TRAITEMENT
1“ Prophylaxie . — Prévenir, dans les limites compatibles avec les exigences de la guerre, le développement épidémique des maladies et atténuer la gravité de celles dont il n’aura pas été possible d’éviter l’invasion, telle est, partout et toujours, la tâche la plus importante du médecin militaire en campagne.
Il est des causes occultes dont le médecin, le plus expérimenté et le plus clairvoyant, ne peut soupçonner la présence que lorsque déjà elles ont produit, sur les individus soumis à leur action, leurs effets destructeurs ; elles ne se révèlent que par leurs effets pathologiques ; la prévoyance
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ne peut rien contre leur développement. Telle est la cause du choléra, par exemple.
11 en est d’autres que la science prévoit ; et parmi celles-ci, l’homme est impuissant contre l’apparition spontanée des unes, mais il est souvent en son pouvoir d’éviter le développement des autres. Tous les efforts du médecin doivent tendre à soustraire l’armée à l’influence de celles contre la génération desquelles il ne peut rien et à empêcher le développement des autres..
Les chaleurs excessives de l’été, les miasmes paludéens, l’agglomération des troupes, l’encombrement des hôpitaux et des ambulances, la putréfaction de cadavres et de détritus animaux de toute sorte, telles étaient les conditions pathogéniques contre lesquelles l’armée d’Italie devait être particulièrement exposée à lutter. Il n’était pas possible de la soustraire à l’influence des chaleurs, puisque les opérations militaires commençaient à la fin du mois de mai, ni à l’action des miasmes palustres, attendu que le théâtre de la guerre devait nécessairement se trouver dans des contrées trèsmarécageuses; mais, par suite d’une activité et d’une vigilance qui n’ont pu échapper à personne, et heureusement secondé par le commandement, l’administration et les médecins sous ses ordres, le médecin en chef de l’armée, malgré toutes les difficultés de la situation, a pu résoudre le grand problème qui consiste à prévenir ou à faire promptement disparaître, là où il n’avait pas été possible de les éviter, dans les camps, les hôpitaux et les ambulances, l’agglomération, l’encombrement et toutes les autres con-
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ditions d’infection miasmatique animale de nature à engendrer une grande épidémie typhique; de telle sorte que les maladies dont l’armée a été épidémiquement frappée, excessivement nombreuses mais réduites, pour ainsi dire, aux éléments résultant des causes qu’il était impossible d’éviter, la chaleur et les exhalaisons paludéennes, ont été d’une bénignité remarquable, bénignité à laquelle l’absence de privations et de fatigues prolongées a sans doute une large part, mais à laquelle a aussi puissamment contribué l’absence de cette typbisation générale et profonde qui a décimé si souvent les armées et qui a particulièrement exercé de si effroyables ravages, en 1855 et en 1856, en Crimée et à Constantinople.
Que les résultats obtenus en Italie soient un exemple et un enseignement pour l’avenir ! L’intoxication miasmatique animale, qui exerce généralement une si grande influence sur la mortalité des armées, est aussi la cause contre laquelle l’hygiène est pour ainsi dire toute puissante. Aussi le premier devoir du médecin militaire, en garnison comme en campagne, est-il de faire une guerre incessante et active aux causes susceptibles d’engendrer des épidémies • typhiques, telles que l’agglomération, ^encombrement, la malpropreté, la putréfaction de toute matière animale, dans les camps, les hôpitaux, les çasernes et dans leur voisinage.
2“ Thérapeutique. — C’est surtout au point de vue du traitement qu’il est essentiel de connaître la nature, simple ou complexe, des maladies, notamment des maladies épidémiques.
MALADIES DE l’aHMÉE d’iTALIE.
En Italie, pendant la période sporadique, c’est-à-dire au début de la campagne, les maladies étaient généralement de nature bilieuse, avec disposition à l’intermittence, chez les hommes arrivant d’Afrique, et de nature phlegmasique ou catarrhale, avec tendance à l’état typhique, chez ceux venant de France. C’est pourquoi la même méthode thérapeutique était, en général, loin de convenir aiix deux catégories de malades. En effet, tandis que les évacuants et les fébrifuges réussissaient presque toujours à merveille chez les premiers, les antiphlogistiques au début et plus tard les purgatifs et les toniques étaient plus particulièrement indiqués chez les seconds. Il fallait, en outre, dans l’un et l’autre cas, selon les indications particulières, combattre les symptômes locaux propres à chaque individualité morbide.
