‹ Maladies de l'Armée d'ItalieChapitre 5 sur 9 · MOYENNE A · texte numérisé non relu

MOYENNE A

Alexandrie.

Milan.

Brescia.

Pavie.

iPrinlemps. Mars, .ivril et mai. .

\Eté. . . . Juin, jiiillel et .aoilt.

'Automne.. Sept., uclob. et nov.

Hiver, . . Déc. janv. et fév. .

Moyennes annuelles. . .

Ainsi, dans toute la vallée du Pô, les hivers sont trèsfroids, les étés très-chauds et les deux saisons intermédiaires tempérées et très-variables. Les chaleurs commencent d’ordinaire au mois de juin et continuent jusqu’à la fin de septembre, époque vers laquelle les pluies rafraîchissent rapidement l’atmosphère. Les froids arrivent, presque toujours, subitement, en décembre et persistent leplus souvent jusqu’aux premiers jours de mars. Mars et novembre, dont la chaleur moyenne est d’environ 6% participent plutôt des qualités de l’hiver, taudis que mai et septembre, dont la température moyenne est de 18" environ, participent plutôt des qualités de l’été.

Ajoutez à ces caractères relatifs à la température, une grande humidité de l’air, des neiges fréquentes, et abondantes en hiver, des pluies abondantes et fréquentes au printemps et à l’automne, l’absence presque totale de vents violents en toutes saisons, et vous aurez une idée assez nette du climat normal de la haute Italie.

Observationx recueillies à Alexandrie 2)cndaut la campagne, rfi/ I"' mai 18o9 an ’M) avril 1860 (1).

Température moyenne du printemps. . . . 12,1

Idem, idem, de Tété 23,7

Idem, idem, de l’automne .... 12,8

Idem, idem, de Thiver — 2,1

Le maximum le plus élevé, 36“, a été observé le 4 Juillet, et le minimum le plus bas, — 17, 8“, le 21 décembre. Juillet est aussi le mois qui a offert la moyenne la plus élevée et décembre la moyenne lapins basse.

Excepté le mois d’août, où la décroissance de la chaleur s’est opérée avec une grande régularité, la température a été généralement irrégulière ; elle a présenté même parfois des variations assez notables en sens inverse de sa marche normale.

Les moyennes quotidiennes ont été 46 fois au-dessous de zéro — 1 fois en novembre, 19 en décembre, 18 en janvier, 7 en février et 1 en mars.

Les maxima quotidiens ont été : 347 fois au-dessus de zéro, 15 fois au-dessus et 3 fois à zéro; et les minima : 260 fois au-dessus de zéro, 97 au-dessous et 8 à zéro. Les minima au-dessous de zéro ont été observés : 12 fois en novembre, 27 en décembre, 26 en janvier, 24 en février et 8 en mars.

Le maximum le plus élevé étant 36“ et le minimum le plus bas — 17, 8, l’écart entre les deux températures extrêmes est de 53“, 8.

(1) Ces observations ont été recueillies, avec beaucoup de soin, par M. Lafont, médecin sous-aide requis.

MALADIES DK l’aHMÉE d’iTALIE.

Le premier minimum au-dessous de zéro a été noté le 13 novembre elle dernier le 15 mars. Des minima au-dessous de zéro ont donc été notés pendant une période de 122 jours, qui a offert 97 minima au-dessous, 19 au-dessus et 6 à zéro.

Les fluctuations journalières n’ont pas été généralement considérables. L’écart le plus étendu a été de 18, 5®, observé le 2 septembre. Les variations de 14, 15 et 16" étaient assez fréquentes en été, et celles de 7, 8, 9, 10, et 11 en hiver.

Pression. — Le plus fort maximum barométrique, observé le 9 janvier à 9 heures du matin, est de 768, 58, et le plus bas minimum noté le 2 décembre, de 734, 24,-34, 34 de différence entre les deux points extrêmes. Ce minimum n’a pas été subit, car depuis trois jours le baromètre baissait ; mais il a offert cette singulière coïncidence, qu’à partir de ce jour la terre est restée couverte de neige jusqu’au 17 mars suivant. Avant le 2 décembre, il était déjà tombé de la neige, mais jusqu’alors elle s’était toujours fondue en tombant ou peu après.

Les oscillations barométriques, généralement fort irrégulières, ont présenté d’autres fois une régularité remarquable ; c’est ainsi que, du 12 au 16 septembre, les moyennes journalières ont successivement baissé de 755,18 à 754,12-, 749,25-745,93 et 742,92 ; et que du 9 au 13 novembre, elles se sont aussi successivement élevées de 749,64 à 755, 16-759, 51-762,80 et 763, 58.

Le 25 décembre, à six heures du soir, la hauteur barométrique était de 749,25, et le lendemain, à 6 heures du

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matin, ù739,89-9,36 de différence; c’est le pliisgrand écart du baromètre survenu brusquement. Le 25, le vent était à l’ouest et il était tombé un peu de neige ; dans la nuit du 25 au 26, le vent avait diminué d’intensité et il était tombé 29 centimètres de neige.

