analyse de 251 observations), 1875.

(2) L. Thaon, Clinique climatologique des maladies chroniques (phtisie pulmonaire). Paris, 1877.

(3) Lagneau, Académie de médecine , 1877.

TUBERCULOSE ET CURES CLIMATIQUES

d’immunité des hommes. D’autre part, il y a une hérédité de race qu’on a tort de passer sous silence au profil de la contagion, parce que celle-ci sert en apparence beaucoup mieux les intérêts des sanatoria. Ce que Lombard affirmai! autrefois n’a pas cessé d’être vrai : « L’immunité résulte, chez les montagnards, de l'effet séculaire de leur climat, qui peu à peu a constitué une hérédité et une race qui porte l'immunité en elle; le nouveau venu ne saurait en profiter immédiatement, surtout s’il apporte avec lui non seulement la diathèse, mais encore la localisation en pleine évolution ».

Méditez ces paroles, et vous préférerez aux pays froids de très haute altitude les pays chauds d’altitude modérée qui n’exposent pas aux bronchites, aux pleuro-pneumonies intercurrentes, qui sont moins capables de changer une phtisie torpide en phtisie éréthique ou fébrile. C'est ainsi que l’on peut voir assez souvent des tuberculeux fébriles venus de Falkenstein ou de Davos, devenir apyrétiques, quelques jours après leur arrivée à Menton.

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