Pendant toute la durée de la période épidémique, tm état bilieux, toujours profond, constituait le génie dominant de toutes les maladies, et l’intermittence, qui entrait aussi, à peu près constamment, dans leur compositioti pour une part généralement très-grande, leur imprimait une marche rémittente particulière, les prolongeait, les aggravait et les rendait souvent mortelles, quand le médecin négligeait de la combattre à temps et à propos. Tant que la lièvre épidémique conservait les caractères de généralité propres à ses deux éléments essentiels, la diète, les boissons délayantes ou acidulés, les évacuants vomitifs et purgatifs et les fébrifuges, suffisaient pour amener, en peu de jours, une guérison complète et généralement durable; mais,
MALADIES DE l’aRMÉE d’iTALIE.
dans les cas, d’ailleurs très-nombreux, où une autre maladie, générale ou locale, se mêlait à la fièvre épidémique, les mêmes moyens étaient encore, le plus souvent, les premiers moyens à mettre en usage; et ce n’est, en général, qu’après avoir attaqué^ par les évacuants et les antipériodiques, les phénomènes intermittents et bilieux, qué le moment était venu de s’occuper de l’afTection intercurrente, laquelle, alors ramenée à son type élémentaire ou classique, se guérissait'd’ordinaire aisément, souvent sans nouvelle médication active ou à l’aide des moyens propres à la combattre, tels que les antiphlogistiques, les toniques, les révulsifs, les sédatifs, les diurétiques, etc., selon sa nature et son siège spécial.
Les maladies de la 3' période, ne différant pas sensiblement de nos maladies habituelles de l’hiver et du printemps, si ce n’est par la fréquence de leur complication gastrique et intermittente, n’exigeaient, comme médication spéciale, que l’emploi plus généralisé du sulfate de quinine, des vomitifs et des purgatifs.
Mais, bien que cette méthode fût applicable au traitement de l’immense majorité des cas, elle devait pourtant subir, dans son application, des modifications notables, selon la forme particulière de la maladie ou la prédominance de tel ou tel élément morbide sur les autres éléments. Nous allons entrer ici dans quelques détails pratiques qui me semblent indispensables.
Embairas gastrique et fièvre bilieuse simple. — L’embarras
gastrique ou bilieux, isolé ou compliquant les maladies,
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exigeait impérieusement, et autant que possible avant toute autre médication, l’emploi d’un vomitif. Quand il était isolé, cette simple médication prévenait, le plus souvent, l’invasion de toute maladie réelle, et dans les cas où une maladie existait déjà, elle la disposait toujours à une solution prompte et heureuse. Dans les cas, fort rares d’ailleurs, où la fièvre gastrique était absolument vierge de tout phénomène intermittent, la diète, un vomitif, un purgatif et des boissons amères suffisaient presque toujours pour obtenir la guérison ; mais, chez la plupart des malades ainsi guéris, les rechutes étaient fréquentes, ou bien des accès de fièvre intermittente ne tardaient pas à se montrer. De sorte que, pour guérir sûrement et promptement les fièvres gastriques, même sons intermittence, le meilleur moyen était de les traiter, comme les fièvres rémittentes, par les évacuants et le sulfate de quinine simultanément.
Affections intermittentes simples. — Quand une fièvre une névrose ou toute autre affection intermittente simple, qu’elle fût double tierce ou quotidienne, tierce ou quarte, régulière ou irrégulière, complète ou incomplète, se montrait sans mélange d’accidents continus, elle cédait généralement très-vite à la suite de deux ou trois fortes doses de sulfate de quinine et de l’emploi de quelques toniques. Mais il en était, presque toujours, de la fièvre intermittente simple, seulement traitée par le sulfate de quinine, comme de la fièvre gastrique sans phénomène intermittent, traitée exclusivement par les évacuants : sa guérison n’était que momentanée, une récidive ne tardait pas à se produire.
MALADlliS DK l’aUMÉK d’iTALIE.
et, de récidive en récidive, le malade passait, en peu de temps, à un état cachectique qui, sans l’émigration, serait devenu nécessairement mortel. La complication gastrique n’était pas évidente dans tous les cas de fièvre intermittente, mais au fond elle existait toujours, et le sulfate de quinine n’exerçait, généralement, dans les fièvres intermittentes les plus simples en apparence, la plénitude de son action fébrifuge, qu’après l’emploi des évacuants, notamment des vomitifs.
