‹ Maladies de l'estomac et de l'oesophage: méthodes générales de diagnostic et de thérapeutiqueChapitre 47 sur 103 · ULCÈRE CHRONIQUE AVEC UYPERCHLORHYDRIE IO · texte numérisé non relu

ULCÈRE CHRONIQUE AVEC UYPERCHLORHYDRIE IO

comitance des douleurs tardives avec F existence d*un ulcère du pylore. Tous les autres caractères de cette douleur se retrouvent aussi bien dans la dyspepsie nerveuse et sont beaucoup plus en fonction de thy pères- Ihésie de la muqueuse et de thyperexcitabilité sensitive du système nerveux que de l'ulcère. Nous avons dit, en effet, que la pression au creux épigastrique agit sur le plexus solaire et non sur Testomac même, que les paroxysmes douloureux peuvent se rencontrer dans toutes les dyspepsies et que le temps d'apparition n'a de valeur que s'il est tardif pour indiquer un spasme pylorique causé ou non par une ulcération.

2^ Vomissements. — Ils n'ont rien de bien caractéristique. Rares ou fréquents, alimentaires ou non, ils accompagnent souvent la fin du paroxysme douloureux comme dans bien des dyspepsies. Ils sont, en général, riches en HCl libre et présentent parfois, en outre, les réactions de l'acide lactique. Il y a presque toujours excès de production du suc gastrique et on peut rencontrer, suivant l'étendue, le siège et Tancienneté de l'ulcère, toutes les variétés de Thyperchlorhydrie qui est précoce ou tardive, avec ou sans hypersécrétion, avec ou sans stase. Il semble bien admis maintenant que l'excès de sécrétion est la cause même de l'ulcère, mais il est certain aussi que l'ulcère augmente l'hypersécrétion et exagère rhyperc.hlorhydrie, en produisant une irritation gastrique avec excitation des nerfs sécréteurs. Ce qui tendrait à le prouver, ce sont la disparition de l'hypersécrétion et de l'hyperacidité après la pylorcctomie.

3^ Oastrorrbagie. — Le seul symptôme caractéristique de l'ulcère, c'est la gastrorrhagie. Elle peut apparaître dès le début de l'affection et être le premier symptôme de l'affection gastrique, l'ulcère ayant été latent jusque-là ou s'étant formé très rapidement. Dans d'autres cas, elle succède à une longue période dyspep-

Io8 MALADIES DE LESTOMAG ET DE LOESOPUAGE

tique. Elle peut être foudroyante et provoquer la mort, en quelques minutes, par ulcération de la coronaire ou de la splénique.

A la suite d'une sensation de plénitude stomacale, d'angoisse, de malaise allant quelquefois jusqu a la syncope , la mort peut survenir par hémorragie interne, sans qu'il y ait le moindre vomissement de sang. Mais, le plus souvent, le malade est pris de nausées : il lui monte à la igorge une saveur toute spéciale qui lui annonce le sang qu'il rend bientôt à pleine bouche et pour ainsi dire sans efforts. C'est alors que la syncope a tendance à se produire et dans tous les cas la face devient pâle, les extrémités sont froides, le pouls petit, rapide, incomptable, et le malade peut succomber très rapidement. Le plus souvent Thématémèse, après avoir donné lieu à ces symptômes effrayants, s'arrête d'elle-même ou sous l'influence d'un traitement approprié, mais il faut surveiller de près le malade, car dans les jours qui vont suivre, il a tendance à présenter de nouvelles hémorragies qui mettent sa vie en danger.

Dans d'autres cas, le vomissement de sang est faible, fractionné, sans que pour cela on puisse avoir une idée de sa gravité : l'estomac pouvant tolérer une grande quantité de sang sans le rendre. C'est alors aux signes habituels des hémorragies internes (pâleur, état syncopal, petitesse du pouls), qu'il faudra surtout attacher de la valeur.

Mais, en général, les malades se plaignent d'une sensation de chaleur à l'épigastre, d'un état nauséeux et puis l'hématémèse se produit : le sang est rouge, parfois un peu brunâtre, s'il est resté quelque temps au contact du suc gastrique. Le vomissement de sang, plus ou moins abondant, se répète d'une façon fractionnée les jours suivants, mais le plus souvent, le malade étant au repos et à jeun, l'hémorragie cesse.

Souvent l'hémorragie gastrique se vide dans l'in-

Page 1