Les plus fortes oscillations en hausse entre deux observations consécutives ont été : de 7,62 dans la nuit du 28 au 29 janvier, de 9, 77 dans celle du 6 au 7 février à la suite d’une éclipse de lune qui s’était terminée à 4 heures 29 m. du matin, et de 10,01 dans la matinée du 22 au 23 février. Celle-ci avait coïncidé avec un vent violent de nord-ouest et un abaissement hygrométrique de 98 à 70.

Humidité. — L’humidité absolue de l’atmosphère a augmenté, régulièrement, avec l’élévation de la température et dansles mêmes proportions, de janvier à juillet, et ellea diminué, avec la même régularité, de juillet à janvier.

L’humidité relative est peu importante à noter. Il n’y a pas eu de mois sans brouillards ou sans pluie, et pour peu que la pluie durât et que la température baissât de quelque degrés, l’atmosphère arrivait promptement à un état voisin de la saturation. Cet état de saturation, accidentel et éphémère en été, était très-fréquent en hiver.

Il y a eu, en général, une relation assez suivie entre le nombre des jours de pluie et la quantité d’eau tombée: cependant, en mars, où il y a eu 4 jours pluvieux, il n’est tombé que 3 mill. d’eau.

Des orages ont eu lieu : le 12 mai avec pluie insignifiante,

le 22 sans pluie, le 26 avec pluie abondante; le 16 juin

MALADIES DE l’ ARMÉE d’iTALIE.

sans pluie; le 15 août avec quelques gouttes d’eau, le 29 avec 6 mill. d’eau; le 10 septembre avec 95 mill. d’eau, le 17 avec 20 mill., le 18 avec 85 et le 29 avec 30.

En novembre il est tombé de la neige les 17, 18 et 19, et en décembre les 2, 3, 13, 14, 15, 19, 20, 23, 24 et 25.

Vents. — Sur 1,098 observations, les vents ont soufflé :

474 fois ou 43 fois sur 100 du côté nord (nord, N. E. et N. O.).

360 fois ou 33 fois sur 100 du côté sud (sud, S. E. et S. O.).

307 fois ou 26 fois sur 100 du côté est (est, N. E. et N. O.).

447 fois ou 40 fois sur 100 du côté ouest (ouest, N. O. et S. O.).

Les vents du nord et d’ouest ont été surtout fréquents en

hiver, et les vents du sud en mai, juin et juillet, c’est-à-

dire, pendant la période active de la campagne.

La pluie a coïncidé : 25 fois sur 100 avec les vents du nord, 21 fois avec les vents d’ouest, 14,6 fois avec les vents du nord-ouest, 12,5 fois avec les vents du nord-est, 8 fois avec les vents du sud, 8 fois avec les vents du sud-est, 9 fois avec les vents de siid-ouest et 3,4 fois avec les vents d’est.

Les vents du nord et surtout ceux du nord-ouest sont ceux qui ont amené les grandes pluies, et, la plus grande sécheresse a toujours coïncidé avec le règne des vents d’est et de nord-est.

Etat du ciel. — Sur 1,098 observations, le ciel s’est montré : sej'ein 556 fois ou 50 fois sur 100, nuageux 60 fois ou 5 fois sur 100, couvert 318 fois ou 27 fois sur 100, pluvieux ou neigeux 102 fois ou 9 fois sur 100; avec brouillard 60 fois ou 5 fois sur 100.

MALADIES DE l’aHMÉË D^U'ALIE.

iNous pouvons résumer de la manière suivante la marche et les caractères des saisons, pendant la campagne d’Italie, dans les localités de la Lombardie et du Piémont, occupées par nos troupes.

Printemps. — Température variable, plutôt froide que chaude; atmosphère humide; pluies froides et fréquentes.

Eté. — Arrivé subitement ; très-sec et excessivement chaud; chaleur continue et très-prolongée ; ciel généralement serein et parfois orageux.

Automne. — Chaud et prolongé ; pluies d’orage fréquentes et froides, mais généralement suivies du retour de fortes chaleurs.

Hiver. — Subit, sec, long et rigoureux ; froid très-vif et d’une continuité remarquable; une grande quantité de neige tombée en novembre, mais surtout en décembre, dont la terre est restée couverte depuis le 2 décembre jusqu’au 14 mars suivant.

Ajoutons, 1* que peudantlemois d’avrill8o9, époque du départ des troupes, le sommet des Alpes était encore couvert de neige; que la température, généralement basse, a varié entre 0,5 et25" — moyenne 13“— et la pression entre 762,03 et 735, 74 — moyenne 747,87 ; que les vents, généralement calmes et variables, soufflaient particulièrement de l’ouest et du nord-ouest; qu’il y a eu 5 jours de pluie et qu’il est tombé 45 mill. d’eau ; 2" que pendant le mois de mai 1860, époque de la rentrée de nos derniers soldats, la température, généralement élevée, a oscillé entre 8 et 27" — movenne

•MALADIKS UK |/aK.M15IÎ ll"nALII':.