Fièvre épidémique simple ou fièvre rémittente, — Dans les fièvres rémittentes, exemptes de tout mélange étranger, les moyens à mettre en usage étaient : un vomitif le matin du premier jour et une dose de 6 à 10 décigr. de sulfate de quinine, entre midi et 2 heures; 40 à oO gr. de sulfate de magnésie et un deuxième fébrifuge le lendemain ; une troisième dose de sulfate de quinine le troisième jour ; un deuxième purgatif le quatrième jour ; des toniques et des amers les jours suivants ; une alimentation substantielle dès que le malade demandait à manger, et du vin aussitôt que le mouvement fébrile continu était calmé. Sous l’inlliience générale de ce traitement, le malade était ordinairement convalescent du quatrième au sixième jour et pouvait quitter l’hôpital, pour aller reprendre son service, au bout de 10 à 12 jours de traitement et de repos. Dans les cas où les accès rémittents étaient graves dès le début et menaçaient de devenir pernicieux, l’administration d’une forte dose de sulfate de quinine,' — 10 à 12 décigr. — , devait précéder la médication évacuante ; mais comme alors l’an-
MALADIES DE l’aRMÉE d’iTALIE,
tipériodique ne faisait qu’atténuer ou supprimer momentanément les accès, il était indispensable de revenir à son emploi, comme dans les cas précédents, après l’administration des vomitifs et des purgatifs.
Fièvre rémittente typhique et txjphus rémittent. — La forme typhique de la fièvre épidémique ne changeait rien au fond du traitement rationnel, tel que je viens de le décrire, de la fièvre épidémique simple ; mais, comme cette complication rendait les symptômes plus graves et plus rebelles, la maladie plus longue et plus dangereuse, et le malade plus faible, il était généralement utile d’insister davantage sur l’emploi des évacuants, notamment des purgatifs, du sulfate de quinine et des toniques. Quant au typhus rémittent, comme il débutait absolument comme la fièvre épidémique, simple ou typhique, et qu’il ne pouvait jamais être distingué de cette dernière qu’après l’effet des premiers moyens thérapeutiques mis en usage, le traitement devait être d’abord identiquement le même que celui des deux formes morbides précédentes ; et, une fois débarrassé, par les vomitifs, les purgatifs et le sulfate de quinine, des deux éléments épidémiques, il ne restait plus au praticien qu’à se conformer aux règles de thérapeutique applicables au traitement rationnel de notre fièvre typhoïde classique^ c’est-à-dire à une sage expectation, consistant à combattre les accidents ou les complications de quelque importance et à recourir, aussitôt que possible, à une mé-
dication tonique et à une alimentation substantielle en rapport avec les forces digestives de l’estomac.
MALADIES UE l’aHMÉE u’iTALlE.
Fièvre rémiltenia éfùdénnque avec diarrhée ou dyssenterie; et diarrhée^ dyssenterie, etc. , avec rémittence. — La fièvre épidémique, compliquée d’accidents diarrhéiques, dyssentériques, etc., ainsi que toutes les maladies intercurrentes, telles que diarrhées, dyssenteries, phlegmasies, névroses, rhumatismes, etc., associées aux phénomènes de la fièvre ■épidémique, ne se guérissaient, sûrement et promptement, qu’après l’emploi des évacuants, seuls, quand la maladie était franchement continue, des évacuants et du sulfate de quinine alors qu’elle était rémittente ou pseudo-con^tinue.
Un vomitif, un ou deux légers purgatifs, une ou deux doses de sulfate de quinine, des boissons féculentes ou gommeuses, une alimentation peu copieuse, mais substantielle, amenaient, presque infailliblement, en peu de jours, une guérison complète et durable des diarrhées, et ce n’est que dans des cas exceptionnels qu’il était nécessaire de recourir à l’usage de l’opium, des astringents ou de toute autre médication. Sous l’influence de ce traitement, presque tous nos diarrhéiques guérissaient, et ce n’est que dans des cas très-rares que j’ai vu la diarrhée devenir chronique et rebelle.
Un vomitif et .'i à 8 décigr. de sulfate de quinine le matin du premier jour; un purgatif léger et une deuxième dose de sulfate de quinine le deuxième jour; un deuxième purgatif le troisième jour; la diète, des boissons gommeuses et féculentes, des lavements émollients, des cataplasmes sur le ventre, des bains de siège et des potion! légèrement laudanisées étaient, à peu près toujours, les
MALADIES DE l’aUMÉE d’iTALIE.
moyens les plus propres à amener promptement la guérison de la dyssenterie, et, à l’aide de ce traitement, je n’ai vu que dans un très-petit nombre de cas la maladie passer à l’état chronique.
