‹ Maladies de l'estomac et de l'oesophage: méthodes générales de diagnostic et de thérapeutiqueChapitre 6 sur 103 · ANTÉCÉDENTS HÉRÉDITAIRES ET PERSONNELS · texte numérisé non relu

ANTÉCÉDENTS HÉRÉDITAIRES ET PERSONNELS

L'examen d'un malade atteint de troubles stomacaux doit être fait de la manière la plus méthodique, et son passé ainsi que son présent pathologique doivent être soigneusement étudiés. Il faut faire préciser les conditions dans lesquelles le malade a vécu, lui demander si de grandes secousses morales ne sont pas venues jeter le trouble dans sa vie; il importe de savoir également la profession du malade, car bien souvent Torigine des dyspepsies sera expliquée par Tobligation où se trouvent nos clients de manger vite, sans mastiquer, pour se remettre au travail aussitôt. Et par les questions posées, nous obtiendrons du malade les renseignements les plus disparates mais les plus importants : «es préoccupations morales, sa vie sédentaire ou non, Tabus du tabac (si grand facteur dans les dyspepsies hypersécrétantes) , les médications (souvent les plus inopportunes) parfois cependant nécessitées par une affection concomitante.

Les antécédents héréditaires^ les diathèses des parents ou des collatéraux y seront notés avec soin et, bien souvent, le malade ne sera qu'un des membres d'une famille de gastropathes, d'une famille à débilité sto-

macale, comme il y a des familles à débilité rénale ou hépatique, ou d'une famille de nerveux : et alors nous trouverons autour de notre gastropathe bien des échantillons de névroses variées.

Il faudra penser aussi aux antécédents personnels du malade et savoir si une affection antérieure n'a pas laissé, comme séquelles, une dyspepsie secondaire, après avoir touché d'une manière profonde d'autres points importants de l'organisme.

C'est lorsqu'on abordera l'étude des troubles dyspeptiques qu'il faudra préciser davantage le questionnaire. Certains malades nous diront avoir toujours souffert de l'estomac, soit qu'ils aient eu depuis leur enfance une hygiène déplorable, soit qu'on ait affaire à un de ces débiles stomacaux dont nous parlions plus haut. D'autres nous diront n'avoir jamais souffert de l'estomac, jusqu'à un moment précis de leur vie (soit changement de conditions d'existence, soit secousse psychique qui a.déclanché la dyspepsie) et ce n'est qu'avec peine que parfois nous pourrons trouver auparavant de petits signes prémonitoires de dyspepsie (lenteurs de digestion, malaises vagues, embarras gastriques faciles) . Chez d'autres, l'évolution se sera faite par crises, par poussées successives, interrompues par des périodes de santé parfaite ou seulement par des améliorations, qu'on ait affaire soit à des gastropathies accompagnées ou non de lésions, dans lesquelles le système nerveux joue un grand rôle, soit que ces crises aient une origine hépatique, rénale ou nerveuse. D'autres fois enfin, l'évolution aura été nettement continue et progressive, s'accompagnant d'une altération profonde de l'état général, ce qui sera en droit de nous faire penser à l'existence d'une maladie organique.

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