17” — la pression atmosphérique /entre 738,71 et 748,07 — moyenne 731,71 — et l’humidité absolue entre 14,76 et 7,83 — moyenne 11,73 ; qu’il y a eu 3 jours de pluie et 36 mill. d’eau tombée ; qu’enfin les vents du sud et du nord ont été de beaucoup les plus fréquents.

Qualités insensibles de l' atmosphère. — Disons maintenant quelques mots des miasmes insaisissables, altérant l’atmosphère et dont celle-ci n’était que le véhicule. Ces miasmes sont de deux sortes : les miasmes végétaux et les miasmes animaux.

Dans les plaines de la Lombardie et du Piémont, les cours d’eau , les uns mal encaissés et sujets à de fréquents débordements, et presque tous admirablement disposés poulies irrigations, sont en grand nombre. Ces plaines, en outre, sont sillonnées d’innombrables canaux, de fossés, de nappes d’eau destinées à la culture du riz et des plantes fourragères, que les pluies abondantes du printemps avaient notablement grossis, que les chaleurs de l’été avaient totalement ou en partie desséchés et transformés en un vaste laboratoire d’émanations paludéennes, laboratoire auquel les pluies précoces et les chaleurs persistantes de l’automne avaient donné une nouvelle activité. C’est sur les bords du Pô et du Mincio, où nos troupes ont plus particulièrement campé aux diverses époques de la campagne, que ces foyers d’effluves palustres étaient le plus répandus et le plus actifs.

A l’influence pathogénique de la chaleur accablante du jour, contrastant souvent avec la fraîcheur humide de la nuit, de ces effluves palustres saturant, pour ainsi dire,

MALADIES DE 1,’aHMÉK d’iTALII:.

l’atniosphiTe, venait s’ajouter une antre eaiise, cause heureusement toujours superficielle ou limitée : les miasmes résultant de l’agglomération ou de l’encombrement, de la putréfaction de cadavres et de détritus animaux de toute sorte, toujours répandus en grande quantité à la surface du sol, au voisinage des camps. -Mais si, à Alexandrie, à Vigevano et dans quelques antres lieux où les malades étaient accumulés en grand nombre, on a pu redouter, par instants, l’invasion du typhus épidémiqiie, l’intoxication miasmatique animale, assez généralisée pour faire entrer l’élément typhique, à titre de complication ou d’accident , dans la constitution de l’armée, n’a été nulle part, grâce aux mesures prophylactiques prises de bonne heure, assez profonde, pour engendrer une véritable épidémie typhique.

Le corps d’observation, une fois dispersé dans ses cantonnements de Milan, de Brescia, d’Alexandrie, de Bergame, de Lodi, de Crémone, de Pavie, de Plaisance et de quelques autres points moins importants de la Lombardie et du Piémont, s’est trouvé, jusqu’à la fin de la campagne, à peu près dans les mêmes conditions d’alimentation, de vêtements et d’exercice qu'en France et en Algérie; mais il a continué d’être soumis, à des degrés différents, selon les localités, à l’influence des conditions climatériques déjà connues, des miasmes paludéens répandus partout, surtout à Crémone, Pavie et Plaisance, de l’agglomération dans les casernements, presque partout plus ou moins défectueux ou trop étroits.

nésumé dn 2* chapitre. — L’armée, inopinément partie

/lO MALADIKS UE l’ ARMÉE u’iTALlE.

de ses garnisons de France et d’Afrique, est arrivée en ^ Italie, une partie par terre et l’autre par mer, bien portante et dans d’excellentes conditions physiques et morales, à la fin d’avril et au commencement de mai 1859 ; les troupes venant de France étaient généralement prédisposées aux affections catarrhales ou phlegmasiques, et celles provenant d’Afrique aux affections intermittentes et bilieuses.

Elle a été soumise à l’action simultanée ou successive des ?

marches, des fatigues et des privations inséparables de la |

guerre ; des variations de la température et des pluies froi- î

des de la fin du printemps ; de la chaleur excessive et cou- 1

tinue de l’été; des pluies et de la chaleur persévérante de ^ : l’automne; du froid rigoureux, continu et très-prolongé de ■ l’hiver; d’une intoxication paludéenne rapide et profonde, 1 et d’une infection miasmatique animale très-générale, mais superficielle.

La chaleur et l’infection paludéenne sont les deux seules ;

causes morbifiques ayant eu assez de puissance ou de durée i pour exercer une influence générale et profonde sur l’ensemble de l’armée et pour dominer la constitution médicale; toutes les autres causes sont toujours restées secondaires ou n’ont eu d’action que sur des individus isolés.

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