Dans toutes les autres maladies de nature à la fois épidémique et phlegmasique, nerveuse, rhumatismale^ etc., l’indication essentielle et première était d’attaquer, avant tout, comme dans les cas précédents, par les évacuants et le sulfate de quinine, les éléments épidémiques, et de traiter ensuite, d’après les règles établies dans les livres classiques, l’affection intercurrente, sans perdre de vue la disposition des phénomènes intermittents et bilieux à .se reproduire, ni l’avantage d’arriver, le plus tôt possible, à l’usage des toniques et d’une alimentation substantielle.
Telle est la méthode générale à l’application de laquelle la théorie et l’expérience m’ont promptement conduit. N’ayant rien d’absolu, de même que toutes les autres méthodes, elle était modifiée selon l’état particulier de chaque malade et celui de chaque maladie. Elle a fourni, dans les hôpitaux français et mixte d’Alexandrie, où elle était largement mise en pratique par tous les médecins traitants, les résultats cliniques suivants :
Fièvres gastriques et intermittentes simples. . . 572 cas. 0 décès.
Idem., rémittentes simples ou typliitiues 3,052 tO
Typhus ou fièvre typhoïde rémittente 139 19
Diarrhées et dyssenteries bilieuses et rémittentes. 1,712 16
Affections diverses, bilieuses et rémittentes. . . . 352 4
Total 5,827 49
0,84 décès sur 100 malades traités.
MALADIES DE l’aRMÉE d’iTALIE.
La méthode générale de traitement adoptée par tous nos médecins de l’armée, est la même que celle que je viens de décrire, avec ces différences pourtant que plusieurs employaient, plus particulièrement, les vomitifs et d’autres les purgatifs; mais tous avaient reconnu, comme moi, l’efficacité de la double médication évacuante et antipériodique, l’insuffisance des évacuants seuls et du sulfate de quinine seul, ainsi que les mauvais effets des émissions sanguines en général.
La méthode généralement suivie par les médecins ita- - liens, chargés du traitement de nos malades, est tout l’opposé de celle mise en usage par les médecins français. Considérant comme de nature inflammatoire les maladies que nous avions à combattre et réduisant à un rôle tout à fait secondaire ou nul les éléments gastrique et intermittent qui, pour nous, en constituaient le fond, les médecins italiens traitaient, indistinctement, toutes les afléctions épidémiques parles antiphlogistiques et de légers purgatifs, tels que les saignées générales et locales, la glace et le tamarin; et ce n’est qu’exceptionnellement qu’ils avaient recours à l’emploi des vomitifs et du sulfate de quinine; c’est-à-dire que notre méthode consistait dans l’emploi, très-général, des évacuants vomitifs et purgatifs et du sulfate de quinine, et dans l’application exceptionnelle et très-restreinte de toute émission sanguine; tandis que la méthode italienne avait pourbasel’emploi, très-généralisé, des émissions sanguines, et l’usage exceptionnel ou très-restreint des vomitifs et du sulfate de quinine.
MALAUIKS DE l’aRMÉE u’iTALlE.
Il était curieux de résumer, en les comparant après coup, les résultats cliniques obtenus par les deux méthodes; voici la partie de ces résultats relative à la mortalité et à la durée moyenne du traitement. Ces faits, déjà énoncés dans le cours de ce travail, et que je ne fais que rappeler ici, me semblent assez significatifs pour pouvoir se passser de tout commentaire.
A. Mortalité.
1“ Dans les hôpitaux de l’armée en général.
a. Tous les malades réunis.
Hôpitaux français, Kl ,626 malades. 1,263 décès ou 2,44 décès sur 100 Idem. . . sardes. , 74,324 3,495 4,70
226 sur 100 de différence à l’avantage des hôpitaux français.
b. Sortants du 20 octobre 18S9 au 21 novembre suivant.
Hôpitaux français, 2,260 sortants. 52 décè.*! ou 2,29 sur 100 Idem. . . italiens, 3,086 99 3,20
0,91 sur 100 de différence à l’avantage des hôpitaux français.
2" Dans les hôpitaux d’Alexandrie en particulier.
a. Tous les malades réunis.
Hôpitaux français. 8,604 malades. 67 décès ou 0,77 sur 100
Idem. . . sardes. . .3,734 183 4,90
413 sur 100 de différence à l’avantage des hôpitaux français.
ù. Fiévreux.
Hôpitaux français, 5,827 liévreux. 49 décès ou 0,84 sur 100
Idem. . . sardes.. 2,073 73 3,52
MALADlJiS DE l’aHMÉE d’iTALIE. 75
268 sur 100 de ditt'érence à l’avantage des hôpitaux français.
c. Blessés.
