‹ Maladies de l'armée d'Orient (campagne de 1854-55-56) [electronic resource]Chapitre 16 sur 20 · SE * À 05 =Q · texte numérisé non relu

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Mous pouvons diviser en trois époques distinctes l'histoire cholérique de l'Ecole militaire. La première s'étend du 1er février au 14 avril 18?5, la deuxième du 15 avril au 51 mai, et la troisième du 1er juin à !a fin de la campagne.

Première époque, — Elle ne compte que 55 cholériques, qui ont fourni 27 décès, ou 77 sur 100. Il n'y avait de cas de choléra, pendant celle époque, ni à CiOnstantinople ni dans ses environs : ces 55 malades, récemment évacués de la Crimée où ils avaient contracté le germe cholérique, ont été frappés dans les hôpitaux de Péra, de l'Ecole militaire et de l'Ecole préparatoire où ils se trouvaient en traitement pour d'autres maladies très graves par elles-mêmes. La plupart de ces malades étaient dans un étardésespéré en arrivant dans mon service; quelques-uns même avaient rendu le dernier soupir avant leur arrivée dans la salle des cholériques.

Deuxième époque. — Elle embrasse l'épidémie du camp de Maslak. Elle est la plus importante parce qu'elle nous offre, à la fois, le choléra légitime et isolé chez les individus du camp, et le choléra ou des accidents cholériques greffés sur des cachexies ou des maladies antérieures.

Du Ier janvier 1855 au mois d'avril suivant, on ne remarquait, à Constantinople, aucune influence cholérique notable.

A la fin de mars et au commencement d'avril, des troupes arrivaient, en grand nombre, de France, pour la formation du camp de Maslak, situé à 8 ou 10 kilom. de la ville : c'étaient les 9e, 15e, 52e, 47e, 52e, 62e, 75e et 96* régiments de ligne ; les 7e et 14e bataillons de chasseurs à pieds; la garde impériale; des hommes du train et du génie ; des infirmiers et des ouvriers d'administration.

Dans les premiers temps, il n'y avait pas encore d'ambulanc» installée à Maslak : les hôpitaux de Péra, de l'Ecole militaire et plus tard du Terrain de manœuvres, recevaient les maledes que les médecins des corps ne pouvaient traiter dans les îufirmeries régimentaires.

Du 9 au 14 avril, il entre à l'Ecole militaire 106 malades at

teints de fièvres intermittentes ou rémittentes et de diarrhées dont la forme annonçait une influence cholérique ; mais jusqu'alors nous n'avions constaté aucun cas de choléra confirmé- Le choléra éclate, tout à coup, le 15, au camp, à la suite d'une vive variation atmosphérique ; et, ce même jour, sur 15 entrants, il y avait 3 cas de choléra bien tranchés et appartenant aux 52e et 62e de ligne, les premiers régiments débarqués ;

Le |05 — 35 malades du camp, dont 10 cholériques fournis par les 32e, 47e, 52e, 62e, 73e de ligne et le 7e bataillon de chasseurs à pied ;

Le 17, — 36 entrants, dont 13 cholériques provenant des 9e, 47e, 52e, 62e de ligne, du 14e chasseurs à pied et du train des équipages ;

Le 18, — 83 entrants, dont 38 cholériques fournis par les 15e, 32e, 47e, 52e, 62e ei75e de ligne , la garde impériale et le train ;

Dès le i9, tous les corps étaient cholérisés, à l'exception du t)0d de Signe qui, — arrivé le dernier, — ne donne que le 23 son premier cholérique.

A partir du 20, la plupart des cas sont traités à l'ambulance que l'on s'était empressé d'installer à une faible distance du camp ; cependant, du 21 avril au 21 mai, nous recevons encore, soit directement du camp, soit de l'ambulance ou des hôpitaux, 597 cholériques, — 20 par jour environ.

L'ambulance, une fois organisée, nous envoyait, à l'état de convalescence, ou du moins après avoir subi le traitement de a période algide, le trop plein de ses cholériques, chez lesquels il survenait fréquemment, pendant le transport, des rechutes ou des congestions viscérales consécutives, toujours graves et très-souvent mortelles.

L'épidémie était tellement violente au début, qu'au bout de quelques jours, sur 60 décès survenus avant d'avoir pu obtenir la moindre réaction, la mort avait eu lieu. 45 fois quelques

heures après l'arrivée des malades à l'Ecole militaire, et 9 fois dans le trajet du camp à l'hôpital.

Elle a atieini rapidement son maximum d'intensité au bout de quelques jours, elle touchait à sa période décroissante; au 20 mai, il n'y avait presque plus que des cas isolés et peu graves, et du 21 au 51 du même mois, nous n'avons plus reçu que 17 cas, dont Z seulement du camp et 14 des hôpitaux voisins.

L'épidémie cholérique terminée, c'est-à-dire à la fin de mai, kis troupes s'embarquent pour la Crimée, où elles éprouvent, après le débarquement, une légère recrudescence épidémique

Pendant cette époque, que nous pouvons appeler époque épidémique et qui fournit à l'Ecole militaire 730 attaques et 275 décès, quelques cas continuaient à se déclarer, dans les hôpiiaux de Conslantinople, parmi les malades évacués de la Crimée pour d'autres affections ; mais la plupart des cholériques qu* nous arrivaient de Péra, de l'Ecole militaire et du Terrain de manœuvres appartenaient aux soldats du camp, entrés dans ces hôpitaux pour d'autres maladies, notamment pour des cholérines légères ou des diarrhées cholériques transformées en choléra confirmé.

Les 730 cholériques de la 2e époque proviennent :

Directement du camp de Maslak 392

De l'ambulance du camp 82

Des ambulances de la Crimée • 2

De l'hôpital de Péra 135

— de l'Ecole militaire. 72

— du Terrain de manœuvres 30

— de Dolma-Bagtché 9

— de l'Ecole préparatoire.. 8

Total. ... 730

D'où il résulte que :

L'infanterie de ligne a eu ... . 30 décès sur 100 malades traités.

Les chasseurs à pied 52 décès sur 1 00 malades traités.

Les autres troupes du camp. . 53 — Les corps étrangers au camp. 82 Le tableau suivant indique dans quelles proportions les dif-

férents corps ont été frappés :

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