DIAGNOSTIC .DU CANCER DE L ESTOMAC I
lancinante, qui prend les caraclèrcs les plus variés soit des dyspepsies, soit des affections des organes voisins. Quelquefois elle devient atroce, le cancer comprimant des filets nerveux du plexus cœliaque, ou du pneumogastrique et aucun soulagement ne suit le vomissement comme cela est fréquei\t dans l'ulcère.
3"^ Les vomissements sont souvent constatés. C'est un signe tardif, qui ne se montre très couvent que lorsque les symptômes dyspeptiques et l'amaigrissement ont déjà fait suspecter le cancer ; néanmoins, dans les cas où le cancer est pylorique [ce qui est fréquent), le vomissement se montre en même temps que se crée la sténose.
Le vomissement, en général facile, est alimentaire ; les aliments y sont souvent intacts, mélangés à du mucus abondant. Bientôt ils deviennent d'une odeur butyrique ou de pétrufaction, puis muqueux, pituiteux, filants et glaireux, « les eaux du cancer », souvent mélangés de sang et de bile. Quand le cancer entraine la sténose du pylore, on constate les vomissements habituels à la sténose.
4^ G&StrorrhSLgie. — Très rarement le sang est pur , et rouge. Il est plus souvent noirâtre, marc de café, par le fait de l'influence du séjour plus ou moins long du sang dans l'estomac avant son rejet. Souvent mélangé au mucus, on le trouve collé au fond du vasage, sous forme d'un magn^a brunâtre et collant. Parfois il y a simplement melœna ou même hémorragies occultes.
Ô^ Troubles intestinaux. — La constipation qui accompagne les premiers signes est en rapport avec la diminution de l'alimentation par le fait de l'anorexie. Plus tard les débâcles diarrhéiques sont causées par les troubles de fermentation, produits par la présence de la tumeur sanieuse et ulcérée, parfois enfin par une fistule gastrocolique.
ô^ Le palper abdominal, si soigneux qu'il , soit, ne permettra souvent pas de/ sentir la moindre anomalie, avant que le cancer n'ait atteint de foites proportions.
Néanmoins la tumeur siégeant si souvent sur la portion inférieure de l'estomac, on peut parfois, en palpant le malade dans la station debout, trouver une induration nette. Lorsque le palper fait sentir des bosselures et des contours indurés, c'est que la plupart du temps le cancer est sorti des limites de l'estomac. En principe, on peut dire, lorsqu'on sent une tumeur, qu'elle est toujours plus grosse qu'elle ne paraît être. La palpation de l'abdomen doit être fort attentive. Parfois on ne sent la tumeur qu'après une inspiration profonde; d'autres fois, il faut, pour y arriver, faire coucher le malade on décubitus latéral gauche ou droit, pour dégager le
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p)lorc OU la grancle courbure. Enfin l'immobililé gastrique doit faire penser à de la péritonite plastique néoplasiquc.
La palpation de diverses autres régions doit être faite également avec soin. Le reste de l'abdomen est souvent le siège d'indurations métastatiques. Le foie est dur et bosselé, ou bien on trouve des noyaux indurés dans le péritoine, avec un magma épiploique et parfois une métastase ombilicale. Les ganglions de l'aine sont souvent pris et plus souvent encore existe la métastase ganglionnaire sus-claviculaire signalée par Troisier.
7^0 Zi' exSLXnen r&diOSCOpique du cancéreux est, comme nous l'avons déjà dit, un des bons moyens de diagnostic. La constatation d'une encoche, d'une rigidité stomacale en un point est caractéristique. Mais plus encore que la simple radioscopie, la combinaison de celle-ci et du palper, sous le contrôle de l'écran, est utile. En effet, on voit la main qui palpe déplacer l'ombre stomacale. Mais alors que la poche se déforme sous la pression, il y a une région de l'estomac qui se déplace en bloc, comme si elle était cartilagineuse. On voit que le liquide, par la fluctuation, ne déforme pas la paroi en un point et en déplaçant le liquide on voit son épaisseur diminuer considérablement à ce niveau. La tumeur se détache alors en clair. Enfin, on peut reconnaître encore la rigidité stomacale après absorption de liquide bismuthé, quand on voit se produire des contractions dont la propagation s'arrête net à la tumeuT.
8^ Le cathétérisme et l'analyse du cbimisme
gastrique seront aussi un bon moyen de diagnostic.
D'une manière générale, on peut dire que les liquides gastriques sont ici fortement hypochlorhydriques et dans beaucoup de cas anochlorhydriques. Cette constatation a été, pendant longtemps, considérée comme une preuve absolue de cancer. Il n'en est rien et beaucoup d'autres états gastriques s'accompagnent de ce symptôme. Il y a même des cas où le cancer de l'estomac s'accompagnera d'une acidité normale ou même d'hyperchlorhydrie : ce sont ceux où le cancer est pylorique et s'accompagne de sténose, et ceux où le cancer s'est greffé sur un ancien ulcère. Néanmoins on peut dire que l'anachlorhydrie est un symptôme assez fidèle.
D'autres examens permettent d'affirmer parfois le diagnostic de . cancer. Nous voulons parler de la cytologie des liquides gastriques. Après lavages de l'estomac à jeun, selon le procédé de Locper el Binet, et centrifugation des derniers liquides recueillis, on peut, sous le microscope, trouver des éléments cancéreux, polygonaux, arrondis ou cylindriques, reconnaissables à leur intégrité, à leur volume, à leur densité et à la multiplicité, à la forme de leurs noyaux, à la fréquence de leur réaction glycogénique. Ils sont
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identiques à ceux que Ton peut recueillir par raclage de la tumeur. On peut, de même, découvrir des globules rouges, résultats d'une hémorragie parcellaire.
9^ Examen des urines et du sang. — L'examen des
urines ne présente rien de pathognomonique. Lé volume n'est diminué que si le malade prend ou garde peu de liquides. L'urée est souvent diminuée, mais ne l'est que parce que le régime du malade est hypo -azoté. L'albuminurie n'est pas fréquente. L'indicanurie se rencontre partout où il y a fermentation et intoxication et l'acétone se voit dans tous les cas où il y a autophagie.
Enfin la pepsinurie ferait défaut dans le cancer de l'estomac (Loeper et Béchamp).
L'examen du sang dénote un état d'anémie marqué qui peut aller parfois jusqu'à l'anémie pernicieuse.
Le nombre des globules rouges est diminué (parfois au-dessous de un million). Il y a fréquemment des déformations globulaires. Les globules rouges sont les uns petits, les autres géants, en bâtonnets, en raquettes, parfois à noyaux.
L'hémoglobine est diminuée.
Il y a souvent de la leucocytose portant surtout sur les polynucléaires. En revanche, il y a absence de leucocytose digestive.
iO^ La marche de F affection est lentement progressive, mais est susceptible d'arrêts soit sous l'influence de modifications physiques (perméabilité du pylore par élimination d'une portion de tumeur) ou bien par l'influence momentanée mais heureuse du traitement médical ou chirurgical : on voit ainsi les malades reprendre du poids. Si la durée moyenne de l'affection est de la à 14 mois, il est évident qu'il y a des durées beaucoup plus longues alors qu'en revanche on voit des cancers aboutir à la mort en 3 mois.