Hôpitaux français, 2,404 blessés. 18 décès ou 0,74 sur 100
Idem. . . sardes. . 1,429 110 7,09
69o sur 100 de différence à l’avantage des hôpitaux français.
d. Entrants par billet.
Hôpitaux français, 2,121 eptrarits. 29 décès ou 1,36 sur 100
idem. . . sardes. . 2,308 70 3,03
167 sur 100 de différence à l’ayantage des hôpitaux français,
e. Entrants par évacuation.
Hôpitaux français, 6,483 entrants. 38 décès ou 0,58 sur 100
Idem. . . sardes. . 1,426 113 7,92
734 sur 100 de différence à l’avantage des hôpitaux français.
B. Durée moyenne du séjour des malades à l' hôpital.
1“ Dans les hôpitaux de l’armée en général.
Hôpitaux français, 24 jours.
Idem. . . italiens, 58
58 jours sur 100 de différence à l’avantage des hôpitaux français. «
2“ Dans les hôpitaux d’Alexandrie en particulier.
Hôpitaux français, 6 jours.
Idem. . . sardes. . 1 1
46jours sur 100 de différence à l’avantage des hôpitaux français.
MALADIES DE l’aRMÉE d’iTAHE.
3" Dans les hôpitaux en général, moins ceux qui se trouvaient dans des conditions particulières (Gênes, Turin et Côme.)
Hôpitaux français, 28 jours.
Idem. . . italiens. 38
26 jours sur 100 de -différence à l’avantage des hôpitaux français.
De sorte que, tout en réservant une large part au hasard, aux coïncidences et aux conditions diverses d’établissements et de malades, il est évident que^ toutes choses égales d’ailleurs, la mortalité et la durée moyenne du traitement ont été notablement moins élevées dans les hôpitaux où le service médical était fait par les médecins français que dans ceux où il était confié aux médecins italiens. A Alexandrie, où cette question a pu être envisagée sous toutes ses faces, la différence de mortalité a été constatée dans toutes les catégories de malades, chez les blessés comme chez les fiévreux, chez les entrants par billet comme chez les entrants par évacuation.
Est-ce à dire que la différence de mortalité et de durée du traitement, observée dans les hôpitaux français et italiens, tienne exclusivement à la différence des méthodes thérapeutiques employées? L’influence de la différence de méthodes me paraît incontestable; mais il y a aussi, selon moi, une autre cause qui a eu sa part dans ces résultats : c’est cette confiance, pour ainsi dire illimitée, que le médecin militaire inspire à nos soldats bien portants ou malades, confiance que le médecin étranger, quel que soit d’ailleurs son
MALADIES DE l’aRMÉE D^TALIE.
mérite personnel, ne lui inspirera jamais que très-exceptionnellement, par cette seule raison qu’il est médecin étranger, et qu’il n’est pas considéré comme faisant partie de la famille militaire.
Résumé du Zi* chapitre. — Prévenir le développement général des miasmes typhiques dans l’armée, et faire disparaître ces miasmes, le plus promptement possible, dans les lieux où ils s’étaient accidentellement développés, tel a été le but constant et essentiel de la prophylaxie pendant la campagne d’Italie. Ce but a été heureusement atteint; car si l’infection miasmatique animale n’a pas toujours pu être évitée, elle n’a jamais été ni assez générale ni assez profonde, pour influer, d’une manière bien notable, ni sur la marche des maladies ni sur la mortalité.
Au début de la campagne, les maladies d’origine africaine exigeaient, très-généralement, l’emploi des vomitifs et du sulfate de quinine, tandis que les antiphlogistiques et les purgatifs au début et plus tard les toniques et les amers réussissaient, plus particulièrement, chez ceux arrivant de France.
Pendant toute la durée de la période épidémique, les vomitifs, les purgatifs et le sulfate de quinine constituaient I la base du traitementdes maladies. Cette double médication, i évacuante et fébrifuge, suffisait, presque toujours, quand la l fièvre épidémique était simple ou dépouillée de toute com- I plication importante ; et ce n’est, en général, qu’après son emploi qu’il convenait d’attaquer les maladies générales ou locales, associées à la fièvre épidémique. Dans toutes ces
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maladies , lés émissions sanguines étaient généralement plus nuisibles qu’utiles : elles prolongeaient la convalescence, retardaient la guérison et prédisposaient le malade aux hydropisies et à la cachexie paludéenne.
Le traitement des affections de la troisième période ne devait, en général, s’éloigner du traitement ordinaire de nos maladies sporadiques, que parce qu’elles réclamaient, plus souvent l’usage des vomitifs et des antipériodiques.