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CHAPITRE DEUXIÈME

ÉTIOLOGIE.

Le choléra fut le premier ennemi de l’armée d’Orient. Avant la bataille de l’Alma, il avait déjà décimé les premières divisions, et jusqu’à la fin de la campagne il n’a pas cessé de lui faire des victimes.

En Italie, point de ces influences occultes préparant sourdement de grandes épidémies. Les conditions ordinaires et

MALADIES DE L AHMÉE d’iTALIE.

prévues de la guerre, les conditions de climat, de localité et de saison, de privations, de fatigues, d’agglomération et

d’encombrement, sont les seules influences pathogéniques

auxquelles Tannée ait été soumise pendant toute la durée de la campagne.

C’est à la fin d’avril 1859 que nos troupes commençaient leurs premiers mouvements de départ, et déjà le 15 mai suivant, elles étaient réunies aux environs d’Alexandrie. Une partie de ces troupes venait de France et l’autre de l’Algérie ; les unes étaient arrivées par mer et les autres par terre en traversant les Alpes. A la fin de juillet, après la conclusion de la paix, l’armée rentrait en France ou en Algérie, à l’exception de soixante mille hommes restés en Lombardie et en Piémont, comme armée d’observation, jusqu’aux premiers jours du mois de mai 1860. De sorte que, au point de vue étiologique, la campagne d’Italie se divise naturellement en deux périodes : 1“ la -période active ou période de mouvements et de combats, 2" la période passive ou période d’observation et de repos.

Les conditions de mauvaise alimentation, de fatigues et de privations ont été si passagères ou si peu profondes qu’elles méritent à peine d’être énoncées à titre de causes morbifiques. Chacune d’elles peut avoir agi accidentellement sur tel ou tel individu, mais elles sont toujours restées sans influence notable sur les masses ; de telle sorte que la question étiologique de l’armée d’Italie se réduit, pour ainsi dire, à l’examen des qualités sensibles et insensibles de l’atmosphère au sein de laquelle elle a vécu. C’est l’étude à la-

MALADIES DE l’aUMÉE d’iTALIE.

quelle je vais me livrer, en lui donnant les détails que son importance réclame.

Qualités sensibles de l’atmosphère. — C’est dans la vallée du Pô qu’ont été particulièrement concentrés et le théâtre de la guerre et le campement des troupes. Cette vaste plaine, limitée à l’est par l’Adriatique, et de tous les autres côtés par cette remarquable ceinture de collines et de montagnes, que les chaînes des Alpes et des Apennins tracent si régulièrement autour d'elle, qui est sans contredit une des plus riches et des plus fertiles du monde, a une longueur de 600 kilomètres de l’est à l’ouest, une largeur de 160 kilomètres du nord au sud et une superficie totale de mille myriamètres carrés.

Le Pô et ses nombreux affluents, — la Dora, le Tanaro, la Bormida, la Sésia, la Scrivia, le Tessin, le Mincio, etc., — en répandant, dans cet immense bassin, par le fait de la configuration de son sol et d’un rernarquable système d’irrigation, une fertilité peu commune, saturent aussi son atmosphère d’humidité et d’effluves qui ne sont pas sans influence sur ses habitants.

A part des nuances sans importance au point de vue pathogénique, les conditions climatériques sont les mêmes dans tous les grands centres de ce bassin ; et, comme c’est la température qui domine toutes les autres qualités sensibles de l’air, il suffira de rappeler, pour se faire une juste idée de son climat, quelle est la distribution générale de la chaleur dans quelques uns de ses centres les plus importants, — Alexandrie, Milan, Brescia et Pavie, par exemple :

MALADlIiS DE LAUMÉE d’iTALIE.

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